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Un blogueur japonais poignardé à mort par un individu qui le harcelait en ligne

Kenichiro Okamoto, expert en cybersécurité et blogueur, a été assassiné par un homme qui le harcelait en ligne et qui avait été banni de son blog.

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Le harcèlement en ligne ne touche malheureusement pas que les adolescents, les influenceurs ou les anonymes. Les personnes qui prennent la parole sur internet peuvent en témoigner. Tous les blogueurs ont leurs trolls, et c’est la plupart du temps un sujet de plaisanterie.[1] Sauf quand cela devient sérieux, voire quand cela tourne au drame.

C’est ce qui s’est passé dimanche soir dans la ville de Fukuoka, une ville située sur la côte nord de l’île japonaise de Kyūshū

Kenichiro Okamoto, un expert en cybersécurité et blogueur, organisait un séminaire sur le thème de la rédaction web. Au cours de l’événement de deux heures, Okamoto a dispensé des conseils sur la façon d’obtenir du trafic, partageant également ses méthodes pour faire face aux « problèmes de blog » qu’il a pu rencontrer au fil des années, des choses aussi banales et normalement anecdotiques, allant de lecteurs soulignant les fautes de frappe aux menaces légales et aux querelles sur Internet.

Après le séminaire, Okamoto se rend aux toilettes et c’est là qu’il est poignardé à mort par un assaillant, qui s’enfuit dès son forfait accompli. Selon The Asahi Shimbun, l’un des quotidiens les plus réputés au Japon, la police affirme qu’un homme de 42 ans du nom de Hidemitsu Matsumoto s’est rendu plus tard, disant qu’il entretenait « une rancune » à l’encontre d’Okamoto à cause de leurs échanges en ligne, et que par conséquent il avait décidé de le tuer.

Un meurtre prémédité suite à des querelles en ligne

Avant l’arrestation, un utilisateur anonyme au pseudonyme de Teino Sensei (ou Mr. Idiot) publiait un post dans lequel il indiquait qu’il avaient l’intention de se rendre et d’assumer la responsabilité du crime. Teino Sensei s’est souvent confronté à Okamoto sur internet ; un message d’Okamoto énumère des centaines d’alias de pseudonymes que Teino Sensei avait utilisés pour le harceler depuis 2016. Dans un post du 2 mai, Okamoto a décrit comment son service de blog, Hatena, suspendait les comptes de Teino Sensei chaque fois qu’ils étaient signalés, bien que cela n’ait pas empêché ce dernier d’en créer de nouveaux, évidemment. Okamoto indiquait que si le harcèlement en ligne n’était « pas un problème pour des gens comme moi qui sont habitués à un aux excès de langage, la plupart des gens en avaient peur ».

Bien que la police n’ait pas encore confirmé qu’Hidemitsu Matsumoto et Teino Sensei sont la même personne, ce meurtre nous rappelle que le harcèlement en ligne peut avoir de lourdes conséquences dans la vie réelle. Les menaces de mort ne sont pas moins inquiétantes simplement parce-qu’elles sont publiées sur Twitter ou dans les sections de commentaires, et les conflits en ligne ont déjà dégénéré en violence dans la vie réelle. Nos confrères de The Verge rappellent qu’en décembre dernier, une dispute au sujet d’une partie en ligne du jeu Call Of Duty a provoqué la mort d’un homme de 28 ans, abattu par la police après un appel anonyme frauduleux selon lequel une prise d’otages était en cours à son domicile.

[1] un jour je vous raconterai comment un individu a un matin fait irruption à mon domicile, appareil-photo en main, en revendiquant venir de la part de quelqu’un de très connu sur internet…

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. AlKanz

    27 juin 2018 at 11 h 59 min

    Quelle tristesse !

    Pour ma part, j’ai eu droit à la visite de mon bureau professionnel par trois policiers de la BAC, un lundi à 1h du matin après qu’un type a appelé le commissariat pour dire qu’il s’y trouvait le cadavre d’un juif battu à mort la veille (sic), un dimanche après-midi, après une altercation avec deux individus présents aussi. Dénonciation calomnieuse d’un crime antisémite…

    Les trois policiers sont rentrés en escaladant le bâtiment, alors vide, puis en pénétrant via une fenêtre qui était semble-t-il restée ouverte. Ils n’ont évidemment rien trouvé.

    Quelques semaines plus tard, les parents d’un journaliste eurent droit à un canular similaire, enfin non plus grave : ce sont plusieurs CRS surarmés qui ont débarqué dans leur domicile, pensant faire face à un dangereux meurtrier. Le père fit, par la suite, un malaise cardiaque. Puis perdit la vie :(((

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