[Tuto du mardi] 5 étapes pour démarrer sur Mastodon

Même si on en parle de moins en moins, le nombre d’inscrits sur Mastodon continue de monter.

C’était le buzz de la semaine dernière. Sorti de nulle part, un OVNI appelé Mastodon a soudainement fait parler de lui sur tous les médias technos. Le nombre d’utilisateurs est passé de 24 000 utilisateurs le 31 mars à presque 150 000 aujourd’hui. Et le nombre de toots (l’équivalent des tweets) postés aurait déjà dépassé les 1,7 millions, d’après une page qui liste plus de 450 instances créées (au moment où j’écris).

La mécanique des interactions sur Mastodon a été calquée sur celle du vieux Twitter, à la différence qu’on ne tweete pas, on toote (pouet ! pouet !). Et la limite de caractères n’est pas de 140, mais de 500.

L’interface, quant à elle, ressemble à celle Tweetdeck, très intuitive et qui permet de visualiser beaucoup d’informations.

La vraie révolution est l’aspect décentralisé de Mastodon. En effet, contrairement à tous les réseaux sociaux que vous avez connus,  celui-ci n’est pas contrôlé par une seule personne ou une seule organisation. D’ailleurs, il faudrait plutôt considérer cet OVNI comme un logiciel et non comme un service, selon certains experts.

Ce logiciel est open-source, ce qui signifie que tout le monde peut cloner Mastodon.social (le site original) et créer une nouvelle instance. Les 150 000 utilisateurs de Mastodon sont aujourd’hui répartis sur des centaines d’instances différentes, donc des serveurs différents.

Cependant, ils peuvent interagir comme s’il ne s’agissait que d’un seul service (la fédération). Le fonctionnement peut être comparé à celui des e-mails : un compte Yahoo Mail, un compte Gmail et un compte Outlook peuvent s’envoyer des messages.

Première étape : Où faut-il s’inscrire ?

Si vous avez lu quelque part que Mastodon affiche complet, c’est archi-faux. C’est l’instance principale Mastodon.social qui a gelé les inscriptions en raison d’une trop forte affluence de nouveaux utilisateurs.

Cependant, cela n’a pas empêché les gens de s’inscrire sur d’autres instances. D’ailleurs, au moment où j’écris, seulement un tiers des utilisateurs de la fédération sont sur Mastodon.social. Les deux autres sont répartis sur les différentes instances créées à partir du code de l’original.

Donc, si vous voulez vous inscrire, il suffit simplement d’en choisir une parmi celles-ci. En France, la Quadrature du Net fournit déjà son instance Mastodon qui abrite 3 000 utilisateurs. L’avantage, c’est que votre compte sera hébergé par une organisation connue, et vous aurez une communauté francophone sur le fil d’actualité local.

Le créateur, Eugen Rochko, recommande aussi icosahedron.website et social.tchncs.de (c’est là que j’ai créé mon compte), parce que ces deux instances sont gérées par des personnes en qui il fait confiance.

Sinon, vous avez l’embarras du choix sur la liste disponible sur ce lien.

Deuxième étape : Où sont les gens ?

La création du compte se fait en quelques minutes. Après avoir rempli le formulaire et vérifié votre adresse e-mail, je vous recommande de bien compléter votre profil. Puis, vous pouvez vous servir de l’outil Mastodon Bridge pour trouver vos amis sur Twitter qui sont également sur Mastodon.

Après, commencez à tooter.  Même si vous n’avez pas de followers, vos publications apparaissent sur la timeline locale (la timeline de l’instance sur laquelle vous êtes inscrit) ainsi que sur la timeline fédérée (une timeline commune à toutes les instances).

Ceux qui voient vos publications peuvent répondre, partager ou vous suivre. Et suivez des gens. Certains vous suivront en retour.

En tout cas, il est important de noter qu’il y a une très importante et très active communauté francophone.

Troisième étape : installez une application mobile

Mastodon n’a pas d’application officielle, mais comme les développeurs peuvent utiliser ses API, certains ont déjà créé des clients pour iOS et Android. La liste des applis pour Mastodon est disponible ici.

Quatrième étape : pour poster régulièrement

Comme il s’agit d’un jeune réseau, Mastodon n’a pas encore de bouton pour les sites web. Cependant, quelqu’un a déjà créé une extension chrome baptisée Tooter qui transforme le  bouton de partage Twitter en bouton de partage Twitter+Mastodon.

Ainsi, si vous avez l’habitude de partager des liens sur Twitter, il suffit d’utiliser cette extension et la prochaine fois que vous tweeterez un article, vous pourrez tweeter et tooter en même temps.

Cinquième étape : devenir vérifié (pour les entreprises et les personnages publics)

Sur Facebook et Twitter, on reconnait un compte vérifié par le petit badge coché près du nom d’utilisateur. Sur Mastodon, cela n’a absolument aucune valeur. En effet, lors de la création du compte, celui-ci permet à l’utilisateur de placer des emojis (dont le badge « vérifié ») sur le nom qui sera affiché sur les timelines. N’importe qui peut donc utiliser un nom et mettre ce petit badge à côté pour donner l’impression qu’il s’agit du compte officiel.

Le seul moyen de garantir aux followers qu’on n’est pas un usurpateur, c’est de créer sa propre instance. Comme ça, le nom d’utilisateur se termine par l’adresse du site web de l’organisation représentée.

Notre confrère Numerama, par exemple, héberge son compte Mastodon sur l’instance social.numerama.com. Le nom d’utilisateur est @numerama@social.numerama.com.  “Le compte Numerama inscrit sur le nom de domaine social.numerama.com ne laisse place à aucun ambiguïté : il s’agit bien de nous et toutes les personnes ayant accès à l’inscription sur cette instance sont nos journalistes et nos employés”, explique-t-il dans un article.

Là, je reviens sur l’analogie avec les e-mails : on ne peut être sûr qu’un courrier provient de Presse-Citron que s’il est envoyé par une adresse e-mail du type [nom d’utilisateur]@Presse-Citron.net. A moins de connaitre l’interlocuteur personnellement.


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  • Naboki

    Ce dernier paragraphe est malheureusement faux, je peux très bien vous envoyer un e-mail en nimportequoi@presse-citron.net ou même francois.hollande@elysee.gouv.fr, il suffit pour cela de modifier le champ “from:”, on peut le faire avec seulement thunderbird.
    Et en modifiant le champ “reply to:” je pourrais même recevoir votre réponse sur ma véritable adresse mail si vous faites juste “répondre”, et ainsi engager une conversation avec quelqu’un en me faisant complètement passer pour vous, j’ai déjà eu le cas.

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