Le Petit Poucet de la Tech a profité du MWC de Barcelone pour dévoiler les Phone (3a) et Phone (3a) Pro, ses deux nouveaux smartphones abordables. Chez Nothing, « abordable » signifie vraiment « abordable ».
Ainsi, les Phone (3a) et (3a) Pro sont proposés aux tarifs respectifs de 349 € et 479 €. On est donc bien loin de la conception du téléphone accessible portant un logo fruité sur son dos.
Cela tombe bien : selon les chiffres de l’INSEE, le prix est le critère de choix numéro un en France. Les Français accordent aussi un budget plus important pour l’achat de leur smartphone : il tourne désormais autour de 450 euros contre 350 euros il y a encore quatre ans. Aussi, ils renouvellent leur smartphone moins souvent : tous les 38 mois environ contre 24 mois il y a cinq ans.
Alors quand il s’agit de se délester de quelques centaines d’euros, les consommateurs se montrent plus regardants, encore plus dans un contexte économique difficile. Proposer un smartphone abordable n’est donc plus suffisant, il doit aussi répondre à ces exigences.
Avec le Phone (3a) Pro, Nothing promet de répondre à cette demande. Est-ce vraiment le cas ? Réponse après un mois de test.
Ce qu’on a aimé du Nothing Phone (3a) Pro
Son design, évidemment
Qu’on le choisisse en noir ou en gris, le Phone (3a) Pro reprend les codes esthétiques qui font la renommée de Nothing. Difficile de passer à côté de ces appareils transparents et lumineux aux sonneries caractéristiques. Le design Nothing est à lui seul un argument de choix pour celles et ceux souhaitant un smartphone pas comme les autres.
Le Phone (3a) Pro reprend donc le design du (2a) Plus : sa robe transparente permet de distinguer les différents composants (ou plutôt les zones où ils sont installés) ainsi que les vis nécessaires à leur assemblage. Glyph, le système de LEDs hautement personnalisable est évidemment de la partie.
Le changement le plus visible se situe au niveau du module photo. De forme circulaire, il occupe un bon tiers de la face arrière et dépasse allègrement de la coque. Nothing s’accommode des contraintes d’espace tout en mettant en avant le nouvel appareil photo. Malin.

Un nouveau bouton Essential Key fait aussi son apparition juste en dessous de la touche d’alimentation. Il permet de déclencher plusieurs actions en lien avec la nouvelle fonctionnalité IA Essential Space (nous y reviendrons). Un clic permet de faire une capture d’écran, un double clic d’accéder à Essential Space et un appui prolongé d’enregistrer une note vocale. La position et la taille du bouton, trop proches de celui de démarrage, occasionnent des touches involontaires qui provoquent un sentiment de frustration voire d’agacement. Cela est d’autant plus déroutant que les touches de volume ont été déportées sur la tranche gauche du téléphone. Résultat : on s’y perd un peu.
Les autres ajustements sont plus discrets mais presque plus importants. Le Phone (3a) Pro est désormais constitué de verre et d’aluminium quand son prédécesseur était principalement habillé de plastique. Plus solide, il est aussi résistant à l’eau et à la poussière (IP64).
D’un point de vue purement esthétique, le Phone (3a) Pro est donc une franche réussite. Plus élégant et plus solide, il conserve ce design qui fait toute l’originalité des produits Nothing. Et ce coloris gris, quelle réussite !
Son très bel écran

Alors qu’Apple fait des économies de bout de chandelle avec l’écran de l’iPhone 16e, Nothing semble penser (à raison) que ce composant fait partie des essentiels. Le Phone (3a) Pro est donc équipé d’une dalle OLED de 6,77’’– soit 0,7’’ de plus que le Phone (2a) – de définition Full HD avec une fréquence de rafraîchissement de 120 Hz. Pas de technologie LTPO sur cette gamme de prix, mais Nothing propose tout de même une bascule automatique de 60 à 120 Hz en fonction des contenus affichés.
Le constructeur promet une luminosité moyenne de 800 nits. Un score largement dépassé dans notre laboratoire 01Lab qui enregistre 1 302 nits de luminosité moyenne avec un pic lumineux à 1 305 nits. Le Phone (3a) Pro peut donc être utilisé n’importe où, même en plein soleil, sans que les reflets ne viennent gâcher l’expérience.

Le Phone (3a) Pro se paie même le luxe d’afficher un delta E de 1,12 en mode d’affichage normal. Il jouit donc d’une fidélité des couleurs si précise qu’on pourrait le comparer à certains smartphones premium vendus deux fois plus cher.
L’écran du Phone (3a) Pro est donc une petite merveille. Son grand format, sa colorimétrie impeccable et son excellente luminosité raviront n’importe quel utilisateur, notamment les amateurs de multimédia et de jeu.
Ses bonnes performances

La puce est sans doute le composant sur lequel Nothing a fait le plus de sacrifices. Rien d’étonnant, c’est aussi le plus coûteux. Le Phone (3a) Pro est donc équipé de la Snapdragon 7s Gen 3, un SoC milieu de gamme pas extraordinaire mais qui a fait ses preuves. Il se compose d’un CPU de 8 coeurs, d’un GPU Adreno 810 (milieu de gamme) et d’un NPU Hexagon (puce IA). Le tout est associé à 12 Go de RAM.
Cette configuration permet au Phone (3a) Pro de répondre à la majorité de nos besoins. Les applications « basiques » comme les services de messagerie, réseaux sociaux ou apps de productivité (Trello, to-do, Monday etc.) tournent sans aucun accroc. Nous avons même pu retoucher quelques dizaines de photos RAW sur Lightroom et monter de courtes vidéos verticales sur CapCut. À aucun moment le Phone (3a) Pro n’a montré de signes d’essoufflements. Les 12 Go de RAM assurent en prime une parfaite gestion du multitâche, le tout sans surchauffe. Bravo !

Quel est alors l’intérêt d’une puce premium si un composant milieu de gamme permet de répondre à nos besoins ? D’abord, pour les temps de traitement. Si nous avons pu retoucher quelques photos et monter quelques vidéos, les délais des opérations étaient supérieurs à ceux auxquels nous sommes habitués avec nos smartphones ultra-premium.
La différence de puissance s’observe aussi en jeu. Bien qu’il soit capable de faire tourner les dernières licences en vogue (un mode jeu optimise en plus l’expérience), le Phone (3a) Pro ne permet pas de jouer avec tous les curseurs poussés à fond. Les utilisateurs devront choisir entre une qualité graphique supérieure ou une grande fluidité des animations. Un moindre mal pour un appareil vendu moins de 500 euros.
Enfin, l’utilisation d’une puce milieu de gamme limite les capacités de l’intelligence artificielle. Les fonctionnalités proposées par le Phone (3a) Pro sont réduites aux outils basiques de Google Gemini ainsi qu’un nouvel outil de productivité (voir plus bas). En revanche, les fonctionnalités cross-app comme celles déployées par Samsung sur ses Galaxy S25 sont logiquement absentes.
Son logiciel vraiment à part

Reconnu pour le design de ses produits, Nothing s’est aussi fait un nom grâce à son approche logicielle. Celui qui se voit comme « l’Apple d’Android » propose une interface unique en son genre.
Minimaliste et légère, la surcouche Nothing OS 3.1 (avec Android 15) se distingue surtout par sa charte graphique. Nothing reprend les codes esthétiques de ses appareils avec des effets de transparence, des icônes stylisées avec une dominante de noir et de blanc.
Par défaut, plusieurs widgets conçus par la marque sont pré-installés sur la page d’accueil : l’horloge, la météo, le mode « Ne pas déranger » et le temps d’écran. Tous peuvent bien sûr être retirés en un clic. Pas question de proposer des dizaines de bloatwares : chez Nothing, le mieux est l’ennemi du bien. Les ingénieurs ont donc opté pour une version pure d’Android (que l’on peut d’ailleurs retrouver si l’on désactive l’interface Nothing OS) avec quelques légers ajustements afin de proposer davantage d’options de personnalisation.
Nothing OS, c’est aussi l’interface Glyph. Cette fonctionnalité permet de personnaliser les signaux lumineux au dos du téléphone ainsi que les sons qu’il émet lorsque l’on reçoit un appel, un message ou une notification. Les nombreuses options permettent de pousser la personnalisation à un niveau très avancé.

Nothing ne peut s’empêcher de tomber dans les fonctions gadget comme le compositeur de sonnerie. Autre exemple : Glyph Progress permet quant à elle de recevoir des alertes lumineuses différentes selon les applications utilisées. On peut suivre en temps réel le parcours d’un chauffeur Uber grâce à une barre lumineuse au dos du téléphone. Pas vraiment utile donc indispensable.
Enfin, soulignons que Nothing assure trois ans de mises à jour logicielles ainsi que six ans de mises à jour de sécurité. C’est très peu en 2025 mais Nothing s’en défend : un porte-parole nous a expliqué que les marques promettant sept années de mises à jour sur des appareils vendus moins de 500 euros avançaient surtout un argument marketing. Dans les faits, rien ne dit que les composants d’un smartphone vendu à ce prix ne seront pas obsolètes avant ces sept années. « Fair enough ».
Essential Space : et l’IA est (un peu) là
Tout constructeur de smartphone digne de ce nom se doit de proposer de l’intelligence artificielle en 2025 (sauf Apple, mais c’est une autre histoire). En attendant le Phone (3) – qui devrait intégrer de l’IA partout – Nothing donne un aperçu de son savoir-faire avec Essential Space (le voilà enfin).
Ce portail – auquel on accède par une double pression sur le bouton Essential Key – est une sorte de fourre-tout où l’on stocke toutes les idées qui nous traversent l’esprit dans une journée. Essential Space peut accueillir des captures d’écran, des notes vocales ou des photos. L’IA analyse ces contenus, les transforme en texte, crée des listes de tâches et donne des conseils en fonction des informations stockées. Le tout, dans une interface minimaliste construite autour de petites briques aux coins arrondis comme celles que l’on peut trouver dans Google Keep.
L’ensemble fonctionne assez bien même si les fonctionnalités restent pour le moment limitées. En dehors d’Essential Space et d’un outil de création de fonds d’écran, on ne trouve aucune autre trace d’IA : pas de fonctions de retouche photo, de mise en page, de traduction ou de traitement de texte. Les porte-parole de Nothing nous ont assuré qu’ils travaillaient à introduire de nouveaux outils dans les mois à venir avec un grand bon en avant au moment de la sortie du Phone (3). On attend donc tout cela de pied ferme en espérant que Nothing tienne ses promesses, elle.
Son appareil photo amélioré

En dehors du Pixel 8a, rares sont les smartphones à moins de 500 euros à exceller en photographie. L’année dernière, Nothing avait dû composer avec des équipes réduites pour concevoir l’appareil photo du Phone (2a). Depuis, le staff s’est étoffé, aussi Nothing promet d’avoir amélioré sa copie, en commençant par l’ajout d’un téléobjectif 3x sur la version Pro. Ainsi, le Phone (3a) Pro s’appuie sur la configuration suivante :
- un module principal composé d’un objectif grand-angle stabilisé (f/2,55) équivalent 24 mm et d’un capteur de 50 MP (1/1,56’’)
- un ultra grand-angle équivalent 15 mm associé à un capteur de 8 MP (1/4’’)
- un téléobjectif équivalent 70 mm (zoom optique 3x, zoom sans perte 6x) avec un capteur Sony de 50 MP (1/1,95’’) et stabilisation optique
- la caméra frontale est composée d’un objectif équivalent 24 mm avec un capteur de 50 MP (1/2,76’’)
La principale nouveauté du Phone (3a) Pro est donc son téléobjectif capable d’aller jusqu’à un zoom optique 3x et un zoom 6x sans perte de qualité. Ce module supplémentaire est évidemment bienvenu puisqu’il permet une plus grande amplitude. Surtout, le rendu se révèle très convaincant : les couleurs sont naturelles, les détails bien conservées jusqu’au zoom 6x. Au-delà, l’IA peine à compenser la perte de détails, notamment dans des environnements complexes (avec beaucoup d’arbres par exemple).
Le module principal, lui, est très bon dans des environnements suffisamment lumineux. Avec un peu d’application, on peut même capturer des photos en basse lumière tout à fait convenables. Seul l’ultra grand-angle est à la peine. De jour comme de nuit, il dénote des autres modules. En cause, une perte de détails importante ainsi qu’une distorsion trop flagrante. On ne peut pas vraiment s’en étonner, Nothing ayant fait le choix de troquer son capteur de 50 MP contre un capteur de 8 MP. Certes, les mégapixels ne font pas tout, mais ils participent tout de même au résultat final.
Sans briller, le mode portrait se révèle suffisamment précis pour s’en satisfaire. Le bokeh naturel rattrape bien les quelques imprécisions de détourage dans certaines situations. Enfin, grâce à son capteur de 50 MP, la caméra avant produit d’excellents selfies. Les plus narcissico-connectés apprécieront.
Le Phone (3a) Pro est aussi capable de filmer en 4K à 60 im/s. Les vidéos réalisées se révèlent très correctes, bien assez pour être partagées sur les réseaux sociaux.

Sans jamais atteindre les références de sa catégorie (Pixel 8a, Galaxy A56), le Phone (3a) Pro s’en tire plutôt bien en photographie et vidéo. Les équipes de Nothing ont opéré suffisamment de changements pour que l’on constate de nettes progrès par rapport à la génération précédente. On n’achètera pas le Phone (3a) Pro pour profiter de la meilleure expérience photo, mais on n’en sera pas déçu pour autant.
Ce qu’on a moins aimé du Nothing Phone (3a) Pro
Son autonomie moyenne

Le Phone (3a) Pro embarque une batterie lithium-ion de 5 000 mAh. Cette capacité pouvait sembler généreuse avant l’avènement des batteries silicium-carbone, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par exemple, un Honor Magic 7 Lite est équipé d’une batterie 6 600 mAh.
L’autonomie n’étant pas qu’une affaire de taille, nous attendions tout de même d’étudier le travail d’optimisation des ingénieurs. Hélas, ils ne font pas de miracle, aussi l’autonomie du Phone (3a) Pro se révèle correcte, sans plus.
Comptez une charge quotidienne en utilisation polyvalente (réseaux sociaux, Youtube, moins d’une heure de jeu, messages, appels et un peu de photo) voire toutes les 36 heures si vous n’avez pas les yeux rivés sur votre téléphone toute la journée.
Sa charge pas si rapide

Comme tous les constructeurs, Nothing ne fournit plus de chargeur (il ne l’a jamais fait de toute façon). Le Phone (3a) Pro est compatible avec une charge filaire (jusqu’à 50W) que Nothing qualifie de « rapide ». En réalité, les performances de charge se révèle très moyennes. Il faut un peu plus de 10 minutes au Phone (3a) Pro pour atteindre 20% et environ 30 minutes pour se charger à 50%. Une charge complète dure plus d’une heure.
Certes, Nothing fait mieux que les cancres Samsung et Apple, mais il est loin des performances de Xiaomi. Le Redmi Note 14 Pro+, pour ne citer que lui, se recharge à 100% en à peine 30 minutes.
Last but not least, le Phone (3a) Pro n’est pas compatible avec la charge par induction. Difficile de lui en tenir rigueur pour son prix même si certains constructeurs la proposent sur des modèles vendus moins chers (coucou Google Pixel 8a).
Notre avis sur le Nothing Phone (3a) Pro
Le Phone (3a) Pro incarne en quelque sorte l’iPhone 16e que les fans d’Apple attendaient, à la sauce Nothing. Pour 479 euros, le Phone (3a) Pro arbore un design original aux finitions exemplaires ainsi qu’un magnifique écran OLED. Son interface unique en son genre figure sans doute parmi les plus agréables à utiliser. L’ajout des premières fonctionnalités IA avec Essential Space est aussi bienvenue. Enfin, les améliorations de l’appareil photo lui permettent de tenir la comparaison avec la plupart de ses concurrents (à l’exception du Pixel 8a et du Galaxy A56).
Les plus tatillons lui reprocheront peut-être des performances et une autonomie moyenne. L’absence de recharge sans fil et la charge rapide pas vraiment rapide pourront aussi en faire tiquer certains.
À notre humble avis, on s’accommode volontiers de ces tous petits défauts lorsque l’on observe attentivement le tarif du Phone (3a) Pro. Vendu 479 euros, il est sans aucun doute le smartphone de 2025 le plus complet de sa catégorie. Avec un petit truc en plus.
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