Qu’est-ce qui fait un bon smartphone grand public ? Selon un rapport de l’INSEE de juin 2023, le prix est le premier critère d’achat. En lançant son Phone (2a) à 350 euros, Nothing part donc sur de bonnes bases, le budget moyen alloué à l’achat d’un smartphone s’établissant à 450 euros (chiffres GfK de novembre 2023).
Si ses modèles premium ont rencontré un succès critique, les ventes sont insuffisantes pour s’imposer comme un acteur majeur de la téléphonie. Ce positionnement tarifaire est donc un virage à 180° degrés pour l’entreprise londonienne créée par les anciens de OnePlus.
Nothing survit pour l’instant à coups de levées de fonds. Mais comme toute entreprise, elle devra rendre des comptes tôt ou tard à ses investisseurs. Le Phone (2a) est donc là pour les rassurer mais aussi inscrire la marque dans l’esprit du grand public.
Nothing a mis le paquet sur sa communication, avec une science du teasing qu’on lui connaît, pour le meilleur et pour le pire. Son ambition est énorme : Nothing voit ses smartphones comme les iPhone d’Android. Un pari fou ? Pas tant que cela si l’on en croit l’expérience proposée par le Phone (2a).
Prix et disponibilité du Nothing Phone 2a

Le Nothing Phone (2a) est vendu depuis le 6 mars 2024 au prix de 349 euros avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Un modèle avec 12 Go de RAM et 256 Go de stockage est aussi disponible au tarif de 399 euros. Le Nothing Phone (2a) se décline en noir ou en blanc.
Symbole de ses ambitions commerciales, la jeune pousse entre dans les offres de Free, son tout nouveau partenaire. Le smartphone est aussi disponible chez les partenaires historiques de Nothing (Boulanger, Fnac-Darty, LDLC et Bouygues Telecom) ainsi que sur son site officiel.
Grâce à ce positionnement agressif et une proposition (nous allons le voir) alléchante, Nothing pourrait enfin rencontrer le grand public, trois ans seulement après sa naissance.
Le design avant tout
Chez Nothing, la Tech est avant tout affaire de design. Sur un marché où tous les modèles se ressemblent, le constructeur londonien se montre audacieux avec un design tout en transparence.
Le Phone (2a) reprend donc le design des modèles premium avec, toutefois, une coque en plastique à la place du verre. Visuellement, on n’y voit que du feu. En mains c’est une tout autre affaire. Si la préhension est bonne, l’extrême légèreté de l’appareil et la sensation de plastique ne font pas illusion. On utilise bien un smartphone milieu de gamme.
Cela n’enlève rien à la qualité de fabrication du Phone (2a). D’autant que Nothing a soigné ses lignes et poussé l’originalité à l’extrême. Ainsi, les deux optiques de l’appareil photo positionnées au centre représentent deux yeux. Elles sont entourées d’un cercle renfermant la bobine NFC et d’autres pièces maîtresses du téléphone. Nothing compare cette partie au cerveau du téléphone.
En dessous, les formes géométriques apportent un déséquilibre à l’ensemble. C’est ici que se trouvent la batterie, les autres composants et les circuits imprimés flexibles. Cette partie a été inspirée du plan de métro de New York de Massimo Vignelli. L’ensemble représente un petit bonhomme diablement sympathique.
À l’avant, Nothing opte pour un écran plat avec des contours noirs très fins. La caméra frontale est positionnée dans un petit poinçon, au centre. Simple et efficace.
Le constructeur a en plus porté une attention particulière à son empreinte carbone. Le Phone (2a) est ainsi constitué de matériaux récupérés de la production des écouteurs Ear(2). Le cadre central est fait à 100% d’aluminium recyclé, 7 circuits imprimés sont soudés avec de l’étain recyclé, la carte de circuit imprimé principale est recouverte d’une feuille de cuivre 100% recyclée. Enfin, plus de 50% des pièces en plastique proviennent de sources écoresponsables et le packaging est composé uniquement de fibres recyclées.
Toutes ces optimisations permettent à Nothing à réduire son empreinte carbone à 52 kg de CO2 par téléphone produit. À titre de comparaison, Apple évalue l’empreinte carbone de ses derniers iPhone à 50 à 76 kg de CO2 selon les modèles.
Très bel écran

AMOLED, 120 Hz, Full HD+. Les caractéristiques de l’écran du Nothing Phone (2a) flirtent avec celles d’un modèle premium. Nothing ne fait aucun sacrifice sur l’affichage et propose donc une dalle d’une qualité remarquable pour un modèle à ce prix.
AMOLED oblige, les contrastes sont infinis. La fréquence de rafraîchissement de 120 Hz permet quant à elle de naviguer et jouer avec une grande fluidité. Pour des raisons évidentes de coût, Nothing n’opte pas pour une dalle LTPO (qui permet de faire varier la fréquence de 1 à 120 Hz) mais cela n’a finalement pas d’incidence, l’autonomie du Phone (2a) étant excellente (nous y reviendrons).
L’écran de 6,7’’ se distingue aussi par sa très bonne luminosité. Si elle n’égale pas les chiffres records des modèles premium (logique), elle dépasse les 1 000 nits en mode adaptatif (un peu moins que les 1 300 nits annoncés par la marque), ce qui permet une utilisation dans les environnements très lumineux (en plein soleil par exemple).
L’écran du Nothing Phone (2a) est donc une franche réussite.
Bonnes performances

Alors que ses modèles premium s’appuient sur des puces Qualcomm, le Phone (2a) embarque une puce Mediatek. En changeant de crèmerie, Nothing peut s’offrir une puce plus puissante, gravée en 4 nm, pour un prix plus abordable que chez son partenaire américain.
Le Phone (2a) est donc équipée de la Dimensity 7200, dans une version Pro (déjà utilisée dans le Redmi Note 13 Pro+) entièrement personnalisée. Associé à 8 ou 12 Go de RAM, ce processeur fait des merveilles. D’abord dans les résultats de benchmarks, tout bonnement ébouriffants pour un modèle à ce prix. Ensuite, dans les usages du quotidien.
Le Nothing Phone (2a) a répondu à toutes nos exigences sans jamais présenter de signes d’essoufflement. Cela vaut pour les applications du quotidien mais aussi pour les usages plus spécifiques comme la retouche photo ou le jeu. Dans toutes les situations, le Phone (2a) s’est montré à la hauteur de nos attentes.
Soulignons au passage l’excellente gestion de la chaleur. En associant une couche de graphite (0,11 mm) à sa grande chambre à vapeur (3 200 mm2), Nothing parvient à conserver un haut niveau de performances sans jamais faire monter le mercure. Impressionnant.
Autonomie confortable

Le Nothing Phone (2a) embarque une batterie généreuse de 5 000 mAh. Grâce à l’utilisation d’une puce moins performante et à l’optimisation logicielle, il atteint des records d’autonomie. Selon les chiffres du 01Lab, il faut 24h16 d’utilisation polyvalente pour en venir à bout, soit la huitième position du classement toutes gammes confondues. Il est, de loin, le smartphone à moins de 500 euros le plus endurant.
Concrètement, on peut utiliser le Nothing Phone (2a) une journée et demie à deux jours en utilisation standard et une journée en utilisation intensive. Une autonomie très confortable que l’on ne trouve habituellement que dans les modèles premium, à quelques exceptions près.

Le Nothing Phone (2a) est livré sans chargeur (une économie que l’on pardonne plus facilement sur un modèle à 350 euros) mais supporte une puissance de 45 W. Avec un chargeur tiers de ce calibre, on atteint 100% en une bonne heure de recharge, les 50% en un peu moins de 30 minutes. Pas exceptionnel mais plutôt pas mal, surtout pour un modèle à ce prix. En revanche, la recharge sans fil est aux abonnés absents. Il faut savoir faire des sacrifices.
L’iPhone d’Android

Le Nothing Phone (2a) tourne sous Android 14 avec Nothing OS, ici dans sa version 2.5. Cette surcouche est avant tout une refonte graphique complète d’Android. Nothing reprend une version stock du logiciel et y associe son savoir-faire en matière d’UX. La marque n’a jamais caché sa volonté de proposer l’iPhone d’Android grâce à cette interface. Objectif atteint.
Nothing OS s’impose incontestablement comme la meilleure version d’Android qui soit. Sans artifices mais avec beaucoup de talent et d’élégance, les designers ont créé une interface aussi intuitive et fluide qu’iOS.
En résulte un logiciel facile à utiliser, clair et hautement personnalisable. Il est possible par exemple d’agencer ses icônes dans différentes tailles ou d’ajouter des widgets adoptant la charte graphique Nothing.

Surtout, Nothing associe une nouvelle fois le logiciel au matériel grâce à l’interface Glyph. Au dos du téléphone, trois LED s’allument selon des scénarios pré-établis. Les LED clignotent d’une certaine façon lorsque vous recevez un appel, d’une autre lorsqu’il s’agit d’un message, encore d’une autre si ce contact fait partie de vos favoris.
Glyph peut s’associer à six usages différents : l’appareil photo (les LED clignotent avec le minuteur), la musique (une LED clignote sur le rythme d’une chanson), les notifications, les sonneries, le volume (la LED supérieure gauche se remplit selon le niveau sonore) et le minuteur (une LED clignote chaque seconde jusqu’à son terme).
Comme pour les modèles précédents, l’idée de Nothing ici est de rester connecté sans être envahi par les multiples sollicitations quotidiennes de notre smartphone. Cela pourrait sembler gadget, mais ça marche !
Enfin, Nothing promet trois années de mises à jour majeures et quatre ans de mises à jour de sécurité.
Appareil photo correct

Alors que ses concurrents ont tendance à jouer la carte de la surenchère, Nothing intègre seulement deux optiques à son Phone (2a). Mais pas n’importe lesquelles puisqu’il s’agit des mêmes modules que le Phone 2, son modèle le plus haut de gamme. On retrouve donc :
- un objectif grand-angle (f/1,88) équivalent 24 mm ; capteur Sony IMX890 de 50 MP (1/1,56’’ ; photosite 1 um) ; stabilisation optique et numérique
- un objectif ultra grand-angle (f/2,2) ; capteur Samsung JN1 de 50 MP (1/2,76’’) ; champ de vision 114° ; stabilisation numérique
- à l’avant, un capteur de 32 MP (1/2,74’’ – f/2,2)
Pour optimiser la qualité des photos, Nothing s’appuie sur TrueLens Engine, des algorithmes avancés de traitement de l’image.
Sans atteindre le niveau d’un Galaxy A54 ou d’un Pixel 7a, le Phone (2a) se révèle plutôt correct. Le module principal permet d’obtenir de très bons résultats dans des conditions de lumière favorables (en extérieur, le jour par exemple). L’homogénéité des couleurs avec l’ultra grand-angle est aussi très appréciable.
L’absence de téléobjectif limite les possibilités à longue distance. Au delà du zoom 2x, difficile d’obtenir des résultats sans perte de qualité. En zoom 10x (maximum proposé), les images ressemblent davantage à une bouillie de pixels qu’à une photo digne de ce nom.
En basse lumière, les photos perdent en détails et du bruit numérique s’invite à la fête. Rien de dramatique, le mode nuit permettant de sortir des clichés convaincants. Reste que les résultats sont trop aléatoires pour faire du Phone (2a) une référence de la photographie sur smartphone.
Son principal défaut est sans aucune doute son déclencheur, beaucoup trop lent, donc handicapant dans certaines situations. Nothing a beau mettre en avant son algorithme Motion Capture (censé capturer les sujets en mouvement), le compte n’y est pas.
Le Phone (2a) est tout aussi irrégulier en mode portrait. Les photos sont tantôt impressionnantes, tantôt complètement ratées avec des lumières cramées en arrière-plan par exemple. La caméra frontale souffre des mêmes défauts en mode portrait. En revanche, les selfies sont très réussis. Attention tout de même aux selfies en intérieur qui tirent sur le vert.
Enfin, le Nothing Phone (2a) peut filmer jusqu’en 4K à 30 im/s. Pas extraordinaire mais amplement suffisant dans ce segment de prix. Nothing a en plus fait des efforts pour rendre la création vidéo ludique grâce à des fonctionnalités comme le mode Action qui améliore la stabilisation.
Le Nothing Phone (2a) c’est aussi…
- une connectivité WiFi 6, bluetooth 2.3, NFR et une double SIM 5G
- des haut-parleurs stéréo de très bonne facture
- une certification IP54
- un lecteur d’empreintes avec scanner optique
- une reconnaissance faciale 2D
Notre avis sur le Nothing Phone (2a)
Malgré quelques petits défauts (pas d’IP68, pas de chargeur dans la boîte, qualité photo correcte, dos en plastique, pas de recharge sans fil), le Nothing Phone (2a) s’impose comme une nouvelle référence du marché.
En utilisant les bons ingrédients de ses modèles premium, le constructeur fait une proposition imbattable. Le Phone (2a) fait tout ce que ses concurrents sont capables de faire : il est performant, endurant, se recharge vite et dispose d’un magnifique écran.
Ajoutons à cela un design unique, la meilleure interface Android disponible à ce jour ainsi qu’un concept Glyph très agréable au quotidien. Le tout pour 350 euros. On tient déjà notre smartphone de l’année.
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