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Il va tout changer pour les femmes. Le premier stérilet pour homme est français (et il pourrait arriver très bientôt)

Depuis 60 ans, la contraception repose sur les femmes. Une équipe du CHU de Lille vient de concevoir STEOM, le premier stérilet masculin au monde. Sa commercialisation est eprévue en 2033.

Depuis la pilule contraceptive en 1960, la charge de la contraception repose sur les femmes. Entre consultations gynécologiques, effets secondaires hormonaux et charge mentale pour la gestion quotidienne, le déséquilibre n’est plus à prouver. Car du côté des hommes, l’Assurance maladie ne rembourse que deux méthodes : le préservatif et la vasectomie.

Pourtant, les mentalités bougent. En France, le nombre de vasectomies a tellement progressé depuis 2010 qu’en 2021 et 2022, les stérilisations masculines ont dépassé pour la première fois les stérilisations féminines. En 2022, la vasectomie a été réalisée sur 30 292 hommes, soit quinze fois plus qu’en 2010. Certains hommes veulent donc s’impliquer davantage, mais le caractère définitif de la vasectomie freine le mouvement. Une équipe lilloise s’est donc emparée du problème et a créé le premier stérilet pour hommes.

Le dispositif s’appelle STEOM. Conçu par le Dr Julie Prasivoravong, andrologue au CHU de Lille, et Jessica Schiro, ingénieure en biomécanique au CIC-IT, il repose sur un principe très simple. Plutôt que poursuivre leur chemin habituel vers l’urètre, les spermatozoïdes sont redirigés vers le scrotum, où le corps les détruit naturellement par phagocytose (exactement comme il le fait avec d’autres cellules mortes au quotidien). STEOM ferme donc le robinet à spermatozoïdes, sans le couper.

La pose du dispositif se veut simple et peu invasive. L’intervention dure environ 15 minutes sous anesthésie locale, via une petite incision d’un centimètre au niveau du scrotum. Les chercheurs précisent qu’aucun point de suture n’est appliqué, ni même de pansement. Julie Prasivoravong assure que la douleur ne dépasserait pas celle d’une pose d’implant chez la femme. En revanche, comme pour le stérilet féminin, STEOM ne protège pas contre les IST. Il faut aussi attendre environ trois mois pour qu’il soit efficace.

Surtout, le dispositif n’a aucune incidence sur la fertilité. Il suffit de le retirer pour ouvrir le robinet. Enfin, STEOM ne diffuse aucune hormone puiqu’il opère une occlusion purement mécanique des canaux déférents, sans affecter l’anatomie générale. L’homme conserve donc sa libido, ses capacités d’érection et son équilibre physiologique naturel.

Pas avant 2033

Pour l’heure, aucun être humain ne porte ce dispositif. Les premières expérimentations animales doivent avoir lieu en juin 2026, avant une implantation sur l’homme dans le cadre d’une étude clinique espérée en 2030. L’équipe prévoit ensuite des essais cliniques sur une centaine de volontaires humains en France et en Belgique.

Pourquoi un tel délai ? Pour des questions de réglementation européenne. STEOM est classé dispositif médical de classe 3, niveau le plus exigeant, comme celui des implants cardiaques. La durée de l’étude clinique doit correspondre à celle revendiquée pour l’autorisation de mise sur le marché : trois ans d’étude pour revendiquer trois ans d’efficacité. Ce n’est qu’une fois ces évaluations d’innocuité bouclées (fertilité, sexualité, biocompatibilité) que le marquage CE pourra être obtenu.

STEOM rejoint donc un mouvement visant à accélérer la recherche sur la contraception masculine. Côté médicaments, la pilule YCT-529 du laboratoire américain YourChoice Therapeutics a déjà fait des émules. Les premiers essais sur des animaux ont montré une efficacité de 99 % et une réversibilité totale. Une première phase clinique sur 16 volontaires a confirmé l’absence d’effets indésirables sur la tolérance mais l’efficacité contraceptive reste encore à démontrer. La pilule pour hommes pourrait donc être commercialisée dès 2029 aux États-Unis, sous réserve de validation réglementaire.

STEOM se distingue par son approche entièrement mécanique. Le dispositif balaie les craintes sur l’impact des hormones sur l’organisme, la libido ou encore la fertilité. Ce positionnement pourrait séduire les couples les plus réfractaires aux perturbations hormonales. Surtout, les femmes pourraient enfin se libérer de ce fardeau. Et c’est sans nul doute l’évolution la plus importante.

  • Des chercheurs lillois ont développé un stérilet pour hommes
  • Baptisé STEOM, il se pose en 15 minutes et dévie mécaniquement les spermatozoïdes via les canaux déférents, sans hormones
  • Le dispositif est totalement réversible et pourrait être commercialisé dès 2033

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Par : Gouvernement français
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