L’US Navy est connue pour abriter dans ses hangars les avions militaires les plus redoutables que l’Homme ait jamais conçus. Qu’ils soient destinés à la chasse ou à l’attaque (F/A-18 Super Hornet, F-35C Lightning II) ou à la surveillance (E-2 Hawkeye, EA-18G Growler), la marine de guerre des États-Unis est solidement dotée et reste la plus puissante armée aérienne du monde.
Parmi cette gigantesque flotte sommeille un aéronef aux capacités hors du commun, porteurs d’un surnom aux résonances bibliques. Le Boeing E-6 Mercury ou E-6B, surnommé parfois « l’avion du Jugement Dernier », ne vole pourtant presque jamais, mais s’il est un jour envoyé dans les airs ; hors entraînements et si les circonstances l’exigent ; son potentiel dévastateur serait absolument démentiel.

L’avion du dernier recours
Le Boeing E-6 Mercury, bien qu’il partage l’apparence d’un avion de ligne traditionnel (le Boeing 707-320), est en réalité une plateforme hautement spécialisée. Malgré son allure imposante ; quoique moindre que le géant 747-8 ; il n’est pas un bombardier, mais son rôle pour les États-Unis en cas de chaos terrestre est fondamental.
Il n’est pas équipé d’armes offensives ; l’E-6B est chargé la transmission des ordres de lancement aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), assurant ainsi la capacité de riposte des USA. Il fait partie de la « triade nucléaire » américaine, qui comprend les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), les bombardiers et les SNLE.
L’E6 B est donc un gigantesque relais volant, purement défensif et dissuasif ; et si un conflit nucléaire venait à se déclencher, il pourrait transmettre les ordres présidentiels aux SNLE, déclenchant ainsi une frappe nucléaire dévastatrice.
L’US Navy exploite actuellement une flotte de seize E-6B, ultime version d’un programme initialement baptisé Hermes. Ces mastodontes volants, dont le premier exemplaire a pris son envol en février 1987, ont progressivement remplacé les vénérables EC-130Q dans leur mission « TACAMO » (Take Charge And Move Out). Autrement dit : prendre le relais du commandement national en cas de destruction des centres de commandement au sol et assurer la continuité des opérations et la transmission des ordres.
Un messager de l’apocalypse puissant et autonome
Modernisé en version B dès octobre 1998, l’appareil a hérité des fonctions autrefois dévolues aux EC-135C de l’US Air Force, surnommés « Looking Glass » : une référence à leur capacité de refléter les centres de commandement terrestres.
Avec ses 45,82 m de longueur, ses 45,2 m d’envergure, et ses quatre turboréacteurs CFM56-2A-2, ce géant des airs peut maintenir une vitesse de croisière de 843 km/h à 12 192 m d’altitude. Son autonomie est tout simplement ahurissante : 12 200 km sans ravitaillement, extensible jusqu’à 72 heures en vol s’il est ravitaillé. Cela permet à l’E-6B de couvrir de vastes zones océaniques, garantissant la communication avec les SNLE où qu’ils soient sur la planète.
L’aviation militaire, américaine notamment, regorge d’appareils aux surnoms très évocateurs. Le Lockheed F-104 de l’US Air Force, tristement nommé « Widowmaker » (« Faiseur de veuves ») en raison de son taux d’accidents élevé, qui a entraîné la perte de nombreux pilotes. Le Fairchild Republic A-10, surnommé « Warthog » (« phacochère » ), évoque quant à lui sa silhouette peu gracieuse, mais son armement redoutablement efficace contre les blindés. Le Boeing B-52 Stratofortress, baptisé « BUFF » pour « Big Ugly Fat Fellow » (« gros lard », ou « grosse bête moche », traduit plus littéralement) symbolise la puissance brute de frappe américaine depuis les années 1950.
Aucun ne porte cependant un nom aussi lourd que le Boeing E-6 Mercury. Son surnom d’« avion du Jugement Dernier » n’est pas usurpé, faisant référence à l’événement eschatologique (lié à la fin du monde ou à la fin des temps) où Dieu jugera l’humanité à la fin des temps dans la tradition chrétienne. Son décollage en configuration opérationnelle signifierait probablement que le monde tel que nous le connaissons touche à sa fin. Sa simple existence dissuade tout adversaire potentiel, conscient que même une attaque surprise ne suffirait à empêcher une seconde frappe.
- Le Boeing E-6 Mercury américain assure la transmission des ordres de lancement aux SNLE en cas de destruction des centres de commandement terrestres.
- Capable de voler jusqu’à 72 heures avec ravitaillement, il garantit la continuité des communications militaires, même en pleine crise mondiale.
- Appelé « l’avion du Jugement Dernier », son envol en situation réelle signifierait que l’humanité est au bord du chaos total.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.