Pour 1800 euros, le nouveau-venu a l’ambition de compter sur le marché des vélos urbains haut de gamme. Il dispose pour cela d’un cadre en fibre de carbone, d’un moteur puissant et de fonctions connectées appréciables ainsi que de mécanismes de sécurité.
La promesse est-elle tenue ? Ou s’agit-il seulement d’arguments marketing ? Afin de le savoir, nous l’avons testé pendant deux mois. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses !
Assemblage simplifié
Comme la plupart des vélos vendus par correspondance, le N1 Pro arrive partiellement monté. Avant d’être utilisable, il nécessite donc un peu d’huile de coude. L’assemblage ne pose pas de problème majeur : les outils nécessaires sont fournis avec le vélo ainsi qu’un guide de montage pas à pas.
Celui accompagnant notre exemplaire de test était rédigé en anglais, une version française devant être téléchargeable rapidement sur le site du constructeur. On pourra aussi s’appuyer sur la vidéo pas-à-pas muette, toutes les étapes y étant clairement détaillées.
Fibre de carbone et formes arrondies
Le N1 Pro est conçu autour d’un cadre triangulaire en fibre de carbone afin d’en limiter le poids. De ce côté-là, rien à redire puisqu’il ne pèse que 19 kg ! Mieux encore : la motorisation centrale rapproche son centre de gravité de la selle, ce qui le rend nettement plus facile à transporter. Nous l’avons ainsi monté sur trois étages sans avoir l’impression d’être au bout de notre vie.

Le design du N1 Pro ne passe pas inaperçu. Ses formes arrondies, son cadre monobloc ainsi que l’absence d’une barre verticale lui donnent un aspect élégant et aérien. On apprécie aussi l’effort apporté à la finition, que nous trouvons agréable et propre.
Avant d’aller plus loin, précisons que notre exemplaire de test est issu d’une pré-série. Quelques détails esthétiques ou ergonomiques sont susceptibles de changer sur la version commerciale. Parmi eux, le tube de selle qui nous a posé un problème de taille (au sens littéral de l’expression) puisqu’il s’est avéré trop court pour notre taille (1,85 m).
Interrogé sur le sujet, ENGWE nous a expliqué être conscient du problème qui sera corrigé sur la version définitive. Un porte-bagages devrait aussi être proposé en option. Au moment où ce test est rédigé, le constructeur nous a indiqué qu’il sera offert aux premiers acheteurs.

Le satellite de commande, logé près du grip gauche du guidon, dispose de trois touches : deux pour le réglage de l’assistance, la troisième servant à la mise sous tension. Elles permettent aussi d’activer le phare avant, de choisir son orientation (route ou avant du vélo) et d’activer le mode d’assistance piéton (mise en marche de l’assistance lorsqu’on pousse le vélo).
L’état du vélo est affiché sur un écran alphanumérique facilement lisible. Outre le niveau de la batterie et la vitesse, il indique le kilométrage, l’état du phare (allumé ou éteint), le niveau d’assistance actif et les instructions de navigation en cas d’utilisation du GPS ainsi que l’état de la connexion Bluetooth. Nous y reviendrons plus loin.

Côté technique, ENGWE a choisi une motorisation centrale d’origine Ananda 250 Watts (couple de 80 Newtons/mètre). Le capteur de couple assure une assistance puissante, mais jamais brusque. À aucun moment, lors de nos tests, nous n’avons ressenti d’effet « motocyclette » au démarrage, en conduite, ou à l’arrêt. Bien vu. Le système de transmission Shimano à 7 vitesses s’avère lui aussi particulièrement agréable et les freins à disque hydrauliques assurent une excellente maîtrise du véhicule.
L’alimentation électrique est assurée par une batterie de 36 Volts/10 Ah d’origine Samsung. Elle a le bon goût d’être amovible, ce qui facilitera sa charge. L’opération s’avère pour le moins rapide, puisqu’il faut à peine 1 h 50 pour passer de 5 à 100 %. ENGWE annonce fièrement une autonomie pouvant atteindre 100 km. Pour cela, il faudra rester sur le niveau d’assistance 1 (sur les 5 disponibles) et peser au maximum 75 kg.
Dans la vraie vie, celle où l’utilisateur peut dépasser les 90 kg et où il s’amuse à pousser l’assistance au maximum dès qu’il le peut, on comptera plutôt sur 50 à 60 km d’autonomie. Ce n’est déjà pas si mal ! Précisons au passage que la charge maximale du N1 Pro ne doit pas excéder 120 kg, ce qui laisse de la marge. Comme l’exige la réglementation européenne, l’assistance électrique est bridée afin de s’arrêter à 25 km/h. Rouler plus vite se fera donc à la force des mollets.
Une application utile, mais non traduite en français
Si l’écran d’affichage et les touches de commandes du satellite suffisent à piloter le N1 Pro, le réglage des fonctions avancées doit passer par une app compagnon ENGWE que l’on installe sur un smartphone (Android ou iOS). Elle se couple assez simplement au vélo à l’aide du QR code se trouvant sur son cadre. Au pire, on peut passer par le numéro de série que l’on saisira manuellement.
Dès lors, on pourra activer (ou pas) les « lumières d’ambiance » se trouvant sur la face du guidon. À vous les dégradés de couleurs ainsi que les éclairages fixes ou changeants ! Ce dispositif ne remplace évidemment pas le phare avant : il n’est pas conçu pour cela.
Le phare arrière n’est pas commandé à partir du vélo ou de l’app. Il ne nécessite pas d’alimentation électrique spécifique puisqu’il est équipé d’un mini panneau solaire. Il vit sa vie comme un grand et se déclenche automatiquement lorsque la luminosité baisse.

L’application offre aussi une géolocalisation en temps réel du N1 Pro, rendue possible par l’intégration à son châssis d’un module 4G. Elle permet de suivre à la trace le vélo et de définir des zones de présences autorisées ou interdites. La fonction garde son nom anglais (geofencing), l’application n’étant pas encore traduite en français. L’activation de la connexion 4G est automatique lors de la première utilisation du vélo. Elle est gratuite la première année et devient payante au-delà (40 euros par an).
Lorsque le vélo sort (ou rentre) dans l’une des zones définies par l’utilisateur, il émet une alarme et fait clignoter le phare. Parallèlement, une alerte est affichée sur le smartphone du propriétaire. Nous avons pas mal joué avec cette fonction, qui s’avère assez précise et pour le moins dissuasive.

Lorsqu’il est parqué, le N1 Pro bloque sa roue arrière et il devient impossible de l’utiliser. On peut le déverrouiller en saisissant un code à 4 chiffres à l’aide du satellite de commande ou en approchant le smartphone de la barre centrale (à condition que le Bluetooth soit activé). L’application autorise aussi l’activation d’un mécanisme antivol qui déclenche une alarme si l’on essaye de le bouger. L’ensemble fonctionne bien, même si on aurait aimé que la sirène soit un peu plus sonore.
Enfin, l’application offre un guidage GPS plutôt bien foutue. Une fois sa destination programmée, on peut mettre le smartphone dans une poche et suivre les flèches de direction affichées sur l’écran du vélo. Pour plus de précision, on peut aussi activer le pilotage audio et passer par des lunettes connectées, comme les Meta de Ray-Ban. La fonction s’avère utile et fiable, mais disponible uniquement en anglais. Espérons que cela changera.
Ce qu’on pense du N1 Pro de ENGWE
Utiliser le N1 Pro est un véritable plaisir. Le vélo est maniable et fiable. On apprécie son autonomie plus que correcte, même si elle n’atteint pas les sommets vantés par le constructeur. Autre bon point, la rapidité de charge, moins de deux heures dans tous les cas, qui facilite son usage vélotaf. On aime son poids très raisonnable pour un vélo de cette envergure ainsi que la puissance de l’assistance électrique, particulièrement performante.
L’intégration d’une connexion 4G en plus de la liaison Bluetooth ouvre le champ à des fonctions pour le moins intéressantes (définition de limites virtuelles, par exemple). On apprécie la présence d’un verrouillage physique que l’on peut désactiver grâce à un code à saisir sur le satellite de pilotage ou simplement en approchant son smartphone.
Aussi agréable soit-il, le N1 Pro n’est pas parfait. On aurait aimé qu’il dispose d’un manuel d’utilisation et d’une app compagnon traduits en français. On regrettera aussi de devoir payer 40 euros annuels passés les 12 premiers mois si l’on souhaite conserver la connexion 4G.
Le plus remarquable reste sans conteste son prix, puisque le N1 Pro est vendu 1899 euros. Cela représente à peine 50 % du prix d’un VAE haut de gamme européen fournissant des mêmes possibilités. Enfin, ENGWE met en place une promotion de lancement pour le moins intéressante. Jusqu’au 5 mars, le N1 Pro bénéficie de 100 euros de réduction et d’un ensemble d’accessoires offerts).
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