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J’ai testé le Google Pixel 11 : même smartphone, nouveau cerveau

Chaque année, à la même période, un nouveau Pixel arrive avec son lot de promesses, et chaque année, je me pose la même question : qu’est-ce qui a vraiment changé ? Cette fois, la réponse tient en un mot : Tensor G6. Le Pixel 11, la version la plus abordable de la gamme, débute à 999 euros pour 256 Go de stockage (la version 128 Go a purement et simplement disparu), et grimpe à 1 129 euros pour 512 Go.

Même écran que son prédécesseur, même appareil photo ou presque, même gabarit. Alors, ce Pixel 11 se contente-t-il du service minimum, ou son nouveau processeur suffit-il à justifier l’étiquette ? J’ai passé trois semaines avec lui afin de me faire une idée.

Google Pixel 11 256 Go au meilleur prix Prix de base : 999 €
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Un air de déjà-vu, en un peu plus léger

Sortir le Pixel 11 de sa boîte, c’est un peu comme retrouver un vieil ami qui aurait fait un peu de sport cet été. La barre photo a beau être redessinée, avec son verre bord à bord qui s’intègre plus harmonieusement dans le cadre métallique, la silhouette générale ne trompe personne. Les dimensions du nouveau-venu sont les mêmes que celles de son prédécesseur (152,8 x 72,0 x 8,6 mm), seul le poids change. Il pèse désormais 197 grammes, contre 204 pour le Pixel 10. Sept grammes, ce n’est pas grand-chose. Mais ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ?

Google Pixel 11
Google Pixel 11 © Marc Mitrani pour Presse-citron

Le dos en verre poli et le cadre en aluminium de qualité aérospatiale à finition satinée donnent un côté premium très appréciable. La certification IP68 est de la partie, comme toujours chez Google, et les quatre coloris disponibles (Givre, Pistache, Fuchsia et Noir Volcanique) ajoutent un peu de couleur dans un monde souvent monochrome.

Côté écran, aucune surprise (et c’est très bien comme ça) : la dalle Actua de 6,3’’ reste identique à celle du Pixel 10. Elle affiche 1 080 x 2 424 pixels et bénéficie d’un taux de rafraichissement variant entre 60 et 120 Hz (dommage que Google n’ait pas utilisé un modèle LTPO descendant à 1 Hz). La luminosité atteint 2 000 nits en HDR sur l’ensemble de la dalle et grimpe à 3 000 nits en pic sur une zone réduite, de quoi la rendre lisible en plein soleil.

Google Pixel 11
Google Pixel 11 © Marc Mitrani pour Presse-citron

En matière d’affichage, le Pixel 11 reste l’un des meilleurs de sa catégorie si l’on excepte l’absence de LTPO. La dalle est protégée par une feuille de Corning Gorilla Glass Victus 2. En définitive, il est difficile de lui trouver un défaut, si ce n’est l’absence totale de nouveauté.

Un cœur en moins, mais aucune perte de souffle

Le SoC Tensor G6 remplace le G5 et, contre toute attente, perd un cœur au passage (sept au lieu de huit). A priori, cela ne sent pas très bon : il est rare de voir un SoC de nouvelle génération perdre un cœur par rapport à la précédente. Et pourtant, tout fonctionne à merveille et je n’ai constaté aucune perte de fluidité en utilisation quotidienne.

Google Pixel 11
Google Pixel 11 © Marc Mitrani pour Presse-citron

En fait, Google n’a pas supprimé de la puissance : il l’a déplacée. La place libérée sur le silicium par le cœur en moins a été affectée au TPU (Tensor Processing Unit, aussi connu sous le nom de processeur neuronal). Il gagne nettement en puissance de traitement et peut désormais exécuter davantage de tâches d’intelligence artificielle localement, sans nécessiter de passage par le Cloud de Google. Concrètement, ça se traduit par la prise en charge locale de la transcription et du résumé de l’Enregistreur, du traitement photo computationnel et de l’exécution de Gemini Nano.

Très bien, mais sous une charge lourde et prolongée, une session de jeu un peu trop généreuse par exemple, le smartphone finit par ralentir sensiblement après une grosse minute d’effort, avant de se stabiliser sur une vitesse de fonctionnement réduite. Rien de vraiment gênant pour un usage normal, mais cela confirme ce que je pensais : la course aux performances brutes n’est clairement plus la priorité de Google.

Avec 12 Go de RAM, le Pixel 11 dispose du minimum requis pour faire tourner localement l’IA Gemini Nano. Reste à espérer que cela sera suffisant pour les prochaines années, le constructeur fournissant toujours sept ans de mises à jour du système et de correctifs de sécurité.

Photo : une valeur sûre qui fait du sur-place

La caméra dorsale du Pixel 11 est composée de trois modules. Le principal dispose d’un capteur de 48 Mpx de 1/1,56 pouce, soit un peu plus grand que celui de la génération précédente. Aucun changement pour l’ultra grand-angle, qui conserve le capteur 13 Mpx, et le téléobjectif 5x et son capteur 10,8 Mpx assorti d’un « Super Zoom » numérique grimpant à 30x.

La qualité des images produites en plein jour reste conforme à ce qu’on attend d’un Pixel : très bon piqué (y compris avec l’ultra grand-angle) et colorimétrie fidèle avec ce léger appui sur les contrastes qui fait la signature de la marque. Bon point aussi pour la gestion des hautes lumières, même dans les scènes à fort écart de luminosité.

Les images en basse luminosité ou de nuit tiennent aussi leurs promesses grâce au mode Vision de nuit amélioré par le TPU plus puissant.

On l’a compris : il n’y a ici rien de révolutionnaire, mais rien de mauvais non plus. En fait, la qualité reste stable par rapport à ce que proposait le Pixel 10. Je défie qui que ce soit de voir une amélioration notable par rapport à la génération précédente.

Côté logiciel, les habitués retrouveront leurs marques : Capture magique pour saisir l’instant sans réfléchir au bon moment du déclenchement, Styles photo pour personnaliser le rendu façon pellicule. Pour la vidéo, le Pixel 11 reste au 4K à 60 images par seconde classique, sans la Stabilisation Pro ni le Video Boost 8K réservés aux modèles Pro. Encore une fois, la segmentation de gamme fait son œuvre, et l’entrée de gamme en fait toujours les frais.

Une autonomie sans accroc, mais sans éclat

La batterie passe à 4 985 mAh, contre environ 4 970 mAh sur le Pixel 10 : une différence si anecdotique qu’elle ne mérite même pas d’être qualifiée d’amélioration. Google continue d’annoncer sobrement « plus de 30 heures » d’autonomie, une formule suffisamment vague pour ne jamais être prise en défaut.

Google Pixel 11
Google Pixel 11 © Marc Mitrani pour Presse-citron

Le Pixel 11 tient une journée complète sur un usage courant fait de messagerie, de navigation web, de réseaux sociaux et de quelques photos. C’est OK, même s’il n’y a ici rien d’impressionnant face à une concurrence de plus en plus généreuse sur ce terrain.

La charge filaire « rapide » plafonne à 30 watts, ce qui reste modeste face à une concurrence qui multiplie les promesses à 65, 80, voire 100 watts. Comptez environ 55 % de charge en 30 minutes avec le chargeur maison, vendu séparément comme d’habitude. La recharge sans fil Qi2, via l’écosystème Pixelsnap, grimpe à 25 watts. Rien d’handicapant au quotidien, mais on est loin de l’expérience que proposent certains concurrents chinois sur le même segment de prix.

Wifi 6E : un choix étrange

Alors que les Pixel 11 Pro, Pro XL et Pro Fold sont compatibles Wifi 7, le Pixel 11 reste scotché au Wifi 6E. Rien de dramatique en soi : la plupart des box domestiques n’exploitent pas encore pleinement le Wifi 7.

Mais l’historique de la gamme rend ce choix difficile à avaler : le Pixel 9 était déjà compatible Wifi 7, avant que le Pixel 10 ne régresse au Wifi 6E. Le Pixel 11 reconduit cette régression et il est difficile d’y voir autre chose qu’une segmentation artificielle destinée à pousser les indécis vers un modèle Pro.

Android 17 est nu, mais ne s’enrhumera pas avant sept ans.

Le Pixel 11 tourne sous Android 17 dans sa version la plus pure, sans surcouche, et bénéficie de sept années de mises à jour du système, de correctifs de sécurité et de Pixel Drops. En clair, l’appareil sera encore suivi en 2033. Cet argument de durabilité pèse lourd face à des rivaux souvent bien plus avares en la matière. La sécurité matérielle profite aussi du nouveau coprocesseur Titan M3, épaulé par un démarrage sécurisé conçu pour résister aux futurs ordinateurs quantiques. C’est le genre de protection dont on ne sentira jamais l’effet au quotidien, mais qui peut rassurer sur un appareil promis à durer sept ans.

Le reste de la panoplie sécurité suit : VPN intégré sans frais supplémentaires, protection contre le vol capable de verrouiller l’appareil à distance en cas de comportement suspect, SOS par satellite pour les zones sans réseau, et détection automatique d’accident de voiture. Rien de neuf par rapport à la génération précédente, mais un socle solide qu’on a tendance à oublier de mentionner tant il est devenu la norme chez Google.

Gemini Intelligence pas à la fête en France

Le Pixel 11 embarque un TPU plus véloce que jamais et Gemini Intelligence, un ensemble de fonctions toutes plus alléchantes les unes que les autres que vante Google dans ses publicités. Malheureusement, une bonne partie de ces possibilités ne sont tout simplement pas disponibles en France au lancement, exactement comme sur le reste de la gamme.

L’Assistance proactive, qui analyse ce qui s’affiche à l’écran, vos notifications et votre position pour anticiper vos besoins (proposer une table dans le restaurant dont on vient de parler par SMS, par exemple), reste réservée aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Inde, à Singapour et en Malaisie.

Les utilisateurs britanniques ont tout de même droit à une version allégée baptisée Magic Cue. En France, rien pour l’instant. Même chose pour les automatisations Gemini qui réservent une table ou passent commande de courses depuis une conversation : disponibles aux États-Unis uniquement.

Google Pixel 11
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Ce que j’ai pu tester fonctionne bien, cela dit. Entourer pour chercher s’invite directement dans l’app Appareil photo pour identifier un objet ou traduire un texte d’un simple geste, sans changer d’application. Et Rambler, la nouvelle dictée vocale de Gboard, reformule proprement les hésitations en texte structuré, ponctuation et listes comprises. On est loin de la dictée mot à mot un peu laborieuse d’il y a quelques années.

HiLight est l’autre nouveauté absente, due à un positionnement marketing hasardeux. Ces LED de couleurs disposées autour du flash clignotent lors d’évènements bien précis (appel d’un contact favori ou une interaction avec Gemini), quand le téléphone est posé face contre table. Le système, pourtant pratique même s’il n’est pas révolutionnaire, est réservé aux modèles Pro. Pourquoi ? Parce qu’il faut bien segmenter une gamme qui peine à offrir de réelles différences, quitte à frustrer l’utilisateur.

Faut-il le préciser, je trouve ce choix idiot très discutable. Pire : le Pixel 11 ne bénéficie pas non plus des six mois de Google AI Pro offerts à l’achat, réservés aux Pixel Pro (au passage, Google offrait 12 mois avec la gamme précédente). Un peu léger pour un produit positionné comme porte-étendard accessible de l’IA personnelle.

Google Pixel 11 256 Go au meilleur prix Prix de base : 999 €
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Mon avis sur le Google Pixel 11

Sans être révolutionnaire, le Pixel 11 a des atouts certains : excellent écran, 7 ans de support de mises à jour et bonne qualité photographique. À 999 euros, le Pixel 11 se retrouve au milieu d’un marché particulièrement dense. Le Galaxy S26 démarre à 899 euros, le Xiaomi 17 à 903 euros, l’iPhone 17 à 969 euros et le OnePlus 15 à 979 euros.

Google ne joue donc plus la carte du prix cassé pour attirer les indécis. Le Pixel 11 se positionne désormais dans la fourchette haute de sa catégorie, avec un argumentaire qui repose presque entièrement sur l’IA embarquée et le suivi logiciel sur sept ans. Le problème, c’est que l’argument IA perd une bonne partie de sa force quand les fonctions les plus séduisantes restent hors de portée en France au lancement.

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Google Pixel 11

999 €
7.5

Écran

8.0/10

Performances

7.0/10

Photographie

8.5/10

Autonomie et recharge

7.0/10

Rapport qualité/ prix

7.0/10

On aime

  • Qualité de l’écran
  • Autonomie correcte au quotidien
  • Sept ans de mises à jour

On aime moins

  • Charge filaire toujours aussi lente
  • Stagnation du matériel
  • Wifi 6E au lieu du Wifi 7
  • IA lincomplète au lancement en France
  • HiLight réservé aux modèles Pro