Moins en vue médiatiquement en ce début d’année, certainement pour ne pas trop faire d’ombre à la nouvelle gamme Redmi Note, Poco, filiale de Xiaomi, a pourtant officialisé trois nouveaux smartphones courant janvier. Le X6 5G, à partir 229 euros, qui mise sur son prix riquiqui, le X6 Pro 5G, à partir de 289 euros, mieux loti pour un usage multimédia et notre larron du jour, le X6 Pro 5G.
Bien que ce dernier soit le plus cher de la bande, il est aussi le plus puissant. Avec lui, Poco souhaite offrir aux gamers de tous bords une expérience de jeu sans concession, le tout sans avoir à lorgner sur un onéreux smartphone possédant une Snapdragon 8 Gen 2 ou Gen 3.
Pour autant, il ne faudrait pas que Poco ait mis tous ses œufs dans le même panier. Autrement dit, soigner la partie gaming, mais délaisser le reste. Est-ce le cas ? Après plus d’un mois en sa compagnie, voici notre avis.
Prix et disponibilité du Poco X6 Pro
Disponible en gris, noir et jaune, le Poco X6 Pro se décline en deux versions.
Le modèle 8/256 Go se facture 349 euros, tandis que la version 12/512 Go, notre modèle de test, affiche un prix de 419 euros. Comme à son habitude, Poco fournit dans la boîte un chargeur, un câble USB-A vers USB-C et une coque de protection en silicone.
Une puissance jamais vue pour ce prix
Une fois n’est pas coutume, commençons par étudier les entrailles du X6 Pro, soit son arme de séduction massive. Contrairement à son prédécesseur, qui flottait sous pavillon américain avec un SoC Snapdragon 778G, notre modèle du jour a mis cette année le cap vers MediaTek.
Ainsi, le X6 Pro embarque une puce, encore inconnue dans nos contrées, la Dimensity 8300 Ultra. Annoncé en fin d’année dernière, ce processeur se fait encore rare sur le marché. Selon nos recherches, et à l’heure où nous écrivons ces lignes, seul le récent Xiaomi Redmi K70E, un modèle réservé au marché chinois, en est aussi équipé.

Gravé en 4 nm, ce SoC possède une architecture assez rare, avec notamment un de ses huit cœurs cadencés à 3,35 GHz, et un GPU inédit, le Mali-G615 MC6. Bien que nous n’ayons pas pour habitude de vous assommer de benchmarks, nous allons ici exceptionnellement le faire.

Pour la simple et bonne raison que les résultats sont décoiffants. Selon nos mesures, le Poco X6 Pro se hisse au-dessus du Snapdragon 8+ Gen 1. Et ce n’est pas tout. Il vient tout juste talonner, notamment en rendu 3D, le Snapdragon 8 Gen 2, soit le SoC qui équipait la grande majorité des smartphones haut de gamme de l’année dernière. Dans sa propre catégorie, c’est une véritable raclée.
Toujours selon nos calculs, le Poco X6 Pro est pratiquement deux fois plus puissant que le Samsung Galaxy A54. Et il se paye même le luxe de faire la même chose avec de nombreux smartphones récents comme le Honor Magic 6 Lite. Ci-dessous, les résultats de benchmarks du Xiaomi Redmi Note 13 Pro 5G (8/256 Go qui se facture 399 euros. Ils sont sans appel, notamment sur le test « Extreme Stress » du benchmark 3DMark…

Dans les faits, vous ne souffrirez d’aucun problème avec des applications et des jeux gourmands. Pour ces derniers, il sera possible de jouer en 60 FPS avec les curseurs graphiques poussés à fond. L’expérience est fluide, les textures sont superbes et la chauffe est extrêmement bien maîtrisée. Même après une heure de jeu, la chaleur reste pratiquement imperceptible. Chapeau Poco.
Un délicieux écran OLED
Il aurait été dommage de ne pas combiner à cette puissance de feu, un écran digne de ce nom pour en profiter. Bien évidemment, Poco a ici aussi mis les bouchés doubles. Le Poco X6 Pro arbore une dalle AMOLED de 6,67 pouces d’une définition d’environ « 1,5 K », soit 1220 x 2712 pixels. Grâce à cette finesse d’affichage (480 ppp) et une surface d’écran dépassant les 90% de la face avant, l’immersion est extrêmement plaisante.

Comme l’an dernier, le taux de rafraîchissement peut se fixer à 60 ou à 120 Hz, ou alors osciller entre ces deux valeurs en fonction des activités. Côté calibration, la justesse chromatique du Poco X6 Pro ne souffre d’aucune aberration. Les couleurs peuvent paraître un peu froides par moment, mais les nombreuses options d’ajustements permettront à tout un chacun de trouver son bonheur.

Pour finir, les luminosités, moyenne et en pic, s’avèrent vraiment appréciables. Profiter de ses jeux en extérieur alors que le soleil pointe le bout de son nez ne pose aucun problème.
Le jaune lui va toujours aussi bien
Cette année encore, Poco assume son modernisme avec son modèle de couleur jaune. Petite nouveauté, le revêtement du dos se compose d’un cuir végant très agréable et qui a l’avantage de ne pas prendre les traces de doigts. Ce qui est doit être moins évident sur les deux autres modèles (noir et gris) qui se parent, de leurs côtés, toujours d’un dos en plastique.

Autre légère nouveauté, le bloc photo rectangulaire s’habille d’une finition plutôt réussie, une sorte de dégradé marbré. Bien qu’il soit un tout petit peu plus épais et plus lourd que son prédécesseur (8,3 mm pour 190 g), le Poco X6 Pro reste un smartphone maniable et l’effet texturé du dos bonifie la préhension globale.
Même si les tranches sont en plastique, la qualité de fabrication est au rendez-vous. Mention spéciale pour le bouton d’allumage jaune qui constitue le genre de petit détail qui fait mouche. De son côté, l’écran est protégé par du Corning Gorilla Glass 5 et l’ensemble du smartphone est certifié IP54. Il résistera donc à quelques éclaboussures, mais pas à une immersion.

Petit crève-cœur final, Poco tire un trait sur la prise jack, qui était pourtant présente sur les anciens modèles. Il faudra passer en Bluetooth pour profiter de ses contenus via un casque ou des écouteurs.
HyperOS, l’interface made in Xiaomi
Le Poco X6 Pro est un des premiers smartphones sous Android 14 à bénéficier de la nouvelle surcouche logicielle HyperOS. Malgré quelques nouveautés graphiques, notamment un Centre de Contrôle plus ergonomique et de nombreuses possibilités d’ajustement de l’arrière-plan, ce nouvel OS ne sera pas déstabilisant si vous avez été biberonné à l’ancienne surcouche de Xiaomi, MIUI.
Par contre, la maison mère de Poco ne change pas ses vieilles et mauvaises habitudes. Ce X6 Pro est rempli de bloatwares, environ une vingtaine, tandis que les applis maison Poco sont truffées de publicités intempestives. Veillez bien à faire le ménage dès le début.

La seule à ne pas jeter à la corbeille est l’application Game Turbo. Très utile, cet épicentre gaming offre pas mal de fonctionnalités plaisantes comme le réglage de la sensibilité tactile ou encore la possibilité de bloquer certaines applis pour optimiser les performances.
En ce qui concerne le support logiciel, Poco propose trois mises à jour majeures d’Android et quatre ans de mises à jour de sécurité. Pour un smartphone de ce prix, c’est une bonne moyenne.
Qualité photo : personne n’est parfait
Ce n’est évidemment pas son argument de vente principal. Pour autant le Poco X6 Pro parvient-il à limiter la casse en matière de photo ? Oui et non. Avant d’entrer dans les détails, voici la proposition photographique du dernier rejeton de Poco :
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- un capteur principal de 64 Mpx, avec une ouverture à f/1.7 ;
- un ultra grand-angle de 8 Mpx avec une ouverture à f/2.2;
- un capteur avant de 16 Mpx avec une ouverture de f/2.4 ;
- et un anecdotique capteur macro de 2 Mpx avec une ouverture à f/2.4.
C’est certainement la plus grosse concession qu’a réalisé Poco par rapport à son précédent modèle. Le X5 Pro embarquait tout de même un capteur principal de 108 Mpx. Est-ce donc un désaveu de la part de Poco ? Pas vraiment, car le nombre de mégapixels n’est pas toujours le garant d’une photo de qualité.
Grâce à une ouverture plus grande et une nouvelle stabilisation optique d’image, le grand-angle du X6 Pro n’est pas en régression par rapport à l’an dernier. Globalement, les photos sont correctes. Quoiqu’un peu chaude, la colorimétrie n’est pas mauvaise et le niveau de détail globalement satisfaisant.



En revanche, les clichés sont trop souvent surexposés et la gestion des zones de contrastes est vraiment trop aléatoire. Cela se remarque tout de suite dans le ciel : soit il est trop neutre par temps gris, soit il devient trop artificel lorsque le soleil est présent. De plus, sur des scènes complexes, le capteur a du mal a gérer les zones d’ombres et de lumières.


De son côté, l’ultra grand-angle a vraiment du mal à nous convaincre. Ce qui est souvent le cas sur cette gamme de prix. Les photos manquent de finesse, la faute à un lissage trop présent. Certes, la colorimétrie se réajuste un peu et l’effet tunnel ne saute pas tout le temps aux yeux, mais on oscille entre le passable et le mauvais. Un capteur à utiliser pour dépanner. Même son de cloche pour le zoom numérique. En 2x, on peut s’essayer à un peu de photos urbaines sympas, au-delà l’aspect devient vite brouillon.
En portrait, le X6 Pro redresse un peu la barre. Ce n’est pas fantastique pour autant, le capteur principal insiste ici parfois trop lourdement avec l’effet bokeh. Cependant, le détourage est appréciable si l’on prend bien le temps de cadrer son sujet. Pour les selfies, il fait le job. Attention tout de même encore une fois à la surexposition.

En condition de faible luminosité, le capteur principal est plutôt correct en environnement urbain. La colorimétrie pétillante donne du caractère aux photos. Par contre, le bruit numérique s’invite pas mal sur les contours des clichés.


Comme sur de nombreux smartphone entrée de gamme, le X6 Pro propose un mode « Nuit » trop superficiel. Certes, l’image devient plus visible, mais l’ensemble perd en cohérence et en réalisme. Par exemple ci-dessous, une scène très sombre avec et sans mode « Nuit ».
Une très bonne autonomie
Sans atteindre l’excellence du Xiaomi Redmi Note 13 Pro, l’autonomie du Poco X6 Pro est vraiment appréciable. Doté d’une batterie de 5 000 mAh, le smartphone tient bien la route, même lorsqu’on le sollicite régulièrement pour jouer.
Sur un usage intensif, il a tenu sans mal toute la journée. Au moment de rejoindre les bras de Morphée, notre niveau de batterie oscillait entre 15 et 20%. Et nous ne l’avons pas ménagé avec nos 7 heures d’écran, dont 1h de gaming et 1h de streaming vidéo.
Force ici de constater que, malgré sa puissance, la Dimensity 8300 Ultra n’est pas aussi gourmande qu’une puce véloce de Qualcomm. Les jours où l’on utilise moins souvent, le X6 Pro peut largement vous accompagner pendant une bonne journée et demie.

Et si la batterie arrive à son terme, pas de panique. Grâce à son chargeur de 67 W, le Poco X6 Pro met environ 45 minutes pour passer de 0 à 100%. Et en un quart d’heure, il affichait déjà environ 40%. C’est ici encore un ton en dessous de Xiaomi, mais cela reste un score plus qu’honorable.
Notre avis sur le Poco X6 Pro
Après avoir repoussé sans cesse les limites du gaming sur le secteur entrée de gamme, Poco arrive ici à son prime. Le Poco X6 Pro est de loin le smartphone le plus puissant sous la barre des 500 euros. Stable et ne chauffant pas, il offre la meilleure expérience de jeu sur ce segment. En plus de se payer le luxe d’être plus véloce que certains modèles plus onéreux, il vient titiller certains smartphones haut de gamme de 2023. Impressionnant.
Ce n’est évidemment pas son seul atout. Son bel écran 1,5K, sa bonne autonomie, sa charge rapide, sa mise à jour logicielle dans la moyenne et son design moderne font de lui l’une des belles surprises de ce premier semestre 2024.
Son seul vrai défaut vient de sa partie photo, plus en retrait que ses concurrents directs. Le Poco X6 Pro n’est pas catastrophique, son capteur grand angle est correct (jour et nuit), mais il manque clairement de polyvalence.
Quoi qu’il en soit, si pour vous votre smartphone est un compagnon de jeu et de divertissement, le Poco X6 Pro est actuellement l’un des meilleurs rapports qualité-prix du moment. Et si son prix vient à baisser dans les mois qui arrivent, on voit bien mal qui pourrait l’empêcher de briller…
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Poco X6 Pro 5G
Dès 349 eurosOn aime
- Puissant, fluide et sans chauffe pour du gaming exigeant
- Un bel écran AMOLED à 120 Hz
- Design moderne et sans faute
- Une bonne autonomie et une charge rapide
- Un superbe rapport qualité prix
On aime moins
- Une partie photo trop moyenne
- Une interface trufée de bloatwares
- Expérience audio perfectible
- La suppression de la prise jack





