« Hey, Fouad, dispo la semaine prochaine pour une prise en main approfondie du Pixel 9 ? ». Mon aventure avec le nouveau smartphone de Google a commencé ainsi. Par un message sur Slack de mon rédacteur en chef.
Ma vie de pigiste m’a permis de tester le Pixel 7 pour un autre média en 2022. Et j’avais été plutôt conquis par l’ambition de Google : bousculer la hiérarchie du premium grâce à des innovations logicielles malicieuses. En 2023, le Pixel 8 m’avait filé sous le nez, la faute à un agenda peu compatible. Par conséquent, je me suis empressé de répondre à ce message Slack par l’affirmative.
« Par contre, nous n’allons recevoir que deux exemplaires de test tardivement, il faudra coller au plus près de l’embargo. Tu as une semaine pour le tester. Ca te va ? ».
Ah les embargos… Dans le monde du journalisme, ils sont légions. Ils nous permettent de recevoir en amont des exemplaires afin de pouvoir se faire une idée, rédiger nos tests, et ainsi coïncider avec la sortie officielle des produits. Si certaines marques laissent parfois suffisamment de temps pour une prise en main de plusieurs semaines, c’est de plus en plus rare. Je n’avais donc que quelques jours pour me familiariser avec le dernier né de Google. Tant pis, le Pixel 9 ne me passera pas sous le nez. Challenge accepté.
Google ne se cantonne plus à un rôle d’outsider
Avant de vous décrire ma semaine marathon, il convient de poser un peu le contexte de ces sorties. Oui, ces sorties. Pour 2024, Google voit les choses en grand. Les habituels Pixel et Pixel Pro s’accompagnent cette fois d’un Pixel XL Pro ainsi que d’un modèle pliant, le Pixel Pro Fold. Sachez que d’autres journalistes de la rédaction sont déjà en train de décortiquer ces autres modèles afin de vous proposer prochainement un test sur un temps plus long. Les chanceux…
Autre fait notable, la firme de Mountain View a quelque peu chamboulé son agenda. Habituellement, Google dévoile ses nouveaux larrons mi-octobre. Cette fois, le géant américain a décidé de se positionner juste avant la rentrée et l’annonce…des nouveaux iPhones 16.

Réglés comme des coucous suisses, les agendas des géants de la tech ne se chevauchent pas habituellement. Chacun sa période. Xiaomi en février/mars, Apple en septembre, Google en Octobre et Samsung en début d’année. Longtemps considéré comme un outsider au fort potentiel, Google souhaite désormais ne plus se laisser se dicter son agenda.
Les produits Pixel ont toujours su conquérir les cœurs et recevoir des éloges journalistiques. En imposant son rythme, le géant américain veut désormais transformer cet engouement en réalité chiffrable. Soit, inscrire durablement son nom sur la liste des plus gros vendeurs de smartphones.
Jour 1 – Il ne passe pas inaperçu
Ce que j’aime avec les Pixel, c’est que ce sont des smartphones Android qui ne ressemblent à aucun autre. Avec le Pixel 6, la marque avait marqué une franche révolution en matière de design, puis s’était ensuite appuyée dessus. Le Pixel 9 marque une nouvelle étape importante dans l’évolution esthétique de Google.
Désormais, l’espace du bloc photo métallique ne s’étire plus bord à bord, mais prend la forme d’un ovale. Certes, c’est plus proéminent, mais c’est également plus cohérent, selon moi, avec le dos brillant et les tranches mates.

Là où les précédents Pixel assumaient une allure « geek », le Pixel 9 fait preuve d’une certaine maturité, plus premium. La qualité de fabrication est remarquable et chaque détail a été soigné, de l’excellent jeu des boutons en passant par l’intégration du châssis. Il suffisait de voir le petit attroupement autour de mon bureau lorsque les deux exemplaires de test (noir et blanc) sont arrivés par coursier la semaine dernière.

En main, le Pixel 9 est logiquement le plus petit modèle. Et sans vouloir empiéter sur les futurs tests de mes confrères, certainement le plus maniable. En effet, ses dimensions sont savamment équilibrées : 152,8 x 72 x 8,5 mm pour 198 grammes.
Jour 2 – En terrasse le midi, il ne craint pas le soleil
Avec une diagonale de 6,3 pouces, le Pixel 9 paraît bien petit face aux 6,8 pouces du Pixel 9 Pro XL. Et c’est tout aussi bien, tant les formats « compacts » sont à mon goût plus plaisants à utiliser sur la durée. Je ne compte plus le nombre de jeans déformés au niveau de la poche à force d’y glisser mon iPhone 15 Pro Max. Entre autres. Bien que la définition stagne (2424 × 1080 pixels), le véritable cheval de guerre du Pixel 9, c’est la luminosité. Nous avons pu le vérifier lors d’un déjeuner en terrasse sous un soleil de plomb.

Malgré cette situation, il était facile pour moi de lire de loin mes notifications Discord et Slack. Lorsque je le prenais en main pour ouvrir rapidement ma boite mail, aucun besoin de plisser des yeux. Cette impression s’est confirmée tout au long de ma semaine de test. Le soleil a bien essayé de gêner mon confort de lecture, sans succès. Les mesures de nos confrères du Lab 01NET viennent par ailleurs corroborer mon ressenti. En effet selon eux entre le Pixel 8 et 9, la luminosité en pic passe de 2000 cd/m2 à 2700 cd/m2.
Jour 3 – Dans les entrailles de la puce Tensor 4
Après deux premiers jours d’acclimatation, je concocte pour le milieu de semaine un programme intensif à ce Pixel 9. Celui-ci se décline en trois étapes. Deux heures de RER aller-retour pour un rendez-vous professionnel, l’occasion de lancer quelques longues sessions de jeu. Une soirée sans madame, l’opportunité de passer du temps sur Twitch et de finir la saison 2 de Tokyo Vice dans mon lit. Et une pause déjeuner durant laquelle je me suis adonné à un petit montage vidéo pour immortaliser un précédent week-end à Gérardmer.

Cette nouvelle puce made in Google tient-elle toutes ses promesses ? Globalement, oui. Pour du surf sur les réseaux sociaux, de la bureautique légère sur Drive ou du streaming vidéo, elle tient son rang. C’est fluide et on passe d’une activité à l’autre sans ralentissement. Pour du montage vidéo basique, sur Adobe Premiere Rush, le Pixel 9 s’est montré extrêmement consciencieux, aucun crash n’est à signaler.

Pour du gaming puissant, mon avis est plus mitigé. Sur des jeux vraiment gourmands, je n’ai pas pu en profiter avec les graphismes au maximum. De même, si sa puissance est indéniable, le Pixel 9 a tendance à piquer du nez en termes de stabilité dès que la partie s’allonge. Au bout de trois quart d’heure de Diablo IV, j’ai commencé à le ressentir. Rien de bien méchant, il faut simplement le laisser se reposer de temps à autre. Ce qui en soit n’est pas une surprise. Le Pixel s’adresse avant tout au grand public et Google a surtout optimisé sa puce pour l’utilisation de l’IA.
Jour 4 – L’heure d’une balade photographique
Le métier de journaliste a cette particularité. Si vous nous voyez déambuler un jeudi après-midi dans Paris avec plusieurs smartphones en main, c’est que nous travaillons. Cap ce jour-ci vers le parc de Bercy, et un peu ailleurs, pour tester le Pixel 9, mais également deux autres produits que j’avais actuellement en test. Les biens nommés : Sony Xperia I IV et Motorola Razr 50.

Véritables surdoués en matière d’algorithmes de traitement, les Pixel ont souvent fait parler d’eux en matière de photo. C’est encore le cas avec le Pixel 9. Et je n’ai pas eu besoin d’attendre la fin de mon excursion pour m’en rendre compte.

Tout d’abord, si techniquement le capteur principal n’évolue pas (50 Mpx et ouverture à f/1,7), le traitement numérique de la nouvelle puce Tensor 4 apporte, elle, de la nouveauté. Et franchement…C’est encore une fois bluffant.
Les clichés fourmillent de détails et le piqué est tout bonnement somptueux. Chaque partie d’une scène bénéficie d’une netteté absolue. Au niveau de la colorimétrie, la touche Google est bien présente. À savoir, une restitution pleine de peps, mais qui ne tombe jamais dans la surenchère.


Le plus impressionnant avec ce capteur, c’est sa polyvalence. Contre-jour, photo en intérieur, scènes complexes avec différents niveaux de lumière… J’ai eu beau lui compliquer la tâche, il s’en est toujours sorti. Et surtout toujours mieux que ses deux concurrents officieux du jour.


Pour les clichés nocturnes, même combat. Si à l’avenir une petite voix dans votre tête vous assure qu’il fait trop sombre pour prendre une photo convenable, ou bien que les lumières citadines risquent de créer du flare, ne la croyez-pas si vous avez un Pixel 9 en poche.

Là encore, j’ai essayé de ne pas être tendre avec lui. Que ce soit des scènes complexes avec différentes intensités de lumière (réverbères, néons de restaurants, fenêtres d’immeubles…) ou des mouvements (voitures, cyclistes), rien n’y fait. Il ne bave quasiment jamais et arrive toujours à rehausser la dynamique.
En ce qui concerne l’ultra grand-angle, Google s’est enfin décidé à sortir les crocs. Alors que les Pixel 7 et 8 bénéficiaient du même capteur de 12 Mpx, le Pixel 9 passe à 48 Mpx avec une ouverture à f/1,7. Et l’attente valait le coup.
Hormis une légère différence de teinte, les photos sont aussi réussies que sur le capteur principal. Une chose rare, voire unique. L’ultra grand-angle gère à merveille la balance des blancs et les contours de chaque photo.


Logiquement, et pour laisser quelques exclusivités à ses grands frères, le Pixel 9 ne possède pas de téléobjectif. Et alors ? Personnellement, c’est certainement le capteur dont je me sers le moins. Un zoom numérique jusqu’à x8, comme celui présent ici, me convient pour 99% de mes photos.
Du x2 pour des photos urbaines, du x5 pour se rapprocher des détails sur un monument et éventuellement du x8 lors d’une balade en forêt. Et encore, je ne suis pas photographe animalier.
Jour 5 – Prêt pour tout un week-end ?
Généralement, il existe deux écoles le week-end. Je suis personnellement de la première. À savoir, un vendredi soir de sortie et un samedi plutôt repos devant Netflix. Ce jour fut donc idéal pour jauger l’autonomie du Pixel 9.
L’ayant chargé toute la nuit, lorsque je débute mon dernier jour de travail de la semaine, il est gonflé à bloc. S’ensuit un programme plutôt classique. Une bonne demi-heure de jeu au sein de la ligne 9, quelques appels dans la matinée et quelques dizaines de minutes sur Twitch pour digérer après le déjeuner.

L’après-midi, je me force à l’utiliser plus intensément. Une bonne heure de retouche photo et je m’en sers pour répondre à plusieurs mails. Le tout entrecoupé de quelques séances de procrastination sur Instagram et TikTok. Avant de fermer la boutique, reprise oblige du foot, je multiplie les onglets de « L’Équipe » pendant une demi-heure pour constituer mon équipe MPG.
Au moment de retrouver mes amis, que je rejoins grâce à Google Maps, le Pixel 9 affichait encore 59% de batterie. Et il était déjà 20h30. Étant l’attraction de la soirée, il n’est pas resté dans ma poche constamment, il a dû se résoudre notamment à prendre quelques photos. Après une ellipse temporelle, me voilà sur le point de rejoindre les bras de Morphée vers 2h45 du matin. Avec un joli 34% de batterie au compteur. Pas mal du tout, d’autant que j’ai attendu mon chauffeur Uber avec lui pendant une bonne vingtaine de minutes.

Le lendemain, il n’a rendu l’âme que vers 13h. Sa batterie de 4700 mAh, ainsi que la nouvelle puce Tensor 4, ont donc fait des merveilles. Alors que j’étais plutôt sévère. J’avais réglé la plus haute fréquence d’affichage de l’écran dès le vendredi matin. Sans elle, le Pixel 9 aurait pu me suivre, sans doute, presque une demie journée de plus. Soit du vendredi matin jusqu’à ma série Netflix du samedi soir.
Jour 6 – Et pour l’IA ? Il va falloir patienter…
Si Samsung avait créé une onde de choc avec sa série S24 et son écosystème Galaxy AI, force est de constater que la concurrence peine à se mettre à niveau. Il n’est pas sûr qu’Apple Intelligence soit disponible dès le lancement des prochains iPhone 16, tandis que Honor ou encore Xiaomi sont sur ce sujet aux abonnés absents. En tout cas en France.

Par conséquent, les possibilités de la puce Tensor 4 m’avaient un peu mis l’eau à la bouche. Résumé d’enregistrements vocaux et des appels, Pixel Studio pour générer des images via un prompt, application météo créée par Google et gérée par IA… Sauf que…
Rien n’est pour le moment disponible dans nos contrées. En tout cas pas dans la langue de Molière. Idem pour une des fonctionnalités les plus attendues, Gemini Live. Il faudra, à minima, attendre jusqu’à courant septembre… Certes, l’application est disponible, mais ce, comme pour tous les smartphones Android depuis le mois de juin.

Trois nouveautés d’IA concernant la photo sont bien là, mais elles ne suffisent pas à m’enthousiasmer autant. « Réinventer une photo » permet d’ajouter des éléments réels à son propre cliché, comme un ciel étoilé ou un orage. Amusant 10 minutes et déjà vu chez Samsung.
« Cadrer automatiquement » agrandit une image. L’IA analyse alors la photo et se charge de reproduire ce qu’il y avait autour. Cela peut-être éventuellement utile pour transformer un cliché pris à la verticale en mode horizontal. Un peu comme ce que propose le remplissage génératif de Photoshop. Bref, je ne trouve pas cela folichon… Seule la fonctionnalité « M’ajouter » a retenu un peu mon attention. En tant que photographe attitré de ma famille, je pourrai enfin être plus souvent sur les photos de groupe.
En chamboulant son agenda, Google a pris un risque. Celui d’avoir suscité beaucoup d’attentes en matière d’IA. Or, la France va devoir encore une fois attendre. Dans la même veine, habituellement les Pixels sortent avec la nouvelle fournée d’Android. Le Pixel 9 est donc logé à la même enseigne que tous les autres et devra attendre encore deux bons mois. Heureusement, les septs années de mises à jours sont toujours de la partie.
Jour 7 – L’heure du bilan
Pas de repos dominical pour mon Pixel 9, je me suis servi de ce dernier jour de la semaine, pour écrire ces lignes, tout en m’octroyant un petit tête à tête avec lui.
En effet, j’ai tout de même deux, trois choses à lui reprocher. Tout d’abord, l’écran n’est capable de faire varier sa fréquence de rafraîchissement qu’entre 60 et 120 Hz. Pas de technologie LPTO donc, un privilège réservé à ses grands frères. Qu’un effet de gamme existe entre différents modèles est compréhensible, notamment sur la proposition photographique. Le fameux téléobjectif. Sur le reste…

En matière de fréquence de rafraîchissement, le Pixel 9 propose ce que fait un smartphone milieu de gamme. Sauf que le Pixel est un produit haut de gamme. Et encore plus cette année, puisque les prix augmentent à nouveau. Notons que la mémoire vive passe de 8 à 12 Go sur les deux configurations, il faut bien de la puissance pour gérer l’IA qui arrive, mais à ce rythme là…
Alors que les Pixel 8 étaient officialisées à 799 € (128 Go) et 860 € (256 Go), les Pixels 9 s’affichent respectivement à 899 € et 999 €. Les deux questions que je me pose à chaque test sont les suivantes : « serais-je prêt à dépenser cette somme pour ce produit ? Pourrais-je le conseiller comme achat à quelqu’un de ma famille ? ». Pour le Pixel 9, malgré la hausse de prix, je répondrais doublement oui. Et croyez-moi, il y a pas mal d’autres smartphones premium pour lesquels je me résous à répondre, non.

Autre aspect qui me donne envie de froncer les sourcils, toujours pas de chargeur dans la boîte. Par conséquent, difficile d’être tendre avec le Pixel 9 sur son autonomie. Pour la simple et bonne raison que je ne peux m’en faire une idée précise. En utilisant ce qui trainait chez moi, un chargeur Anker à 45W, il a mis plus d’une heure et demie à reprendre totalement des forces. Ce n’est pas Byzance.
Ces petits défauts, conjugués à une arrivée tardive des fonctionnalités d’IA, ne me font pas pour autant regretter le titre de mon article. Oui, le Pixel 9 s’approche de la perfection. L’atteindra-t-il lorsque ses promesses d’IA seront disponibles en France ? Vous aurez ma réponse d’ici quelques semaines.
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Google Pixel 9
799 eurosOn aime
- Une évolution design réussie
- Écran bien calibré et lumineux
- Photographe hors pair
- Une excellent autonomie
- Des fonctions d'IA alléchantes...
On aime moins
- ...mais pas encore toutes disponibles en France
- Recharge un peu lente
- Chute de stabilité en gaming intensif
- Absence de la technologie LPTO sur l'écran


















