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TwitchCon 2024 : la dure réalité des streamers Twitch

La TwitchCon 2024 Europe, qui se déroulait à Rotterdam cette année, vient de fermer ses portes hier. Pour les créateurs de contenus de la plateforme de streaming, la réalité se fait de plus en plus dure.

La TwitchCon est la convention annuelle incontournable de la plateforme Twitch. Occasion rêvée pour les fans de rencontrer leurs streamers favoris, c’est aussi le moment pour ces derniers de renforcer le lien avec leur communauté, de réseauter et de se former lors d’ateliers spécialisés (marketing, gestion de communauté, streaming, etc.). Un événement où l’enthousiasme est de mise, mais qui cache une dure réalité pour les professionnels du streaming.

Malgré sa situation monopolistique, Twitch traverse une période sombre depuis le début d’année. Son modèle de rémunération et son attractivité sont de plus en plus remis en question, et c’est tout à fait entendable.

Un univers où seulement quelques stars dominent

Sur la scène bouillonnante de Twitch, où s’activent pas moins de 7 millions de streamers à travers le monde, dont 59 000 en France, une poignée seulement de créateurs tels que Aminematue, Gotaga, Domingo ou Squeezie règnent en maîtres sur l’Hexagone. Ces titans du streaming captent l’attention d’une vaste audience, laissant les nouveaux venus se battre pour quelques miettes de visibilité.

Un constat édifiant émerge des colonnes de Wired : « Parmi les 6 millions de personnes qui créent du contenu sur la plateforme, plus de 90 % diffusent pour moins de six spectateurs ; 25 % des 10 000 streamers les mieux payés gagnent moins que le salaire minimum. Cet état de fait a épuisé la bonne volonté de nombreux streamers ». Twitch serait-il devenu le miroir numérique de l’injustice sociale, reflétant un système où la majorité lutte pour la reconnaissance et la subsistance ? C’est bien possible. Pour les plus jeunes créateurs désireux de se faire une place au soleil, le défi est colossal.

Mike Minton, responsable de la monétisation chez Twitch, ne cache pas cette réalité : « La création de contenu demande beaucoup de travail, ce n’est pas propre à Twitch ».

Malgré les efforts déployés par la plateforme pour mettre en lumière les nouveaux talents via des recommandations personnalisées, nombreux sont celles et ceux qui peinent à sortir de l’ombre. Face à cette situation, Gotaga, figure emblématique du streaming, livre un conseil sans détours dans un de ses shorts YouTube (voir ci-dessous) : « Aujourd’hui si vous voulez percer, moi je vous conseille tous TikTok. Twitch il y a tellement de streamers pour tellement peu de parts de gâteau ». Pour lui, impossible de sortir de nulle part et de se construire une notoriété solide sur Twitch sans contacts, ou un background professionnel dans le milieu.

https://www.youtube.com/shorts/SvrpuCHafgg

La rémunération sur Twitch, une bataille

L’écosystème économique de Twitch, fondé sur un  mélange de publicité et d’abonnements, ne cesse de se métamorphoser, souvent au détriment des créateurs de contenu. L’année 2022 a vu éclater une véritable tempête lorsque la plateforme a annoncé une ponction de 50 % sur les revenus des streamers les plus en vue.

Bien que la répartition actuelle, fixée à 70 % pour les streamers et 30 % pour Twitch, semble plus équitable, elle demeure insuffisante aux yeux de nombreux créateurs, surtout les plus petits. KC Necro, streamer gaming suivi par 12 000 personnes, exprimait son désarroi auprès du Figaro l’année passée : « C’est devenu impossible de vivre de Twitch, la plateforme est désormais beaucoup trop concurrentielle pour obtenir un salaire décent ».

Face à cette pression croissante, une vague de streamers se tourne vers des horizons plus cléments, et déportent leur activité sur d’autres plateformes comme YouTube Gaming ou la très prometteuse Kick, lancée en décembre 2022. Cette dernière séduit par sa politique de rémunération alléchante, reversant jusqu’à 95 % des revenus d’abonnements aux créateurs. Bien sûr, elle n’offre pas encore la même visibilité aux créateurs.

Toutefois, Kick ne lésine pas sur les moyens pour attirer les stars de Twitch, comme en témoigne le contrat mirobolant de 100 millions d’euros signé avec le célèbre streamer québécois Félix Lengyel, plus connu sous le nom de XQC.

Pour endiguer cet exode, Twitch réagit en assouplissant les critères d’accès à son programme de monétisation, espérant ainsi ouvrir la porte à un plus grand nombre de streamers désireux de générer des revenus. Minton explique : « Les créateurs nous ont toujours demandé une meilleure rémunération. Nous essayons donc d’augmenter nos propres revenus pour que les streamers puissent avoir une plus grosse part du gâteau ».

Malgré une très grande popularité, Twitch, rachetée il y a 10 ans par Amazon, n’a toujours pas atteint son seuil de rentabilité. Dépendant principalement des abonnements payants des utilisateurs et des commissions sur les ventes de jeux vidéo, ces revenus ne sont pas suffisants pour compenser les coûts élevés de fonctionnement de la plateforme, notamment les frais de bande passante, les salaires des employés et le développement de nouvelles fonctionnalités. La situation est donc sensible. D’un côté, les créateurs de contenus demandent d’être rémunérés davantage ; de l’autre, Twitch a besoin d’augmenter ses propres revenus pour couvrir ses coûts et générer des bénéfices. Un équilibre complexe à atteindre.

  • Seuls quelques streamers dominent Twitch, laissant très peu de visibilité aux nouveaux créateurs.
  • 90 % des streamers diffusent pour moins de six spectateurs, et 25 % des mieux payés gagnent moins que le salaire minimum.
  • Une situation qui mène de nombreux créateurs à migrer vers d’autres plateformes de streaming.

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Par : Twitch Interactive, Inc
4.5 / 5
M6.1 avis
1 commentaire
1 commentaire
  1. C’est plutôt sain.
    Ce qui est anormal, c’est de voir une majorité de jeunes ayant pour aspiration professionnelle de devenir youtubeurs, tiktokeurs, riches et bien gagner leur vie en ne produisant rien.
    On est à contre-sens d’une économie saine.
    Le vrai travail doit être revalorisé.

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