À la suite d’une histoire juridique avec Nokia au sujet de technologies brevetées, Oppo s’est retiré momentanément de certains marchés en 2023, dont la France. Un coup dur pour les fans de cette marque chinoise alors pressentie pour venir concurrencer Samsung en tête des ventes.
La chute n’aura été que de courte durée puisqu’Oppo est de retour. D’abord avec son Reno 12 lancé cet été, mais aussi avec le Find X8 Pro, son tout dernier smartphone premium, que nous avons testé.
Commercialisé à 1200 euros, peut-il faire de l’ombre à l’iPhone 16 Pro, au Pixel 9 Pro ou au Galaxy S24 Ultra ?
Prix et disponibilité du Find X8 Pro
L’Oppo Find X8 Pro est commercialisé à 1199,90 euros à partir du 13 décembre 2024 en déclinaisons « Noir Stellaire » ou « Blanc Perle ». À ce tarif, vous profiterez de 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, la seule configuration disponible.
Ce qu’on a aimé de l’Oppo Find X8 Pro
L’autonomie et la charge
Un téléphone peut être aussi puissant et efficace qu’il le souhaite, si son autonomie n’est pas au rendez-vous, tout ce que l’on obtiendra de lui c’est un écran noir. Oppo l’a très bien compris et propose dans son Find X8 Pro une batterie silicium-carbone de 5910 mAh.
C’est encore assez rare pour le préciser, cette technologie d’accumulateur offre une densité énergétique plus importante que les batteries Li-ion traditionnelles, ce qui permet de profiter de cette énorme capacité dans un smartphone de 8,25 mm d’épaisseur seulement. Une prouesse inimaginable sur ce marché il y a quelques années encore.

Concrètement, cela permet au Find X8 Pro de tenir sans problème une journée complète, voire un peu plus, y compris avec un usage gourmand. Même en faisant tourner des jeux ou en prenant de nombreuses photos pour les biens de ce test, je n’ai pas terminé une journée en dessous des 30 %. Si cela ne vous parle pas, je vous assure que c’est un excellent résultat au regard de mon usage habituel.
Quand bien même cela ne vous suffirait pas, sa charge rapide SuperVOOC 80 W promet de remplir totalement la batterie en environ une heure. Comme d’habitude, moins vous avez de jus, plus la charge est rapide. Elle est donc plus efficace quand vous en avez le plus besoin.
C’est le moment où je suis censé jouer le vieux rabat-joie en rappelant que les constructeurs de smartphones utilisent désormais l’excuse de l’écologie pour économiser un chargeur dans chaque boîte. S’il est vrai qu’il est inutile d’avoir un 23e chargeur qui dort dans un placard (à côté de vos câbles micro USB), il est regrettable de devoir payer 30 à 40 euros de plus pour acheter un bloc secteur avec une technologie de charge propriétaire (le SuperVOOC).
Car oui, avec un chargeur Power Delivery universel, vous ne pourrez atteindre qu’une vitesse de charge maximale de 55 W (soit environ 1h pour passer de 15 à 100 %)… ce qui reste toujours plus rapide qu’un Galaxy S24 Ultra (45 W), un Pixel 9 Pro XL (37 W) ou un iPhone 16 Pro (30 W). Et si vous êtes plutôt du genre à préférer la recharge sans fil, le bon socle vous permettra d’atteindre 50 W.

Des composants de qualité
La batterie n’est pas le seul composant remarquable de ce téléphone. En réalité, Oppo a choisi avec attention tous les éléments du Find X8 Pro.
L’écran Amoled par exemple, avec sa diagonale de 6,78 pouces pour une définition de 2780 x 1264 pixels (soit 450 PPP), affiche une luminosité de 1 600 nits en HBM (High Brightness Mode). Autant dire que même en plein soleil, il n’est pas difficile de lire les informations à l’écran. Quant aux amateurs et amatrices de contenus HDR, ils pourront profiter de pics locaux de luminosité pouvant monter jusqu’à 4 500 nits.

Par ailleurs, son taux de rafraîchissement de 120 Hz — adaptatif pour économiser de la batterie — permet de tirer parti de son processeur MediaTek Dimensity 9400. Pour certaines tâches, ce dernier devrait être capable de tenir tête au Snapdragon 8 Elite que l’on trouvera dans les smartphones les plus puissants de 2025 (dont le futur Galaxy S25 Ultra). Si ses performances brutes sont en deçà de son concurrent américain, la puce du Find X8 Pro permet de faire tourner les jeux les plus gourmands d’Android (Genshin Impact par exemple) avec les graphismes au maximum. Cerise sur le gâteau : même des sessions de jeu un peu longues ne font pas exploser la température du téléphone, signe d’une puissance parfaitement maîtrisée.
Une partie logicielle (quasi) complète
Si nous apprécions toujours du matériel haut de gamme, il faut bien avouer qu’en 2024, la grande majorité des besoins (hors photo) sont déjà couverts par les téléphones de milieu, voire d’entrée de gamme. La partie logicielle joue donc un rôle essentiel dans l’expérience avec le produit et s’avère au moins aussi importante pour en profiter pleinement. Sur ce point, il est difficile de prendre le Find X8 Pro en défaut !
Le dernier-né d’Oppo embarque nativement Android 15, la dernière mouture de l’OS de Google, avec ColorOS 15, l’interface maison de la marque. Précisons par ailleurs que le suivi a été étendu à cinq ans pour les mises à jour majeures (jusqu’à Android 20 donc) et six ans pour les mises à jour de sécurité. C’est moins que les sept ans d’Apple, Google ou Samsung, mais cela reste très convenable au regard du cycle de renouvellement de nos mobiles (environ 36 mois à l’heure où nous écrivons ces lignes).

On pourrait décrire ColorOS en le qualifiant de mélange entre l’Android de Google, feu OxygenOS de OnePlus (une marque du même groupe qu’Oppo) et iOS. Ainsi, certaines animations et fonctions sont héritées des vieux smartphones de OnePlus, le panneau des paramètres rapides ressemble au centre de contrôle de l’iPhone et on y retrouve des fonctions d’IA made by Google et Microsoft/OpenAI (nous y reviendrons). L’expérience est fluide, les animations léchées et, surtout, la personnalisation est au rendez-vous.
Mention spéciale pour le geste qui permet d’un glissement de doigt d’avoir accès à toutes les applications d’un écran d’accueil à portée pour éviter d’utiliser sa deuxième main. Dommage qu’il faille souvent s’y reprendre à plusieurs fois pour qu’il fonctionne correctement, car trop proche des autres mouvements de navigation.
La question de l’IA générative est désormais incontournable et Oppo ne fait pas exception. On retrouve donc Gemini et les fonctions comme Circle to Search de Google (et mis en avant sur les Galaxy S25), des outils que je trouve à titre personnel indispensables depuis que j’y ai goûté. Malheureusement, les fonctions textuelles comme les réponses générées par IA sont encore indisponibles en français. Oppo assure que c’est une langue prioritaire qui devrait prochainement arriver, mais c’était déjà le discours tenu au lancement du Reno 12 cet été. On croise les doigts, c’est un peu frustrant aujourd’hui de voir des icônes renvoyant à des usages qui ne sont pas encore réellement fonctionnels.
L’IA liée à la modification d’image en revanche est bien présente et peut par exemple supprimer des reflets sur une vitre avec plus ou moins de succès. C’est réussi dans la plupart des cas, mais il arrive qu’un visage vaporeux reste présent dans un coin, pouvant donner un côté lugubre à une photo.
Pour ce qui est de l’anti-flou en revanche, l’algorithme se montre bien moins probant. La différence n’est pas flagrante et il ne faudra certainement pas compter sur ce tour de passe-passe pour sauver une photo ratée.
La photo de jour
Côté photo, on peut difficilement passer à côté de l’énorme module circulaire au dos du téléphone (un peu trop gros à mon goût, j’aurais apprécié que mon index ne tombe pas naturellement sur l’objectif principal). Cela lui permet d’afficher une solide configuration à quatre objectifs, tous adossés à un capteur de 50 Mpx :
- Un objectif principal (23 mm) ;
- Un ultra grand-angle (15 mm) ;
- Un téléobjectif périscopique x3 (73 mm) ;
- Un téléobjectif périscopique x6 (135 mm).
Petit point technique : il est important de préciser que les capteurs utilisés ici sont légèrement plus petits que chez la concurrence, ce qui réduit d’autant la quantité de lumière absorbée, et augmente donc les risques d’obtenir un cliché de moins bonne qualité. Heureusement, les algorithmes de traitements de nos smartphones modernes viennent rattraper cela !

Mais qu’en est-il de la qualité finale de l’Oppo Find X8 Pro justement ? Eh bien, ce n’est pas parfait, mais le résultat est bon lorsque les conditions lumineuses sont au rendez-vous, et ce sur toutes les focales, ce qui est plutôt rare. De plus, on ne peut que saluer l’uniformité de la colorimétrie entre les différents capteurs.
Les couleurs sont bien plus chaudes qu’au naturel et les plus tatillons remarqueront que les coins peuvent présenter un peu de bruit ou une perte de piqué, mais le résultat est bien équilibré et le sujet correctement mis en valeur. Le passage automatique en mode macro donne aussi de bons résultats, bien que les contours ne soient pas toujours parfaitement nets… on l’en excusera.


Ce qu’on a moins aimé
Les petits détails
Le Find X8 Pro a beau avoir de nombreuses qualités, l’adage dit bien que le diable se cache dans les détails. J’ai déjà évoqué l’absence du chargeur dans la boîte ou certaines fonctions d’IA absentes, mais il y en a d’autres, à commencer par certains éléments de design. Les boutons par exemple, sont vraiment trop hauts, alors que le capteur d’empreinte se situe très bas sur l’écran. Cela oblige à régulièrement modifier la prise du téléphone pour parfaitement l’utiliser et constamment tendre les doigts pour atteindre chaque élément. Oui, on s’y fait, mais c’est un détail qui entache l’expérience.

Autre point frustrant sur un smartphone à 1 200 euros : les très nombreuses applications pré-installées. Passent encore les outils (prise de notes, télécommande infrarouge, gestionnaire de fichiers, lecteur audio et vidéo…), mais il faut aussi désinstaller Facebook, Netflix, Amazon Music, Temu ou Booking si vous n’en voulez pas. On trouve également deux navigateurs internet de base, deux galeries photo, un marché d’applications qui ajoute plusieurs icônes dans le tiroir (App Market, Hot Apps et Hot Games)… autant de petits détails auxquels on peut facilement s’accommoder sur un appareil à petit prix, mais plus difficilement sur le segment premium.
Le bouton dédié à la photo
Marchant dans les traces de l’iPhone 16, l’Oppo Find X8 Pro possède sur sa tranche droite un bouton sensitif dédié à l’appareil photo. Deux clics lancent l’application consacrée, un clic capture l’instant présent et un glissement permet de zoomer. Tout comme chez Apple, ce bouton n’est vraiment pas naturel. Plus encore puisqu’il est mal positionné et même difficile d’accès pour les personnes avec de petits doigts.

Le fait qu’il soit un peu trop haut et ne se sente pas sous le doigt est un autre problème. Le fait qu’il soit très sensible est un problème pour zoomer correctement. Le fait qu’il soit trop peu sensible au clic est un problème pour prendre une photo sans faire bouger le téléphone, et donc risquer une photo floue. Vous l’aurez compris, ce bouton censé rendre la prise de photos plus simple s’avère en réalité plus contraignant qu’autre chose. On a vite fait de revenir aux contrôles sur l’écran tactile, plus précis et plus rapides.
La photo de nuit trop inégale
Le principal problème du Find X8 Pro reste, selon moi, la photo de nuit, trop aléatoire pour atteindre le niveau de ses concurrents. Autant certaines photos sont réussies, autant on obtient de nombreux clichés flous, trop sombres ou au contraste hasardeux.
Que ce soit le mouvement qui n’est pas figé correctement, l’exposition trop sombre ou le contraste trop prononcé, je me suis retrouvé régulièrement avec une photo décevante. Certes, la colorimétrie est généralement bien gérée, créant ainsi un rendu réaliste contrairement à certains concurrents qui saturent artificiellement les teintes pour une impression « plein jour ». Mais le piqué ne répond pas à l’appel et j’ai noté des textures qui bavent sur bon nombre de mes photos, même sur les scènes statiques.
Est-ce le cas sur toutes les photos ? Non. Est-ce le cas sur assez de photos pour trouver cela problématique ? Oui, surtout dans cette gamme de prix. Peut-on dire que l’appareil photo du Find X8 Pro est mauvais pour autant ? Non, il a d’autres cordes à son arc, mais il faut bien garder cette limitation en tête si vous aimez prendre des photos de votre animal de compagnie ou de votre enfant dans des conditions lumineuses qui ne sont pas toujours optimales.
Ces conditions difficiles peuvent également perturber le mode portrait. Une image valant mille mots, voici un exemple concret de ce que cela signifie (regardez la partie gauche de la photo) :

Cela est d’autant plus regrettable que le découpage est extrêmement qualitatif, au point de détourer parfaitement chaque cheveu individuellement.
Notre avis sur le Find X8 Pro
Après quelques années d’absences en France, le retour d’Oppo est plutôt en demi-teinte. On a certes un téléphone de qualité entre les mains, avec de beaux atouts, mais il montre encore des faiblesses qui lui donnent un aspect brouillon.
L’IA incomplète, les boutons mal placés, les applications pré-installées trop nombreuses… les petites frustrations sont nombreuses. On pourrait aisément passer outre si la photo de nuit était à la hauteur de son prix, et donc de ses concurrents, mais ce n’est pas le cas.
Pour autant, le Find X8 Pro présente un avantage qu’il est impossible de lui enlever : son autonomie et sa charge rapide. Sur ce point, il est incontestablement rassurant. Rien que pour cela, il mérite que l’on s’intéresse à lui, parce qu’il répondra aux besoins de celles et ceux qui ne lâchent jamais leur téléphone et ne souhaitent surtout pas devoir se rapprocher d’une prise de courant vers 18h. On peut bien faire quelques concessions pour avoir un téléphone qui ne s’éteint jamais… non ?
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