Revolut, Wise, PayPal, bunq, Trade Republic ou encore Crypto.com. Tous ces comptes sont juridiquement considérés comme des comptes détenus à l’étranger par le fisc français et doivent être déclarés chaque année en même temps que votre déclaration de revenus. L’amende en cas d’oubli démarre à 1 500 € par compte, et peut grimper jusqu’à 10 000 € selon les cas.
C’est une erreur que commettent de nombreux utilisateurs : l’obligation de déclarer ne dépend pas du solde, ni même du fait que vous utilisez régulièrement le compte. La déclaration s’impose dès la première année d’ouverture du compte et ce, même s’il n’y a pas d’argent dessus. L’article 1649A du Code général des impôts est très clair sur ce point : tout compte ouvert, détenu ou clos à l’étranger doit être signalé à l’administration, quel que soit son type.
L’obligation se renouvelle ensuite chaque année, et couvre également les comptes fermés dans l’année. Il faut alors indiquer la date de fermeture correspondant au jour de la clôture. Si vous avez ouvert un compte Revolut il y a quelques années et ne l’avez jamais déclaré, vous êtes potentiellement en infraction pour chaque exercice fiscal écoulé.
Il existe une exception importante : PayPal peut, sous certaines conditions, échapper à l’obligation. L’administration tolère une libre dispensation si le compte ne dépasse pas 10 000 € à aucun moment de l’année, et s’il sert uniquement à encaisser des paiements dans le cadre d’une activité de micro-entrepreneur ou de salarié. En dehors ce cas précis, l’obligation s’applique comme pour n’importe quel autre compte.
Revolut a un IBAN français mais ça ne change rien
Pour justifier l’absence de déclaration, certains utilisateurs expliquent que l’IBAN de certaines banques est français. C’est le cas par exemple de Revolut, Trade Republic ou N26. Cela peut donner l’impression d’avoir affaire à un établissement français. Attention, l’administration fiscale ne l’entend pas de cette oreille puisqu’elle considère que ces comptes sont étrangers et doivent figurer dans votre déclaration.
Afin d’éviter tout malentendu, retenez que si l’établissement qui gère votre compte est domicilié à l’étranger, ce qui est le cas de Revolut (Lituanie), N26 (Allemagne) ou Trade Republic (Allemagne), vous devez déclarer. Et si vous avez changé d’IBAN en cours d’année chez Revolut, vous devez le signaler en indiquant la date de fermeture correspondant au jour du changement.
Attention également à un autre angle mort : certaines plateformes proposent plusieurs services sur une même application. Chez Revolut, par exemple, un utilisateur peut avoir à la fois un compte courant et un wallet crypto : ce sont deux comptes distincts à déclarer séparément. Le formulaire concerné est le 3916, à joindre à votre déclaration de revenus.
Des amendes salées
Il est important d’être rigoureux sur ces déclarations. Car le fisc se montre sévère. L’amende pour oubli démarre à 1 500 € par compte non déclaré et par an. Si le compte est détenu dans un pays n’ayant pas de convention fiscale avec la France, la sanction peut atteindre 10 000 €.
Pour les comptes crypto, la directive européenne DAC8 oblige depuis le 1er janvier 2026 toutes les plateformes d’actifs numériques opérant en Europe (Binance, Coinbase, Kraken par exemple) à collecter l’identité de leurs utilisateurs et à déclarer leurs transactions aux autorités fiscales de chaque État membre.
Et gare à ceux qui voudraient jouer aux plus malins. « C’est l’une des premières choses que l’administration contrôle. Il y a une liste des types de compte qui doit être déclarée chaque année. explique à Capital Sébastien Defrance, CEO de DeclarAid, une application qui automatise les déclarations fiscales des investisseurs. Si vous oubliez de les déclarer en n et que vous vous apercevez de cet oubli par la suite, il y a vraiment urgence à aller chercher pour les régulariser. »
Vous êtes prévenus.
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