Le numérique pèse déjà très lourd sur l’environnement. On estime aujourd’hui qu’il représente à lui seul 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Une tendance qui ne risque pas de s’inverser à mesure que l’IA se développe à toute vapeur. Cet ensemble de technologies, aussi fantastique soit-il, est un réel gouffre énergétique qui ne fait que s’agrandir. À tel point que son empreinte carbone pourra bientôt rivaliser avec celle de certains pays. Vous avez dit flippant ?
Des chiffres vertigineux
C’est une thèse publiée à Amsterdam qui a dressé cet état des lieux plus qu’alarmant. Si le développement de l’intelligence artificielle continue sur sa lancée, sa consommation énergétique atteindra des sommets hallucinants. Une consommation qui pourrait équivaloir à celle de pays comme l’Argentine, les Pays-Bas ou la Suède.
Si l’on prend l’exemple de Google et son modèle de langage Bard, celui-ci pourrait consommer autant que l’Irlande en 2027. C’est évidemment le scénario le plus extrême, si l’on prend en considération le fait que NVIDIA puisse fournir le matériel nécessaire au bon fonctionnement des serveurs. Ceci représenterait des dizaines de milliards de dollars d’investissement pour Google, un scénario à laisser dans la catégorie hypothétique pour le moment.
Pour illustrer ces besoins énergétiques, l’exemple des serveurs en charge du fonctionnement des services d’IA est plutôt parlant : un seul d’entre eux consomme autant que douze maisons individuelles. C’est déjà faramineux. Si les projections de la thèse sont exactes, il faut imaginer désormais ce que représenterait la consommation de 1,5 million de ces serveurs en 2027. Un constat critique.
L’empreinte environnementale : au-delà de l’électricité
La situation est déjà franchement inquiétante lorsqu’on regarde la consommation électrique, mais l’appétit insatiable de l’IA ne s’arrête pas là. Même si elle pouvait d’ici quatre ans consommer autant que le bitcoin à lui seul (soit 100 térawatts-heures), il y a plus grave : son besoin en eau.
Pour bien fonctionner, les serveurs et les data centers servant à l’IA ont besoin d’être refroidis. Les quantités d’eau, là aussi sont délirantes. Pour illustrer le problème, il suffit de lire le dernier Rapport sur la Durabilité Environnementale 2022 de Microsoft. L’entreprise mise très lourdement sur l’IA et ses data centers, et le résultat est sans appel. Entre 2020 et 2022, ses besoins en eau ont augmenté de 52 %.
Pour prendre un exemple à plus petite échelle, prenons ChatGPT. Celui-ci nécessite l’équivalent d’une bouteille d’eau pour répondre à 20 à 50 questions. En moins d’un an, le site a été visité plus de 10 milliards de fois. Cela reviendrait à une consommation de 10 millions d’hectolitres d’eau, soit 400 piscines olympiques.
L’IA, sous certains aspects, offre une vision de l’avenir plutôt séduisante. Cependant, lorsqu’on soulève le rideau et que l’on se penche avec plus d’attention sur ses impacts environnementaux, le futur de cette technologie est tout de suite moins radieux. Quelles solutions restent donc à apporter ? Une meilleure conception, moins énergivore ? Une utilisation plus responsable ? Une meilleure sensibilisation à son usage ? L’équation est complexe et demeure pour le moment difficilement résoluble.
- D’ici 2027, l’IA pourrait consommer autant que certains pays comme la Suède ou l’Argentine.
- Une consommation électrique qui s’explique par la très forte demande en énergie des serveurs et des data centers.
- L’électricité n’est pas la seule concernée, puisque l’eau est également une ressource fortement menacée par l’IA et son usage intensif.
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Merci pour cet article… qui fait peur..
On nous demande de faire des économies, des petits gestes écolo (ce que je fais volontiers), mais quand on voit ça …
Quand vous parlez de l’IA, est-ce de l’IA incluant Microsoft, Google, & Cie?)
Ne peuvent-ils pas réutiliser l’eau ? Faire une boucle, afin d’utiliser toujours la même eau qui se sera refroidit à un moment donné..
j’espère qu’ils n’utilisent pas de l’eau potable ^^ ….
Tout ça pour du virtuel…
Les centres de données et les serveurs devront migrer vers les pôles, là où le refroidissement est plus facile.