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VPN et piratage : l’Espagne resserre l’étau mais le combat judiciaire ne fait que commencer

Un tribunal espagnol veut contraindre NordVPN et Proton VPN de bloquer certaines adresses IP pirates.

La justice espagnole a décidé de hausser le ton: Après une première décision historique rendue à Barcelone en décembre 2024, c’est au tour du tribunal de commerce de Cordoue de reconnaître la responsabilité des fournisseurs de VPN dans la diffusion illégale de contenus sportifs. NordVPN et ProtonVPN se retrouvent cette fois dans l’obligation de bloquer, sur transmission directe de La Liga, les adresses IP identifiées comme sources de flux pirates. Une décision qui marque une accélération nette dans la stratégie judiciaire de la ligue espagnole qui est menée en tandem avec l’opérateur local Telefónica.

Ce qui rend cette décision notable, c’est le mécanisme qu’elle instaure : Contrairement au modèle français où chaque nouveau blocage doit être validé par un juge, La Liga obtient ici le droit de fournir elle-même, en temps réel, les listes d’adresses à censurer. Les VPN deviennent en quelque sorte des auxiliaires involontaires de la lutte anti-piratage, sans que leur consentement ait été sollicité – et c’est ce qui est au cœur du problème.

Une procédure contestée, un round 2 inévitable ?

ProtonVPN ne l’entend pas de cette oreille puisque la société suisse a publié un communiqué cinglant affirmant n’avoir été ni notifiée ni consultée avant le rendu du jugement. En droit, être condamné sans avoir pu se défendre est un principe fondamental qui ne saurait être ignoré et Proton VPN le rappelle avec une clarté qui laisse présager une bataille judiciaire acharnée.

Si la décision peut tenir sur le fond, elle semble fragile sur la forme : on attend avec intérêt le prochain round où l’entreprise devrait logiquement chercher à faire valoir ses arguments devant les juridictions compétentes et peut-être obtenir gain de cause sur la question procédurale avant même d’aborder le fond.

Ce qui interpelle aussi dans le communiqué de La Liga, c’est la sélectivité de cette offensive : Pourquoi NordVPN et ProtonVPN, et pas ExpressVPN, Surfshark ou les dizaines d’autres acteurs du marché ? Aucune explication officielle ne vient justifier ce ciblage partiel. Si l’objectif est d’endiguer le piratage à grande échelle, l’absence d’autres grands noms du secteur dans la procédure laisse perplexe et pourrait fragiliser la cohérence juridique de l’ensemble de la démarche.

Au-delà du football, la question des VPN dépasse le cadre sportif. En France, depuis l’entrée en vigueur en juillet 2025 des obligations de vérification d’âge sur les sites pornographiques, les VPN sont devenus un outil de contournement pour accéder à ces plateformes sans s’identifier (et Free s’en moque). Un usage qui met les pouvoirs publics dans une position inconfortable : comment imposer des garde-fous légaux si des outils accessibles permettent de les neutraliser en quelques clics ? La pression sur les fournisseurs de VPN pourrait donc bien s’étendre, en France comme ailleurs, bien au-delà des seuls droits sportifs.

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Par : Bitdefender