Passer au contenu

« Les voitures électriques polluent à cause de leurs batteries non recyclables » : vérité ou idée reçue ?

Alors que l’Europe accélère sa transition vers la mobilité électrique, les critiques fusent sur l’impact environnemental des batteries. Entre extraction minière controversée et recyclage complexe, démêlons le vrai du faux sur cette question.

C’est forcément une phrase qui a déjà été lancée dans un de vos repas de famille, probablement par le réactionnaire détracteur des véhicules électriques. Alors qu’elles peuplent toujours plus nos routes, les VE sont la cible de critiques et d’idées reçues pas toujours légitimes. Le talon d’Achille présumé ? La batterie, composant essentiel, mais décrié notamment pour son empreinte environnementale. Pourtant, la réalité s’avère bien plus nuancée que les idées circulant sur le sujet.

Le mythe des terres rares dans les batteries

Première surprise, les fameuses « terres rares » ne sont pas si présentes dans les batteries des véhicules électriques. Ces métaux, contrairement à leur appellation, s’avèrent aussi abondants que le nickel ou le cuivre dans la croûte terrestre. Leur particularité réside dans leur dispersion, qui complique leur extraction.

La véritable préoccupation concerne d’autres matériaux critiques. Le cobalt et le lithium occupent le devant de la scène, suivis par le nickel, le graphite et le cuivre. Si aucune pénurie physique ne menace d’ici 2030, la demande explosive pourrait créer des tensions sur les approvisionnements.

Le recyclage des batteries et son potentiel (pour l’instant) sous-exploité

Contrairement aux affirmations pessimistes, les batteries lithium-ion se recyclent. Les techniques actuelles permettent déjà de valoriser 50 % de leurs composants par pyrométallurgie. Les nouvelles méthodes hydrométallurgiques promettent même des taux de recyclage atteignant 80 à 90 %.

Usine recyclage batterie
© Mercedes

Mercedes-Benz vient d’ailleurs de franchir un cap décisif en inaugurant sa première usine européenne de recyclage de batteries. Grâce à un procédé innovant combinant justement cette approche mécanique et hydrométallurgique, le constructeur allemand parvient à récupérer plus de 96 % des matériaux. Une prouesse qui permet de réinjecter ces précieuses ressources dans la production de nouveaux véhicules électriques.

Le défi de la montée en puissance

Le véritable enjeu réside dans le passage à l’échelle industrielle. Aujourd’hui, moins de 5 % des batteries lithium-ion en fin de vie sont effectivement recyclées. Cette situation s’explique notamment par la jeunesse du marché des véhicules électriques, où peu de batteries ont atteint leur fin de vie.

Les perspectives s’annoncent néanmoins prometteuses. D’ici 2030, 1,2 million de batteries de véhicules arriveront en fin de vie dans le monde. Ce chiffre devrait grimper à 14 millions en 2040, puis 50 millions en 2050. Un gisement qui permettra d’optimiser les coûts et de rendre les matériaux recyclés compétitifs face aux matières premières vierges.

L’Europe pousse au recyclage des batteries

L’Union européenne a pris la mesure de l’enjeu. Un nouveau règlement adopté en 2023 fixe des objectifs contraignants : 51 % des batteries de véhicules légers devront être collectées d’ici 2029, puis 61 % d’ici 2032. Pour le lithium, le taux de valorisation devra atteindre 80 % d’ici 2032.

Le texte impose également l’incorporation de matériaux recyclés dans les nouvelles batteries : 16 % pour le cobalt, 6 % pour le lithium et 6 % pour le nickel. Une manière d’encourager le développement d’une véritable économie circulaire.

Au-delà des idées reçues, des défis bien réels

Si les batteries s’avèrent recyclables, leur impact environnemental mérite attention. L’extraction des matières premières soulève des questions légitimes.

Ces enjeux concernent toutefois une part limitée des composants. Le lithium et le cobalt ne représentent que 4 % du poids d’une batterie, loin derrière l’aluminium (29 %), le cuivre, le graphite et l’acier (9 % chacun). Des matériaux dont l’extraction pose aussi des défis, bien que moins médiatisés.

La sobriété apparaît comme une réponse incontournable étant donné que le recyclage, même optimisé, ne suffira pas seul à répondre à la demande croissante.

Aussi, les impacts écologiques des batteries méritent d’être mis en perspective avec ceux de l’industrie pétrolière, marquée par les marées noires, les atteintes aux droits humains et les conflits armés.

La transition vers l’électrique, si elle pose ses propres défis, offre l’opportunité de construire une mobilité plus respectueuse de l’environnement. En résumé, l’idée que le monde va donc bientôt se retrouver avec des milliers de batteries impossibles à recycler et complètement fausse.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech