Beaucoup sous-estiment totalement le temps, le budget et l’implication nécessaires pour éduquer un chien au quotidien. En conséquence, les refuges se retrouvent saturés et les abandons se multiplient. Pour en finir avec ce phénomène et responsabiliser les maîtres, de plus en plus de pays européens font le choix de conditionner l’adoption à l’obtention d’un véritable permis.
La Suisse a ainsi fait figure de pionnière dès 2008 avec une attestation de compétences obligatoire, un dispositif dont certains cantons comme Zurich ou le Valais maintiennent toujours l’exigence. En Autriche, plusieurs provinces imposent également un test théorique avant toute adoption. Plus récemment, l’Espagne a franchi un cap en intégrant dans sa loi sur le bien-être animal une formation obligatoire pour tous les futurs tuteurs de chiens.
Mais c’est en Allemagne que la tendance prend une tournure majeure. Jusqu’ici, les règles dépendaient strictement des régions fédérales : la Basse-Saxe l’a rendue obligatoire pour tous dès 2013, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie l’exige pour les chiens de plus de 20 kilogrammes, et Berlin l’utilise comme sésame pour pouvoir détacher son animal en public.
Depuis le 1er juillet 2026, la ville-État de Brême vient d’emboîter le pas en imposant un « permis canin » généralisé à tous les nouveaux propriétaires, peu importe la race ou la taille de l’animal. Cette décision marque une étape clé : en voyant un nouvel État régional sauter le pas, l’Allemagne s’approche progressivement d’un modèle généralisé à l’échelle de tout le pays.

Théorie et pratique
À Brême, l’examen théorique doit être validé avant même d’accueillir l’animal. Présenté sous la forme d’un QCM de 35 questions, ce test aborde quatre grands thèmes : le comportement animal, les soins et la santé, les techniques d’éducation positive, ainsi que le cadre légal au quotidien (gestion des interactions avec les usagers, règles de tenue en laisse, etc.).
Pour obtenir l’attestation, le futur maître doit réaliser au moins 75 % de bonnes réponses. Objectif : s’assurer qu’il maîtrise la psychologie canine et sait identifier les signaux de stress ou d’agressivité. Une exception est toutefois prévue pour les plus chevronnés : ceux qui ont déjà gardé un chien pendant au moins deux ans et réussi l’épreuve théorique au cours des cinq dernières années, vous en êtes dispensé.
Une fois le chien installé au foyer, le propriétaire dispose d’un délai maximal d’un an pour passer l’épreuve pratique devant un examinateur agréé ou un éducateur canin certifié. Ici, il s’agit de prouver que la théorie est bien assimilée dans la vraie vie. L’examen évalue la maîtrise des ordres de base (assis, reste, rappel) ainsi qu’une marche en laisse détendue. À noter que l’épreuve se déroule en conditions réelles, et l’attitude du duo est observée face à des situations génératrices de stress, comme le croisement d’autres chiens, le passage d’un joggeur ou le frôlement d’un vélo.
Détail d’importance : contrairement à la théorie, ce permis n’est pas attribué une fois pour toutes à un maître. Comme les autorités considèrent que chaque animal possède son propre tempérament, le test pratique doit être réitéré pour chaque nouveau chien entrant dans le foyer.

En cas de contrôle par l’office de l’ordre public, le propriétaire doit être en mesure de présenter son permis, sous forme physique ou numérique. Faute de document, l’addition peut s’avérer particulièrement salée, avec des amendes pouvant atteindre jusqu’à 50 000 euros, d’après Konbini. Pire encore, la justice peut aller jusqu’à suspendre purement et simplement le droit de garder l’animal.
Record d’abandons en France
En France, la loi impose uniquement un permis de détention pour les chiens considérés comme « dangereux » (catégories 1 et 2), exigeant une attestation d’aptitude et une évaluation comportementale. Une telle initiative ne serait pourtant pas de refus, puisque nous détenons le triste record européen avec plus de 335 000 chiens et chats abandonnés en 2025, selon l’association Stéphane Lamart, soit un animal toutes les 94 secondes.
- Depuis le 1er juillet 2026, la ville de Brême impose un examen théorique et pratique pour tout nouveau propriétaire de chien.
- En cas de non-respect, les maîtres risquent jusqu’à 50 000 euros d’amende et le retrait pur et simple de leur animal.
- Alors que l’Allemagne et d’autres pays européens durcissent leurs règles, la question se pose en France pour lutter contre le record de 335 000 abandons par an.
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