Il y a neuf ans, le 14 juin 2013, Naughty Dog sortait sans aucun doute le plus grand chef-d’œuvre de la PlayStation 3 avec The Last Of Us, leur nouveau jeu, mais également la nouvelle licence inédite du studio. Un an plus, tard, après avoir quasiment tout remporté avec leur jeu, le studio californien sortait une version remastérisée sur PS4.
Fort de son succès, la licence The Last Of Us ne va pas s’arrêter en si bon chemin. En 2020, The Last Of Us Part II vient enfoncer le clou avec un titre encore plus impactant qui va encore une fois mettre tout le monde d’accord en devenant le jeu vidéo le plus récompensé de l’histoire.
Alors que nous approchons des dix ans de la série, Naughty Dog nous propose de redécouvrir les premières aventures de Joël et Ellie dans un remake nommé The Last Of Us Part I. Un retour en force idéal pour se relancer dans ce périple en attendant la sortie de la série The Last Of Us sur HBO Max au début de l’année 2023. Mais ce remake est-il à la hauteur du chef-d’œuvre original ? On voit cela tout de suite.
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The Last Of Us, toujours aussi impactant
Qu’on se le dise, une masterclasse comme The Last Of Us reste intemporelle. Ainsi, même neuf années plus tard, après avoir terminé le titre une dizaine de fois sur PS3/PS4, l’impact est toujours le même. De l’introduction fracassante, aux moments forts de l’aventure, nous sommes encore sans voix devant le quasi-sans-faute de Naughty Dog. Au cours de ce test, nous ne reviendrons pas sur l’histoire du jeu. Dans un premier temps pour ne pas spoiler les joueurs et joueuses qui n’auraient pas eu l’opportunité de découvrir l’histoire de Joël et Ellie. Ces chanceux et chanceuses qui vont peut-être le faire pour la première fois sur PS5.
Dans un second temps, parce que nous allons nous focaliser sur la partie « remake ». Tout simplement parce que le jeu original était déjà à l’époque quasiment parfait. Avec un score MetaCritic de 95% (sur un total de 98 tests), le jeu n’a strictement plus rien à prouver à personne.

Ainsi, pour faire simple sur la partie histoire, The Last Of Us vous plongera dans un monde dévasté en 2033. Suite à une pandémie mondiale, plus de la moitié de la population a disparu. Avec ce titre, vous allez faire face à un danger, le cordyceps. Un virus qui se transmet par des spores et qui transforme les humains en infectés, puis en claqueurs. Il s’agit d’une sorte de zombie qui perd la raison à cause d’un champignon qui pousse et se développe dans leur cerveau.
Avec The Last Of Us, vous allez vous rendre compte que la plupart du temps, le danger n’est pas la menace en elle-même, mais l’humanité. Le jeu vous plonge dans un récit narratif fort et intense, avec de nombreux rebondissements qui vont clairement jouer avec vos émotions. Même neuf années plus tard, après avoir terminé un nombre incalculable de fois le jeu, ce dernier ne vous laisse toujours pas indifférent. Surtout avec le rendu incroyable de ce remake.
The Last Of Us plus beau que jamais

Entrons dans le vif du sujet. N’en déplaise à certains, The Last Of Us Part I est un véritable remake et non un portage ou un remastered. Les premiers trailers nous le faisaient comprendre, mais une fois la manette en main, le doute n’est plus possible. C’est même impressionnant de voir le gap graphique entre The Last Of Us Remastered (en 2014 sur PS4, qui était déjà très propre) et ce remake sur PS5 en 2022.
L’ensemble du jeu a été refait. Cette fois, nous ne sommes pas sur un lifting HD des textures pour une meilleure résolution. On parle vraiment d’un jeu qui a été complètement retravaillé. Les bâtiments, les décors, le modèle 3D des personnages qui est bluffants de réalisme et encore plus détaillé que The Last Of Us Part II. Mais également les décors et l’intérieur des bâtiments. Nous sommes clairement dans un remake qui n’a pas été fait à moitié.
La végétation, les effets de lumières, l’effet de la pluie, on a parfois l’impression de redécouvrir le jeu. Les environnements sont bien plus jolis, cela fourmille de petits détails. Certains passages semblent avoir été refaits de bout en bout en nous donnant l’impression de redécouvrir certaines scènes.

Mais le plus impressionnant, c’est les nouveaux modèles des personnages. Sur The Last Of Us (PS3 et PS4), les cinématiques étaient en CGI. Avec The Last Of Us Part I sur PS5, nous retrouvons le moteur graphique du jeu même dans les cinématiques. Ainsi, nous gagnons en réalismes avec des personnages plus humains que jamais. Pour faire simple, les expressions et micros-expressions du visage sont encore mieux réalisés que dans The Last Of Us Part II. Il faut vraiment vivre l’aventure pour se rendre compte à quel point ce détail à une grande importance et rajoute de l’intensité dans le jeu. Certaines scènes qui ne nous faisaient ni chauds ni froids sur PS3/PS4 nous ont réellement fait frissonner dans ce remake. Tout simplement parce que le regard et la détresse de certains protagonistes qui se savaient condamnés se ressentaient beaucoup plus. C’est bluffant et très plaisant.
Grâce à l’incroyable travail de Naughty Dog sur la modélisation des personnages, The Last Of Us gagne en intensité. Le jeu est beaucoup plus viscéral. On ressent chaque émotion, on peut les lire sur le visage des protagonistes. On peut vous assurer que cela rajoute beaucoup d’intérêt au titre.
Le remake est également plus violent que le titre original. Naughty Dog calque son gameplay sur The Last Of Us Part II et propose beaucoup plus de sang et de démembrements dans les affrontements, que ce soit au corps à corps ou avec des armes à feu.
Un gameplay en retrait

Si sur la partie graphique, il n’y a rien à dire sur The Last Of Us Part I, et c’est même plus impressionnant qu’on aurait pu l’imaginer, il y’a des choses à redire sur la partie gameplay. Car oui, il n’y a pas de grands changements par rapport au jeu original. On sent que le gameplay a été légèrement fluidifié, Joël se déplace plus facilement, on peut enchaîner certaines actions comme pour lancer des objets, puis viser et tirer sur un ennemi. Ce n’est pas du niveau de The Last Of Us Part II, mais il y’a eu une amélioration sur ce point-là.
Idem, nous retrouvons les fameux établis pour améliorer nos armes comme dans la Part.II de 2020. Naughty Dog a donc apporté quelques nouveautés dans ce remake. En revanche, on aurait aimé que cela aille un peu plus loin avec un gameplay plus modernisé. Sur cette partie, nous restons encore un peu sur notre faim.

Rappelons tout de même qu’il n’est pas possible d’avoir le même gameplay que The Last Of Us Part II puisque cela aurait demandé à Naughty Dog de revoir tout le level design du jeu, et que cela est tout simplement impossible. Les niveaux de la Part II ont été conçus et pensés pour le gameplay de cette suite. Ce qui n’est pas le cas pour le premier opus de The Last Of Us. Ainsi, il n’y aurait pas eu de grands intérêts de pouvoir ramper, si les niveaux du premier opus n’étaient pas adaptés à cette fonctionnalité.
En revanche, nous devons saluer l’effort de Naughty Dog qui a intégré toutes les options d’accessibilité de The Last Of Us Part.II dans ce remake permettant de rendre le jeu ultra accessible. Sur ce point, c’est un gros travail qui a dû demander pas mal de temps et c’est important à prendre en compte.
Les fonctionnalités de la DualSense, un petit plus appréciable

PlayStation 5 oblige, The Last Of Us Part I est totalement compatible avec les fonctionnalités de la console et de la manette DualSense. Ainsi, les temps de chargements sont considérablement réduits, même si nous avons tout de même encore quelques moments d’attente (de quelques secondes) entre les grandes parties du jeu (les changements de saisons).
L’audio 3D rajoute son petit effet sympathique, surtout dans les zones avec les claqueurs où l’on entend leur bruit au loin. Mais le petit plus, cela va être avec les retours haptiques et les gâchettes adaptatives.
Dès que vous commencez l’aventure et que vous sortez de la zone de Boston, sous l’orage, vous ressentez la vibration de ces derniers dans votre manette. Ce n’est pas encore du niveau d’Astro Bot et l’on aurait aimé que les retours haptiques soient encore plus exploités, mais c’est déjà pas mal. À plusieurs moments dans le jeu, lorsqu’il y’a des explosions ou des moments intenses, on le ressent jusque dans la manette.
Les gunfights (fusillades) gagnent en intensité avec les gâchettes adaptatives. La touche L2 va plus ou moins durcir quand vous allez viser avec différentes armes. Le mieux, cela reste les sensations de la corde de l’arc qui va se tendre. Les sensations sont bien là. Idem avec la touche R2 pour tirer avec des armes à feu. On sent le petit « clac » lorsque la balle part. C’est assez plaisant.
The Last Of Us Part I : le sujet qui fache

Venons en maintenant au principal défaut de The Last Of Us Part I : le prix. Proposé à 79,99€, The Last Of Us Part I est vendu au tarif de base sur PS5. Et oui, ce n’est pas le seul titre à faire cela. Il y a d’ailleurs des choses beaucoup plus scandaleuses dans l’industrie du jeu vidéo comme le remaster honteux de Zelda Skyward Sword sur Switch est vendu 60€ pour un simple lifting HD ou la compilation Mario 3D All Star au même prix pour avoir simplement trois jeux émulés. On peut aussi parler de Rockstar Games avec GTA V sur PS5 et Xbox Series X/S.
Ces exemples sont des jeux qui sont uniquement des remaster, qui n’ont pas reçu un dixième du travail réalisé sur The Last Of Us Part I et qui, pourtant, sont proposés au prix fort.
Malgré cela, on ne peut pas accepter que Sony opte pour cette facilité. Il n’y a aucun sens à demander une « mise à niveau » de 10€ ou gratuite tant le travail réalisé sur le jeu est remarquable. En revanche, il est difficilement acceptable de voir un remake d’un jeu qui a moins de dix ans être vendu au prix fort, sachant que cela nécessite forcément moins d’investissement qu’un nouveau titre. Il n’y a pas la partie conception, écriture, tournage de motion capture, etc… C’est ainsi dommage de voir The Last Of Us Part I arriver à 80€ sur PS5 alors qu’un prix de 39,99€ ou 49,99€ aurait été largement plus acceptable.
The Last Of Us Part I la version ultime que l’on attendait tous ?

Au final, que pouvons-nous dire de The Last Of Us Part I ? Le remake est-il nécessaire ? Car oui, le jeu original est quasiment parfait. Encore très joli à l’heure actuelle, un incroyable scénario, un gameplay très acceptable. Ainsi, ce remake est-il réellement indispensable ?
Sur le papier, pas vraiment. Manette en main, il est difficile de ne pas se dire qu’enfin de compte, cela fait extrêmement plaisir de retrouver les aventures de Joël et Ellie avec cette qualité là. Si l’on relance la version PS4 du jeu, on se rend compte que finalement, le titre a tout de même vieilli et qu’il ne fait pas du tout le poids face à ce remake PS5.
The Last Of Us Part I n’est pas beau, il est sublime. L’histoire est toujours aussi efficace, le gameplay tient encore la route et les petites améliorations autour de la fluidité sont les bienvenues. Le titre est idéal pour tous les fans qui souhaitent revivre l’aventure. Car oui, grâce au travail remarquable de Naughty Dog sur la partie des graphismes, mais surtout sur les animations, nous avons l’impression de redécouvrir le jeu. Et rien que pour ça, c’est un bonheur.
On regrettera seulement de ne pas avoir le droit à une ou deux séquences inédites pour prolonger le plaisir et nous surprendre un peu plus. Le prix du jeu reste le gros défaut de ce remake. Cela gâche un peu la fête, car avec un prix raisonnable, ce The Last Of Us Part I aurait encore une fois permis à la licence de flirter avec le sans faute.
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The Last Of Us Part I
79,99€On aime
- 9 ans plus tard, le jeu est toujours une masterclasse
- Mon dieu que c'est beau...
- Les animations des visages sont très impressionnantes
- On a parfois l'impression de redécouvrir des moments du jeu
- La musique toujours exceptionelle
On aime moins
- Le prix, bien trop élevé pour un remake
- Le minimum syndical pour les améliorations de gameplay (mention spécial pour l'ajout de toutes les options d'accessibilités)
That’s very great
« Le prix, bien trop élevé pour un remake. »
Heu… un remaster. Le jeu n’est pas refait à zéro.
Un remake, quant à lui, aurait mérité un prix de 80 €.
C’est bien un remake.