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TikTok mène-t-il une guerre secrète aux journalistes ?

Un mémo interne jette le trouble sur les pratiques de communication de l’entreprise.

  • Un mémo interne de TikTok interpelle
  • Dans ce document, un avocat incite l’entreprise à réagir face à « désinformation anti-TikTok » et notamment les publications de la presse
  • TikTok nie avoir suivi les préconisations de ce texte

C’est un document assez compromettant pour TikTok que se sont procurés nos confrères de Forbes. Dans ce mémo confidentiel à usage interne publié cette année, un avocat exhorte l’entreprise à réagir contre la désinformation et les récits la concernant diffusés en partie par des organes de presse.

« Le cycle médiatique actuel est au moins partiellement le résultat d’une campagne de désinformation (ou d’une attaque) et, en tant que tel, devrait être considéré comme un défi de sécurité d’entreprise qui doit être traité par une fonction de sécurité cognitive dédiée, chargée d’identifier, d’atténuer et de perturber les campagnes de désinformation et les attaques contre TikTok », exhorte ce texte.

Concrètement, une équipe serait chargée de produire des réponses pour s’attaquer à ces « faux récits ». Un site web de « vérification des faits » serait en outre mis en place pour réfuter les fausses déclarations sur le réseau social.

Une stratégie critiquée

Mis en cause, TikTok n’a pas tardé à réagir par le biais d’un porte-parole. Ce dernier ne nie pas l’authenticité de ce mémo mais il précise : « Il est courant que des documents soient créés sans être mis en œuvre. C’est ce qui s’est passé en l’occurrence et il est tout simplement faux de suggérer que nos efforts pour rectifier l’information et clarifier les faits avec certains médias ont été guidés de quelque manière que ce soit par ce projet de document. » 

Cela n’est pas de nature à rassurer Claire Wardle, une experte en désinformation. Citée par nos confrères, elle explique : « Je dirais qu’il s’agit d’une forme de relations publiques à part entière, qui consiste à faire croire aux gens qu’à chaque fois qu’ils voient une information négative sur TikTok, il s’agit forcément d’une désinformation. » 

Pour rappel, TikTok a été épinglé en mai dernier pour avoir traqué les déplacements d’une journaliste du Financial Times. Concrètement, le réseau social l’a informé que plusieurs de ses employés en Chine et aux États-Unis avaient analysé les données personnelles d’un compte où elle publie des vidéos de son chat.

L’idée était d’identifier les employés de la plateforme qui parlaient à la presse. Cette quête s’est révélée infructueuse selon la société. TikTok et Bytedance se sont excusés et ont assuré que cela ne se reproduirait plus jamais.

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Par : TikTok Pte. Ltd.
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