Test Last Day of June : amour, gouache et beauté sur PS4

C’est à un studio italien, Ovosonic, que l’on doit ce Last Day of June, l’un des titres les plus poétiques de la rentrée.

Jusqu’où iriez-vous pour sauver celui/celle que vous aimez ?

Cette fin d’année 2017 sera marquée par l’arrivée de très nombreux titres très attendus par les gamers, avec notamment Gran Turismo Sport, The Evil Within 2, Wolfenstein II, Assassin’s Creed Origins, Destiny 2, Super Mario Odyssey, Need for Speed Payback… mais avant ce déferlement de bons gros triple A qui tâchent, c’est le discret Last Day of June qui est arrivé dans notre PS4 Pro, pour un vrai bon (mais bref) moment de poésie et d’émotion.

En effet, le jeu développé par la (toute) petite équipe de Ovosonico nous permet de suivre la relation amoureuse entre le maladroit Carl et la rêveuse June. Tous deux filent en effet le parfait amour, et profitent d’un petit moment paisible au bord d’un lac, durant lequel June offre un cadeau à Carl. Toutefois, l’orage arrivant, tous deux décident de rentrer à la maison à bord de leur voiture. Rapidement, Carl perd le contrôle, et le jeu nous place alors dans la peau de ce dernier, désormais en fauteuil roulant suite à l’accident, tandis que la belle June n’est plus…

Un prologue particulièrement réussi sur le plan émotionnel, qui parvient rapidement à nous plonger dans cette histoire très particulière. On incarne alors ce pauvre Carl, dans une maison désormais à l’abandon, mais rapidement, les peintures réalisées par June vont lui permettre de profiter d’un pouvoir unique : celui de remonter le temps. En effet, en touchant les peintures, Carl peut revenir quelques instants avant le drame, et incarner ses différents voisins, de manière à modifier le passé, et peut-être réussir à éviter l’accident qui a conduit à la mort de sa bien-aimée.

Ainsi, le jeu va permettre tour à tour d’incarner un total de 4 personnages, à commencer par un jeune garçon, puis la meilleure amie de June, sans oublier le chasseur d’en face, et enfin un petit vieillard. Si le jeu impose dans un premier temps de jouer les personnages dans cet ordre, il sera possible (et même indispensable) de jongler entre les différents voisins. En effet, en remodelant le passé, il faudra savoir parfaitement gérer l’effet papillon, puisque en effectuant une certaine action chez un voisin, cela aura des répercussions directes chez un autre, qui pourront entraîner une nouvelle fois la mort de June, mais d’une autre façon. En évoluant, on découvre ainsi de nombreux embranchements temporels alternatifs, et il faudra donc faire attention à chaque détail, pour que Carl et June puissent enfin éviter tous les dangers qui se dressent sur leur route.

Sans trop en dévoiler, chaque personnage dispose de caractéristiques permettant bien souvent d’ouvrir tel ou tel passage, ce qui permettra d’y revenir avec un autre voisin par exemple. A chaque fin de partie, on découvre en vidéo les changements que l’on vient de mettre en place, et on reverra la scène de l’accident à de (très) nombreuses reprises. Last Day of June est un jeu narratif, et il ne faut donc pas s’attendre à la moindre interface, au moindre indice, au moindre texte… il faudra donc tout comprendre et déduire grâce à des situations ou en se fiant aux mimiques des personnages (sans yeux qui plus est !). A ce niveau, le jeu fonctionne parfaitement, et on reste très rarement bloqué dans ce petit quartier paisible et très coloré. Dommage toutefois de ne pas pouvoir zapper certaines séquences qui vont forcément se répéter, même si le jeu prend heureusement le soin d’en occulter certaines malgré tout.

Esthétiquement, malgré un flou très prononcé et même un peu de clipping, le jeu est très agréable à regarder, bien aidé par sa patte artistique assez unique. D’un point de vue strictement technique, on aura quand même de quoi pester ça et là, avec en prime des chargements un chouia longuets et qui cassent un peu l’ambiance. Malgré d’évidentes maladresses et lacunes techniques, Last Day of June parvient à nous happer dans son intrigue, et on a rapidement cette obsession de vouloir à tout prix sauver cette pauvre June… mais aussi de savoir enfin ce qui se cache dans le cadeau offert au tout début du jeu ! Un jeu très narratif donc, soutenu par une excellente bande sonore, et qui offre quelques très jolis moments d’émotion. Certes, l’ensemble est très court, et peut allègrement se boucler d’une traite en 3 ou 4 heures, mais l’expérience vaut la peine d’être vécue, à condition bien sûr d’adhérer au style, et de pardonner les quelques errances techniques et le côté un peu répétitif du gameplay parfois.

En bref

Sans tutoyer les étoiles, Last Day of June est une oeuvre vidéoludique particulièrement touchante, malgré quelques évidentes maladresses et lacunes techniques. Le style visuel, de type « peint à la main« , est étonnant de prime abord, mais le jeu est très intelligemment construit, si bien que l’on parvient à tout comprendre/déduire sans la moindre interface, ni le moindre texte à l’écran. Le côté « butterfly effect » est lui aussi très bien intégré à l’histoire, et même s’il impose des alternances un peu lourdingues parfois entre les différents personnages, on se laisse rapidement prendre au jeu. La narration est soutenue par une bande-son très réussie, et même si on ne tient pas là le chef d’oeuvre de l’année, Last Day of June reste une expérience narrative très poétique, assez mélancolique, avec en prime quelques passages particulièrement touchants. Et pour peu que vous soyez un poil fleur bleue, il se pourrait bien que le titre vous arrache même une ou deux larmichettes…


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