La guerre est-elle imminente ? Selon les renseignements de la CIA relayés par El Mundo, la Russie serait sur le point de s’en prendre à l’Europe occidentale, plus particulièrement à la France, à l’Italie et à l’Espagne. Le Kremlin serait prêt à employer des drones envoyés depuis des navires postés sur la Méditerranée afin de perturber les infrastructures militaires et civiles. Une stratégie de guerre hybride qui lui permettrait de frapper fort sans entrer dans une guerre totale.
Cette manœuvre inquiète le ministère de la Défense lituanien, le premier mis au courant de la situation : « Ils utiliseront des drones lancés depuis la mer, dissimulés dans un conteneur ; ce n’est pas difficile du tout » a indiqué une source du ministère, restée anonyme, au journal espagnol.
L’armée russe a attaqué l’Ukraine il y a quatre ans maintenant, et la situation s’embourbe depuis lors. Si l’Occident n’est pas officiellement en guerre contre la Russie, cette dernière considère les pays qui aident l’Ukraine comme des cibles légitimes. La crainte d’une escalade (surtout que Vladimir Poutine semble au pied du mur) est bien réelle.
C’est pour cette raison que, fin août, John Ratcliffe, le patron de la CIA, s’est rendu à Moscou afin de dissuader le gouvernement russe de lancer une offensive contre un pays de l’OTAN qui, en théorie, conduirait à un conflit armé sanglant. Ce voyage a permis à l’agence américaine d’amasser de précieux renseignements sur la stratégie de Poutine. Selon El Mundo, les pays baltes auraient été les premiers informés, puis l’information s’est propagée au sein des ministères des Affaires étrangères des pays concernés.

La Russie miserait sur la guerre hybride
Selon la CIA, la Russie prévoirait d’utiliser des drones « Gerbera » afin de viser l’Europe. Deux mètres de long, 18 kilos sur la balance et dotés d’ailes amovibles, ces drones peuvent filer à 160 km/h et disposent d’une portée de 600 kilomètres. Ils pourraient donc profondément s’enfoncer dans les terres pour frapper fort (environ 300 kilomètres, après un survol de la Méditerranée de 300 km).
L’idée de la Russie serait de dissimuler les dispositifs dans des navires pour les lancer vers les côtes afin de créer un effet de surprise. Ces drones, bien que disposant d’une charge explosive de cinq kilos au maximum, ne provoqueraient pas de dégâts immenses, comme le font les bombardements plus classiques en Ukraine, mais pourraient toucher des infrastructures civiles, comme des entrepôts, des ports ou même des aéroports. Pour résumer : la Russie emploierait des méthodes terroristes, comme l’explique le représentant lituanien :
« L’impression que les Russes veulent donner, c’est celle de leur propre toile d’araignée »
Cela fait plusieurs années que le Kremlin tente des opérations de déstabilisation contre les pays d’Europe de l’Ouest, mais il n’avait jamais risqué de recourir à une action armée. Avec cette opération, le Kremlin passerait à la vitesse supérieure, tout en restant sous le seuil de guerre. Une manœuvre qui permettrait de tester la réactivité de ses adversaires désignés, mais aussi de jauger le niveau de solidité de l’OTAN et son action face à l’Article 5, peut-être en vue d’un conflit armé de plus grande ampleur dans le futur.

Pourquoi la Russie s’attaquerait-elle à la France ?
Les pays d’Europe de l’Ouest, la France en tête, font partie des nations qui aident le plus l’Ukraine pour sa défense, ce qui les place dans la ligne de mire de Vladimir Poutine. Qui plus est, les pays visés organiseront des élections en 2027, et quoi de mieux que la peur pour faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre ? Comme l’explique El Mundo, certains partis souhaitant accéder au pouvoir, comme le RN et LFI en France, ont une position peu claire sur la situation en Ukraine, voire favorable au régime russe. Le scénario idéal pour Poutine serait que ces derniers gagnent les élections afin de couper les aides apportées au gouvernement Zelensky.
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Les informations du Kremlin ont semé un vent d’inquiétude au sein des gouvernements occidentaux. C’est pourquoi Emmanuel Macron a, la semaine dernière, convié tous les candidats à la présidentielle dans une réunion de crise organisée à l’Élysée, afin de les avertir de la menace. Le futur ou la future présidente héritera d’un contexte diplomatique extrêmement tendu, avec un risque d’explosion à tout instant.
Cette campagne de frappes par drones ne serait donc qu’une nouvelle étape dans la stratégie russe, déjà bien huilée. Les agressions se multiplient sur le territoire européen. Le 25 août dernier, l’aéroport de Leipzig (Allemagne) a par exemple été paralysé par des drones russes. En Pologne, un hélicoptère est entré dans l’espace aérien pas plus tard que cette nuit. Des incidents qui se répètent et qui ont pour but de tester la solidité de l’OTAN.
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