Dire que les Ear (1) étaient ratés serait exagéré. Néanmoins, passé l’originalité du design et le soin apporté à l’application compagnon, les premiers écouteurs de Nothing ne parvenaient pas vraiment à convaincre.
Peut-on en vouloir au constructeur ? Pas vraiment. En 2023 plus que jamais, créer une nouvelle marque tech pour se frotter aux meilleurs du marché relève presque de l’impossible. Pourtant, Carl Pei, ancien boss de OnePlus, a réussi à convaincre ses fidèles lieutenants de le rejoindre dans cette aventure complètement folle.
En deux ans, Nothing n’a pas encore réussi à trouver la formule magique pour s’imposer comme une référence, autre que celle du style. Et si les Ear (2) lui permettait d’asseoir son autorité sur le marché de l’audio grand public ? Oui, le pari est encore une fois audacieux. Mais pas impossible. Alors, ces Ear (2) marquent-ils un tournant dans l’histoire de l’entreprise ? Réponse après quelques jours de test.
Ce qu’on a aimé des Nothing Ear (2)
Le design toujours stylé (et étanche)
Sur un plan purement esthétique, rien ne change entre les Ear (2) et la première génération d’écouteurs sans fil signés Nothing. Le constructeur reprend le design semi-transparent devenu sa marque de fabrique.
Les Ear (2) prennent donc la forme d’écouteurs composés d’une tige et d’embouts en silicone. Les tiges camouflent toujours des boutons tactiles répondant cette fois-ci à des pressions (et non un simple toucher trop prompt aux manipulations involontaires) et permettant de contrôler la musique, le volume ou la réduction de bruit selon les gestes effectués.
Avec leur 4,5 g chacun sur la balance, les Ear (2) figurent parmi les écouteurs sans fil les plus légers du marché. Cela apporte un confort notable au quotidien, notamment pour les longues sessions d’écoute.

Nothing ne change rien à son boîtier si ce n’est le choix d’un plastique blanc lisse en lieu et place du traitement en relief de la première génération. « Cela coûte moins cher à produire » nous confiait un cadre de l’entreprise lors de la présentation du produit.
Pas de quoi s’offusquer, cela ne change rien à l’aspect général, toujours aussi séduisant. Nothing apporte en plus la certification IP55 à son boîtier et IP54 aux écouteurs, des protections bienvenues dans nos régions tempérées où la pluie n’est pas rare (du moins pour la moitié nord du pays).
Quoi d’autre ? Rien. Mais on n’en demande pas plus. Comme Apple et ses AirPods Pro qui n’ont pas changé d’un iota esthétiquement, Nothing reprend le même design entre la première et la seconde génération de ses Ear. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
La qualité de son

Jusque-là les Ear (2) ne semblent pas apporter de grandes nouveautés par rapport à la première génération. Et pourtant, à l’intérieur, tout change. Sans dévoiler les détails des composants utilisés pour concevoir ses nouveaux écouteurs, Nothing assure que la qualité de son a été améliorée. Un bon point puisque c’est précisément sur ce point que les Ear (1) ont reçu le plus de critiques.
Bonne nouvelle, Nothing a corrigé le tir. Mieux que cela, ses Ear (2) se révèlent même très bons. Compatibles avec les codecs AAC, SBC et LDHC5 (codec propriétaire qui ne change finalement rien à l’écoute en AAC), les Ear (2) délivrent un son précis et flatteur.
La reproduction du son reprend le spectre en W de la première génération caractérisé par des basses puissantes, des médiums bien présents et des aigus détaillés.
À la manière des AirPods Pro, les Ear (2) sont donc pensés pour épouser tous les styles de musique et donc satisfaire le plus grand nombre d’utilisateurs. Tous, sauf la musique classique, dont la richesse et les subtilités ne sont pas totalement retranscrites. Autres défauts notables : les aigus gagneraient à être un peu plus ronds et les voix moins sifflantes. Des détails qu’une mise à jour pourrait corriger.
En résumé, sans atteindre le niveau de précision des écouteurs d’Apple, Bose ou Sony, ceux de Nothing ne déméritent pas.
L’audio personnalisé

Nothing propose une nouvelle fonctionnalité permettant de personnaliser la qualité de son en fonction de chaque utilisateur. Pour cela, vous devez passer par l’application compagnon Nothing X. Assurez-vous d’être seul dans un endroit calme. Pendant 5 minutes, des signaux sonores seront envoyés pour personnaliser l’écoute. Basses, médiums, aigus, tout y passe. Ensuite, vous pourrez choisir d’activer ou non cette fonction depuis l’application.
Concrètement, il est difficile de percevoir une grande différence entre le mode personnalisé et le mode standard. Nothing X propose aussi d’autres ajustements pré-enregistrés avec un focus sur les basses, les voix, les aigus, selon vos préférences.
C’est aussi via l’application Nothing X que vous pourrez vérifier l’autonomie des écouteurs, d’activer ou non la réduction de bruit ou le mode transparent ou encore personnaliser les commandes des boutons tactiles.
La réduction de bruit
Autre volet sur lequel nous attendions Nothing, la réduction de bruit se révèle cette fois convaincante. Sans atteindre le niveau des meilleurs modèles du marché (Sony, Bose ou Apple), l’isolation des Ear (2) figure parmi les plus réussis dans cette gamme de prix.
Si elle peine à filtrer les voix et les sons très aigus, l’ANC répond présente dans la plupart des situations du quotidien. Dans les transports, dans la rue, la réduction de bruit est à la hauteur de ce que l’on attend d’écouteurs vendus 150 euros.
Pour atteindre l’excellence, Nothing devra corriger deux points : l’annulation de bruit du vent et des frottements (capuches, bonnets) ainsi que sa fonctionnalité de suppression du bruit personnalisée (un test permet d’ajuster la réduction de bruit en fonction de l’audition de chaque utilisateur), séduisante sur le papier mais anecdotique en pratique.
Ce qu’on a moins aimé des Nothing Ear (2)
L’autonomie très moyenne
La copie de Nothing aurait pu frôler l’excellence si ses Ear (2) s’étaient montrés plus endurants. Avec 5h27 d’autonomie (avec ANC) selon notre labo 01Lab, on pourrait penser qu’ils ne s’en tirent pas si mal.
Après tout, les Galaxy Buds2 Pro de Samsung tiennent à peine six minutes de plus. Oui, mais les écouteurs de Samsung sont loin d’être une référence en la matière. Les AirPods Pro 2 alors ? Non plus. Avec 6h07 ils ne figurent pas non plus parmi les références.
Les meilleurs dans cet exercice, les Sony WF-1000-XM4, atteignent les 8h50 d’autonomie. Certes, leur design plus massif permet d’intégrer une batterie plus généreuse.
On pourrait supposer que l’ANC est responsable de cette forte consommation d’énergie. Il n’en est rien. En désactivant la réduction de bruit, les Ear (2) gagnent tout juste 10 minutes d’autonomie (5h38). À titre de comparaison, les Galaxy Buds2 Pro tiennent 8h17 et les AirPods Pro 2 atteignent les 9h50 d’autonomie. L’argument du design tombe donc à plat.
Ces performances en deçà du standard du marché viennent donc ternir un tableau presque idyllique. Heureusement, le boîtier peut recharger jusqu’à 6 fois les écouteurs. Il est d’ailleurs compatible avec la charge sans fil Qi, une petite consolation supplémentaire.
Le prix en forte augmentation

149 euros. Voilà le prix affiché des Ear (2), soit 50 euros de plus que les Ear (1) à leur sortie. Chez Nothing, l’inflation s’élève donc à 50%, tranquillement mais sûrement.
À ce tarif, les Ear (2) se positionnent comme des écouteurs milieu de gamme. Ils viennent donc se frotter à des modèles comme les Galaxy Buds 2, les OnePlus Buds Pro (99 euros) ou les AirPods Pro de première génération.
Certes, la copie de Nothing est bien meilleure pour cette nouvelle génération d’écouteurs. Mais ces améliorations sont compensées par une baisse des coûts de production, Nothing réutilisant la même enveloppe que pour la première génération. On aurait apprécié une hausse moins fulgurante.
Notre avis sur les Nothing Ear (2)
À l’exception d’une autonomie trop moyenne et d’une hausse de prix importante, nous n’avons pas grand chose à reprocher aux Ear (2).
Les nouveaux écouteurs sans fil de Nothing brillent par leur design certes inchangé mais toujours aussi original. Surtout, Nothing livre des écouteurs à la qualité de son convaincante et à la réduction de bruit maîtrisée.
Sans atteindre le niveau des meilleurs modèles du marché, les Ear (2) restent de très bons écouteurs sans fil qui, malgré la hausse du tarif, affichent un rapport qualité-prix très correct. Si pour vous le design doit être à la hauteur du son, les Nothing Ear (2) sont faits pour vous.
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