Le recyclage des batteries n’est plus une simple option écologique, mais une nécessité absolue pour la survie de notre modèle technologique. Chaque smartphone abandonné, chaque ordinateur portable remplacé, chaque voiture électrique mise au rebut est à la fois un gaspillage intolérable de ressources rares et une bombe à retardement environnementale.
Pourquoi ? Parce que les métaux présents à l’intérieur de celles-ci sont très difficilement recyclables, même si certaines méthodes, comme la pyrométallurgie ou l’hydrométallurgie, atteignent désormais des rendements très corrects (entre 50 et 90 %). Cela reste toutefois insuffisant à contenir la vague d’électrification des transports et la prolifération des appareils électroniques. Face à cette urgence écologique, trois institutions chinoises ont uni leurs forces pour imaginer une solution de recyclage redoutablement efficace.
Des micro-batteries et un acide aminé : le duo gagnant !
Cette découverte nous vient des travaux de l’Université Centrale du Sud à Changsha, l’Université Normale de Guizhou et le Centre National de Recherche en Ingénierie des Matériaux de Stockage d’Énergie Avancés. Comment fonctionne concrètement cette méthode ? Les chercheurs ont mis au point des micro-batteries qui viennent littéralement déstructurer les matériaux cathodiques ; composées de divers métaux, tels que le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse ; des batteries usagées.
Une fois ces composants séparés à l’échelle microscopique, de la glycine (un acide aminé que l’on retrouve naturellement dans notre corps) est dissoute dans une solution aqueuse pour créer un bain de traitement. Ce processus, appelé « lixiviation neutre » transforme la glycine en agent chélateur, ce qui signifie qu’elle a la capacité de se lier sélectivement aux ions métalliques présents dans les matériaux cathodiques. Exactement comme le ferait un aimant captant uniquement les métaux précieux.
Contrairement aux procédés industriels actuels qui requièrent des acides forts et génèrent des sous-produits toxiques, cette méthode opère en milieu neutre, sans dégager de polluants.
Les résultats sont spectaculaires : en seulement 15 minutes, la lixiviation neutre récupère 99,99 % du lithium, 96,8 % du nickel, 92,35 % du cobalt et 90,59 % du manganèse. Ces taux d’extraction pulvérisent les performances des techniques conventionnelles. Les métaux sont donc récupérés sous une forme très pure, et peuvent être ensuite réutilisés dans la fabrication de nouvelles batteries ou d’autres produits sans avoir à passer par des processus de purification.
Se pose bien évidemment la question de la rentabilité, car nous parlons là d’une expérience récente menée en laboratoire. Il faudra effectuer des phases de test à grande échelle pour pouvoir affirmer que cette technique est rentable au long terme, et mettre ensuite en place des installations adéquates pour maintenir les rendements actuels en production massive. Si nous y parvenons, c’est toute une industrie qui pourrait se transformer, mais le recyclage, quelle que soit la méthode, ne sera jamais une solution miracle. Même s’il réduit l’extraction minière de ces métaux ; très problématique d’un point de vue socio-environnemental , il ne pourra pas l’éliminer complètement, alors qu’elle est aussi au cœur du problème.
- Des chercheurs chinois ont mis au point une méthode de recyclage des batteries utilisant des micro-batteries et un acide aminé naturel pour extraire les métaux de manière propre et ultra-efficace.
- En seulement 15 minutes, cette technique récupère près de 100 % du lithium et plus de 90 % d’autres métaux critiques, sans produire de déchets toxiques.
- Si cette méthode s’avère viable à grande échelle, elle pourrait transformer en profondeur l’industrie du recyclage des batteries.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.