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Test du télescope Stellina : il nous a mis des étoiles dans les yeux

Sorti d’un film de science-fiction, le Stellina n’a qu’une seule vocation, faire découvrir le ciel au plus grand nombre.

Publié le

 
Stellina Vaonis
© Vaonis

Nous avons eu la chance de pouvoir tester le télescope intelligent Stellina de la société française Vaonis. Si chez Presse-citron nous avons plutôt l’habitude de tester des smartphones et d’autres produits du quotidien, le Stellina est finalement, un objet fait aussi bien pour les amoureux du ciel que des nouvelles technologies.

Commercialisé à la fin de l’année 2019, il est aujourd’hui le produit le plus haut de gamme de l’entreprise héraultaise : Vaonis. Sorti tout droit d’un film de science-fiction, il est un objet hors du commun, qui ne ressemble à rien d’autre, et dont la simplicité d’utilisation contraste avec la qualité, presque professionnelle, du rendu.

Stellina :  le télescope exceptionnel de monsieur tout le monde ?

Impossible de commencer ce test sans parler du design. D’un blanc immaculé, le télescope se distingue surtout par sa forme. Plus proche d’un robot — le Stellina est ainsi comparable à Eve, l’héroïne du film d’animation Wall-e — il n’oublie pourtant pas sa mission principale, nous offrir le ciel sur un plateau.

Car le pari fait par Vaonis au lancement du projet n’était pas de simplement construire un télescope qui soit agréable à regarder, et dont le look changerait de ses confrères. L’entreprise fondée par Cyril Dupuy tend en effet à populariser l’espace, en le rendant plus accessible.

Alors qu’un télescope traditionnel demande des compétences pour être calibré, mis au point, ou encore pour faire le suivi dans le ciel, le Stellina ne demande que quelques minutes de patience. Ces étapes de mises en place sont habituellement obligatoires pour réaliser la moindre observation, et elles découragent bien souvent des astronomes en herbe, agacés devant la tonne de manipulations nécessaires pour voir une étoile dans la petite lunette de leur appareil.

Cette facilité d’utilisation, c’est le principal atout du Stellina. Contrôlable depuis l’application Stellinapp, disponible aussi bien sur l’App Store que le Play Store, le télescope va venir se connecter en wifi à votre téléphone ou votre tablette. Une fois la liaison établie, l’objet va s’initialiser. Après avoir ouvert son bras vers le ciel il va de lui-même chercher des étoiles “repères”. En moins de cinq minutes il est opérationnel. À titre de comparaison, un astronome aguerri met en moyenne un quart d’heure pour calibrer son appareil.

Nébuleuse de l'hélice

La nébuleuse de l’hélice avec un temps de pose maximal © Vaonis

Un télescope parfait ?

Cette facilité d’usage, Vaonis l’a conservée tout au long du processus d’observation. Une fois le télescope prêt à l’emploi, l’application à laquelle il est rattaché vous propose une sélection de plusieurs objets du ciel profond qui sont observables, en fonction de la période de l’année et de votre position.

Face à ce menu, il n’y a plus qu’à faire son choix, et là encore, le Stellina fait tout le travail. Pendant quelques secondes, il va tourner sur lui-même pour pointer la galaxie ou la nébuleuse que vous avez demandées. Il va ensuite faire la mise au point avant qu’une première image n’apparaisse sur l’écran. Le tout entrecoupé de très belles animations, un détail certes, mais qui montre l’implication mise par les équipes de Vaonis dans la construction du produit, et de l’application.

Les images vont ensuite s’enchaîner sur l’écran, le Stellina va les « superposer » les unes sur les autres, afin d’accumuler le plus d’informations possible sur la zone ciblée. À mesure que l’observation dure, de nouveaux détails apparaissent. Selon l’objet que vous avez choisi d’observer, le temps de pose ne sera pas le même. Mais là encore, pas besoin de connaître le ciel sur le bout des doigts, Vaonis a pensé à tout et propose un temps de pose « référence » pour chaque objet.

galaxie du cigare

M82, aussi appelée « Galaxie du Cigare » capturée dans la nuit du 13 au 14 juin 2021, temps de pose de 18min sur 30 © Presse-citron.net

Une simplicité qui tue la passion ?

Nous l’avons répété tout au long de ce test, le Stellina est un objet simple, intuitif, qui ne demande pas de grandes compétences en astronomie. Une facilité, qui si elle fait le bonheur de nombreux amateurs, a aussi fait grincer des dents. Nombreux sont en effet les astronomes qui ont trouvé que le Stellina venait « dénaturer » l’observation spatiale. Que si la lunette héraultaise faisait tout le travail, à quoi bon attendre dans le froid nocturne qu’une image se charge sur un iPad, alors qu’une simple recherche Google donne les mêmes résultats, de manière instantanée.

Les détracteurs du Stellina le compare ainsi à un ballon de foot qui finirait toujours dans les buts : le résultat est là, mais le goût de l’effort pour l’obtenir en moins. Je dois moi-même reconnaître qu’avant de recevoir le produit, j’avais peur d’être déçu par cette simplicité d’usage. Mais finalement, si l’utilisation est différente, elle n’en est pas moins plaisante.

Pour bien comprendre la nuance entre le télescope Stellina et des lunettes plus traditionnelles, il faut expliquer ce qu’il est possible d’observer avec les deux. Car les cibles ne sont pas les mêmes que vous ayez un Stellina ou une lunette “classique” en main. Si les astronomes amateurs se contentent en général des planètes et galaxies proches pour les observations « instantanées » (qui ne demandent pas de temps de pose), le Stellina lui au contraire montre toute sa puissance dans l’observation du ciel profond. Ce monde invisible à l’œil nu, à peine perceptible avec des télescopes grand public, et qui était jusqu’il y a quelques années encore, réservé aux grands observatoires ou aux produits de pointe.

C’est ce tour de force que Vaonis a réussi à faire. Non pas remplacer notre télescope manuel classique qui nous permet de voir les anneaux de Saturne, mais voir des galaxies lointaines de plusieurs milliers d’années-lumière. Le Stellina ne vient pas se positionner sur un marché des télescopes déjà surchargé, mais il vient ouvrir une nouvelle brèche dans le monde de l’astronomie amateur, l’observation du ciel profond.

Nébuleuse de l'aigle

La Nébuleuse de l’aigle avec un temps de pose maximal © Vaonis

Le fashion faux pas : la batterie

Si pour le moment ce test est une démonstration de puissance du produit de Vaonis. Ce dernier n’est pas parfait non plus. Le premier défaut que nous avons relevé sur l’appareil concerne sa batterie. Vaonis a ainsi fait le choix du pratique plutôt que de l’esthétique, avec une batterie externe. Le Stellina présente ainsi un petit compartiment sur son flan, pour loger une batterie externe, qui vient alimenter le télescope en USB-C. Un choix défendable, qui permet d’enchaîner les longues observations en changeant simplement de batterie, mais que je trouve assez peu esthétique. Le choix d’une batterie intégrée aurait été une meilleure option.

À noter à ce sujet que sur le Vespera, l’autre modèle de la marque, dispose d’une batterie interne avec une autonomie annoncée de quatre heures.

Les oubliées du Stellina : les planètes

L’autre point faible du Stellina apparaît assez rapidement à l’utilisation. Si comme moi vous souhaitez, lors de votre première utilisation, vous « faire la main » sur un objet proche, comme Saturne et ses magnifiques anneaux, ou encore Jupiter et sa fameuse tâche, mieux vaut utiliser une lunette classique.

Le Stellina n’est pas à son aise avec les planètes de notre système solaire. Seule exception à la règle, la Lune, capturée ci-dessous. Car pour nos voisines proches, le Stellina est incapable de « superposer » des images de ces dernières, ce qui donne un rendu bien décevant, quand on voit les prouesses que le petit appareil est capable de réaliser sur des galaxies situées à des milliards de kilomètres.

Avec son optique de 80 mm de diamètre et de 400 mm de focale, le Stellina ne peut pas faire de miracle, et en image instantanée le résultat n’est pas exceptionnel concernant les planètes. Il est malgré tout possible de les observer et de voir se dessiner quelques nuances, notamment pour le rouge de Mars ou encore les anneaux de Saturne, mais ne vous attendez pas à monts et merveilles.

Lune - Moon

La Lune, seule objet du système solaire parfaitement visible avec un Stellina © Presse-citron.net

Des images à couper le souffle

Pour livrer toute sa puissance à nos yeux, le Stellina a besoin de noir, du ciel le plus obscur qui soit. Assez ironiquement c’est là où l’on ne voit pas d’étoiles qu’il est le plus intéressant de pointer la lunette intelligente de Vaonis. Le ciel profond est le terrain de jeu favori du Stellina. Il est capable, avec un tout petit peu de patience, entre quinze minutes et une heure pour les objets les moins brillants, de livrer des images sublimes des nébuleuses et autres galaxies qui nous entourent.

Amas d'hercule

L’amas d’Hercule capturé le 24 mai, temps de pose de 3 minutes seulement © Presse-citron.net

Notre avis sur le Stellina de Vaonis

En conclusion, après près de quinze jours de test, notre avis sur le Stellina de Vaonis est plus que positif. Si en amont de son utilisation, j’étais assez inquiet vis-à-vis des “sensations” que j’allais avoir lors des nuits passées avec le produit, j’ai finalement été agréablement surpris aussi bien par les résultats (mais ça je m’y attendais) que par la manière de les obtenir. Si le Stellina reste un produit haut de gamme, 3999 €, il est aussi hors norme, et ravira n’importe quel fan d’astronomie.

Stellina

3999.00 €
9.1

Note Globale

9.0/10

Esthétique

9.0/10

Observation

8.5/10

Facilité d'usage

9.9/10

Autonomie

9.0/10
2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Claire

    5 juillet 2021 à 8 h 14 min

    Bonjour, vous faites une comparaison avec une lunette, qui de manière générale est plutôt orientée sur le planétaire, mais pas avec d’autres télescope de même catégorie (ouverture, longueur du tube..). Avec un télescope de 200 ou 250 on se régale déjà très bien avec le planétaire mais plus encore avec le ciel profond. Votre test n’est pas complet et il faut préciser que c’est bien pour l’amateur impatient, finalement pas vraiment fan du ciel mais des photos couleurs des magazines. Pcq oui, les télescopes n’offre pas directement à l’oeil nu des images en couleur. Il faudra pour cela posséder une “compétence” supplémentaire, et pas des moindre car elle demande du matériel en plus, l’astrophotographie pour commencer à réellement apprécié et l’observation et le mode couleur.

    • Aronde

      12 juillet 2021 à 20 h 39 min

      Pour moi, c’est du pâté donc trop cher pour le résultat.

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