- L’administration Biden menace d’interdire TikTok aux États-Unis si ByteDance refuse de vendre l’application à une firme étrangère
- Le gouvernement américain s’inquiète de plus en plus du fait que les services de renseignement chinois ont, de jure, accès aux données personnelles de tous les utilisateurs, y compris ceux qui sont basés aux Etats-Unis
- En réponse, TikTok affirme avoir mis en place des mécanismes pour protéger les données des utilisateurs amércains et propose d’aller encore plus loin – mais ces garanties peinent à convaincre
L’administration Biden a exigé mercredi 15 mars 2023 du propriétaire chinois de TikTok, ByteDance, la vente du réseau social à une entreprise américaine – ou tout du moins une structure à même de sortir l’application du giron chinois. ByteDance est en effet basé à Pékin, et selon une Loi adoptée par la Chine en 2017, «toute organisation ou tout citoyen doit soutenir, aider et coopérer avec le travail des services de renseignement».
Dès lors, partout dans le monde, les autorités se posent des questions sur le risque qu’implique une application aussi populaire que TikTok. Des préoccupations qui sont devenues particulièrement aiguës aux Etats-Unis depuis l’administration Trump. Or, l’administration Biden reste très ferme sur le sujet, revient ces derniers jours à la charge pour forcer coûte que coûte TikTok à sortir du périmètre des services de renseignement chinois.
TikTok tente de rassurer, mais ne convainc pas
Il faut dire que les déclarations s’enchaînent, comme celle du directeur du FBI, Christopher Wray, qui a expliqué en novembre dernier que TikTok pouvait être détourné par le renseignement chinois pour collecter les données personnelles de millions d’utilisateurs ou pour influencer l’opinion publique. L’avenir de TikTok aux États-Unis devient donc particulièrement incertain. D’autant que le pays a déjà interdit à ses agents publics d’installer l’application ou d’utiliser le réseau social.
TikTok est particulièrement populaire aux États-Unis, surtout auprès des adolescents. Selon une enquête du Pew Research Center publiée en 2022, environ 67 % des adolescents américains ont déjà utilisé TikTok qui compte à date plus de 100 millions d’utilisateurs américains. Le réseau social y rivalise avec d’autres plateformes pourtant bien installées comme Instagram (Meta) et YouTube (Google).
Plus tôt ce mois-ci, la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants (la chambre basse du Congrès américain) a voté en faveur d’un projet de loi qui, selon le Parti Républicain, donnerait à l’administration Biden le pouvoir d’interdire TikTok à l’échelle nationale. Le texte est bien positionné pour être effectivement adopté.
TikTok tente pourtant encore d’éteindre bon an mal an l’incendie. Des responsables de ByteDance ont rencontré des élus américains pour leur présenter un plan de 1,5 milliard de dollars visant à restructurer les activités américaines de l’entreprise. La porte-parole de TikTok, Hilary McQuaide, avait alors déclaré qu’un simple changement de propriété n’imposerait pas, en soit, de nouvelles restrictions sur les flux de données ou l’accès.
Selon cette responsable, la meilleure manière de répondre aux craintes sécuritaires américaines serait de mettre en place un mécanisme puissant et transparent de protection des données des utilisateurs américains, avec un suivi et une vérification par des tiers. Reste que, au-delà des Etats-Unis, d’autres pays s’intéressent au cas TikTok – les élus français en particulier, réfléchissent eux aussi à une interdiction de l’application pour les mêmes motifs.
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