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Une étude vient de le confirmer : le vapotage est probablement cancérigène

Beaucoup moins dangereuse que le tabac, ce seul avantage rendrait-elle la cigarette électronique plus acceptable pour la santé ? Un argument de plus en plus fragile.

Depuis sa démocratisation, la cigarette électronique a bénéficié d’une quasi-immunité : comparée au tabac et à son cortège de cancérigènes avérés, elle passait pour le moindre mal. Elle a même été, pour de nombreux fumeurs, un outil de sevrage très efficace pour arrêter de fumer et ne jamais y revenir. Toutefois, cette aura d’innocuité a, ces deux dernières années, pris du plomb dans l’aile : phénomène de vapotage passif prouvé chez les enfants, effets négatifs sur le système immunitaire, et premières associations, mises en évidence il y a un an, avec des marqueurs précoces du cancer.

Une nouvelle revue systémique portant sur plus de cent publications scientifiques vient d’être publiée le 30 mars 2026 dans la revue Carcinogenesis, et celle-ci n’est pas porteuse de bonnes nouvelles pour les amateurs de la vape. Elle conclut que les cigarettes électroniques délivrant de la nicotine contiennent des composés susceptibles d’être cancérigènes et provoquent, dans la bouche et les poumons, des altérations cellulaires caractéristiques des processus tumoraux. Les auteurs estiment, en l’état actuel des connaissances, que le vapotage est « probablement cancérigène », une formulation exprimant que le lien de causalité est jugé crédible, mais pas encore irréfutable chez l’humain.

Cigarette électronique : un dossier qui s’alourdit

Il convient d’établir d’emblée une précision : cette revue ne prouve pas formellement que vapoter cause le cancer chez l’être humain. Il n’existe toujours pas d’études de cohorte à long terme portant exclusivement sur des vapoteurs, et les cancers mettent souvent plusieurs années, voire décennies à se manifester.

Ce que les chercheurs ont mis en évidence, en revanche, ce sont trois signes biologiques dont le rôle dans la formation des tumeurs est clairement démontré : dommages à l’ADN, inflammation chronique et stress oxydatif. Ces marqueurs sont reconnus, dans la littérature oncologique comme les premiers signes cliniquement mesurables d’un basculement vers une pathologie tumorale.

Il faut comprendre ce que les mots « probable » ou « probablement » signifient dans la bouche d’un professionnel de santé ; c’est une posture scientifique. En l’occurrence, cette revue a réussi à démontrer qu’il existait des preuves biologiques, mais il manque encore des preuves épidémiologiques. Pour les réunir, il est nécessaire de suivre des vapoteurs pendant vingt ou trente ans et de dénombrer les cas de cancers déclarés en lien avec cette pratique.

Ce suivi n’existe pas, parce que la vape, ou du moins, sa démocratisation est trop jeune. Le risque existe peut-être, mais le recul nous fait encore défaut et il est donc complètement impossible de valider scientifiquement ce que l’on pressent cliniquement.

Cette nouvelle étude ne prétend pas que la vape est plus dangereuse que fumer, elle affirme que la cigarette électronique ne peut plus être considérée comme une alternative 100 % saine. C’est l’argument commercial numéro un des industriels de la vape, mais il est aujourd’hui caduc.

Il est par ailleurs impossible, à ce stade, de quantifier ce risque : combien de cas de cancer attribuables au vapotage, sur quelle durée d’exposition, à quelle fréquence d’usage ? Personne ne peut répondre à ces questions aujourd’hui. Ce que l’on sait, c’est que les aérosols produits par les cigarettes électroniques contiennent des substances potentiellement toxiques pour les cellules. Il nous faudra encore beaucoup de temps et de nombreuses autres études pour dresser un bilan épidémiologique complet de la vape à plus grande échelle. Peut-être avons-nous remplacé un fléau par un autre, peut-être que non ; mais souvenons nous que le tabac a mis près d’un demi-siècle pour révéler son vrai visage.

  • Une étude récente conclut que le vapotage est probablement cancérigène, avec des preuves de dommages cellulaires dans la bouche et les poumons.
  • Bien que moins dangereux que le tabac, la cigarette électronique ne peut plus être considérée comme une alternative totalement saine.
  • Des recherches à long terme sur les vapoteurs sont nécessaires pour établir un lien définitif entre vapotage et cancer, ce qui manque actuellement.

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Par : Gouvernement français
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