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Vote historique en Suisse : les citoyens rejettent massivement l’isolement face à la menace russe

Les citoyens suisses ont tranché : la neutralité ne doit pas devenir un piège. Ils viennent de préserver leur capacité à sanctionner et à coopérer avec l’Europe et l’OTAN.

Les citoyens suisses se sont rendus aux urnes ce 27 septembre, et ils se sont prononcés de manière catégorique : plus de 68 % des votants ont rejeté une proposition visant à durcir le principe de neutralité du pays. Une initiative qui a échoué à obtenir la majorité dans l’ensemble des 26 cantons, témoignant d’un consensus national très clair.

Porté par l’Union démocratique du centre (UDC), le parti national conservateur, et financé à hauteur de plusieurs millions d’euros par l’homme d’affaires Christoph Blocher, ce texte voulait inscrire dans la Constitution une neutralité « permanente et armée ». Il prévoyait notamment l’interdiction stricte des sanctions économiques, sauf en cas de mandat explicite de l’ONU, ainsi que le blocage de toute coopération militaire avec des alliances étrangères comme l’OTAN, hors cas d’attaque imminente ou directe sur le sol suisse.

Mais malgré une campagne intense et le soutien explicite de Moscou, qui y voyait un moyen d’affaiblir le régime de sanctions européen, les électeurs ont refusé ce virage isolationniste.

Suisse Referundum
© Fedor Selivanov / Shutterstock.com

« Neutralité signifie pas dire indifférence »

Graver une définition rigide dans la Constitution aurait privé le pays de la marge de manœuvre pour adapter sa réponse aux crises mondiales. C’était, d’ailleurs, l’argument majeur défendu par le gouvernement et la majorité des partis politiques. À noter que le résultat du scrutin prend une dimension particulière alors même que l’Europe fait face à une amplification des menaces hybrides russes.

Comme l’a récemment indiqué Ignazio Cassis, ministre suisse des Affaires étrangères, « neutralité ne veut pas dire indifférence ». Le pays s’interdit de vendre directement des armes à l’Ukraine, mais refuse de fermer les yeux face aux violations du droit international. C’est pour cela qu’elle applique les sanctions ciblant la Russie depuis le début de la guerre, en 2022.

La neutralité suisse

Reconnue au Congrès de Vienne en 1815 puis encadrée par la Convention de La Haye en 1907, cette politique visait d’abord à protéger la petite confédération des guerres menées par ses puissants voisins. Mais au fil des décennies, Berne a souvent ajusté sa posture aux réalités du moment. Durant la Seconde Guerre mondiale,la Suisse a stocké de l’or pillé par le régime nazi et refoulé des milliers de réfugiés juifs. Une politique pour laquelle elle a officiellement présenté ses excuses dans les années 1990.

Désormais, bien que non membre de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN, la Suisse participe depuis 30 ans au Partenariat pour la paix de l’Alliance atlantique. Elle mène en outre des missions de maintien de la paix et applique régulièrement des sanctions internationales.

  • Plus de 68 % des Suisses ont refusé d’inscrire une neutralité stricte et rigide dans la Constitution.
  • Ce vote confirme que la neutralité helvétique reste un outil pragmatique, permettant au pays d’appliquer des sanctions et de coopérer avec ses voisins sans s’isoler.
  • Face à la menace russe et aux attaques hybrides, la Suisse maintient sa capacité à collaborer avec l’UE et l’OTAN sur la cyberdéfense et le renseignement.

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