Web : le « tout-accessible » est-il réellement bénéfique pour les entreprises ?

On entend depuis des années que le web est génial parce qu’on peut absolument tout trouver dessus, qu’il s’agisse de se tenir au courant de l’actualité, de télécharger (légalement bien sûr) le dernier tube de votre chanteur préféré.

Article rédigé par Clément Kolodziejczak

On entend depuis des années que le web est génial parce qu’on peut absolument tout trouver dessus, quʼil sʼagisse de se tenir au courant de lʼactualité, de télécharger (légalement bien sûr) le dernier tube de votre chanteur préféré (tiens jʼy pense, le dernier album de Johnny vient de sortir !) ou encore plein dʼaides et conseils pour des logiciels ou secteurs dʼactivité autrefois réservés à certaines personnes qui en avaient fait leur métier. Je veux bien sûr parler de tout ce qui touche, de près ou de loin, au graphisme et à lʼédition de sites web.


(image: ‘Radiactividad‘ – Flickr CC)

Aujourdʼhui, nʼimporte qui, et je m’inclus dedans, peut se prétendre graphiste ou créateur de site internet, après avoir installé Photoshop et Dreamweaver sur son ordinateur, et lu quelques tutoriaux. Je ne remets pas en cause le talent de certains free-lance ayant appris sur le tas la manipulation de ces outils bien au contraire, surtout lorsquʼon connaît la difficulté existante de maîtriser ces logiciels (ah lʼinsupportable lasso magnétique, ou cette baguette magique dont il faut régler la tolérance).

Le but ici est surtout de mettre en avant le fait que ce « tout-accessible » nʼa pas que des côtés bénéfiques, à mon avis. Alors bien sûr, si je me place en tant que patron dʼune petite entreprise, jʼai tout intérêt à aller voir un free-lance ou me pencher moi-même sur ces logiciels plutôt que de me rendre dans une agence spécialisée dont cʼest le métier (cʼest-à-dire quʼau delà de la maîtrise technique, il y a un travail de réflexion et dʼanalyse derrière pour rendre une création aussi esthétique quʼefficace) mais dont les honoraires seront certes beaucoup plus élevés.

Mais voilà, à l’heure du tout numérique, tout le monde peut tout faire, et d’un certain côté tant mieux, vu les pépites qui ont pu être produites, et la possibilité donnée à certains créateurs de s’exprimer et de développer leurs idées rapidement et sans contraintes. Mais quand je vois le site internet et les couleurs utilisées par certaines entreprises, je me demande si cette accessibilité est entièrement bénéfique. Parce qu’au-delà du fait de faire quelque chose d’objectivement peu esthétique, ils donnent alors une mauvaise image d’entreprise, et ils disent ensuite : « c’est pas grave, ce qui compte c’est juste d’être sur le web ». Il est évident quʼêtre sur le web est un facteur très important pour une entreprise, mais on en oublie souvent que le plus important est la façon dont on y est présent. Et je rebondis donc sur le fait que ce cette grande accessibilité a incité tout le monde à se précipiter sur lʼoutil internet, sans se demander comment lʼexploiter, et doit maintenant travailler deux fois plus pour redresser le tir et donner une image correcte de lʼentreprise.

On retrouve bien-entendu cette problématique avec les réseaux sociaux, où les entreprises, au-delà de leur présence dessus, cherchent à être attractives et à gérer correctement leur image.

Alors bien sûr quʼil est intéressant de se pencher sur ces technologies et dʼen maîtriser certains aspects, mais il est à mon avis nécessaire de savoir reconnaître que nous manquons (souvent) de compétences dans plusieurs domaines, et quʼil faut savoir faire confiance à des personnes spécialisées dans lesdits domaines.


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15 commentaires

  1. Bonjour,
    C’est allez un peu fort en laissant le professionnalisme aux « professionnels ». On rencontre en effet pas mal de particuliers qui touchent bien ce genre de logiciels et qui ont le sens artistique sans pour autant être bardés de certificats…
    Tous les sites internet pourris sont loin d’être réalisés uniquement par des amateurs et vice versa (france.co, etc.)… Pour les logos, idem (cf. Gap).
    Alors non, ces professionnels ne sont pas omniscients et il faut encourager le partage du savoir afin que tout le monde se forme d’avantage aux bonnes pratique, plutot que de vouloir réserver cela à une « élite »!
    bonne journée

  2. Entièrement d’accord avec cet article. Je le mesure fréquemment dans mes relations clients.

    La manière dont nombre d’entre eux réagissent vis-à-vis du site Web de leur entreprise/commerce est parfois carrément irrationnelle, c’est à dire en décalage complet avec les efforts qu’ils consentent à l’image de leur entité commerciale dans le monde réel et ceux qu’ils envisagent pour la toile.

  3. Et pourtant il est si dur de trouver des personnes/prestataires réellement compétent(e)s dans leur domaine…

    Preuve que l’accès à l’information est vraiment loin d’être suffisant ! Il permet juste aux talentueux de réussir là où ils n’auraient eu aucune chance par manque de moyens, de contacts ou de crédibilité, etc…

    Cela place en difficulté des sociétés bien établies qui font du travail bâclé en dehors des réalités économiques. Et encore, quand on voit ce que donnent certains projets étatiques, publiques et de grands groupes, on peut se demander si elles sont réellement en danger…

    Aux « professionnels » de faire mieux que les « freelance » et de justifier leurs honoraires. Fair game.

  4. Je travail dans le monde de la photo et beaucoup de gens pensent pouvoir faire aussi bien qu’un pro parce qu’ils ont invertit un mois de salaire dans un reflex et téléchargé Photoshop. « Savoir reconnaître que nous manquons (souvent) de compétences dans plusieurs domaines »: toute la difficulté est la.

  5. Ce billet est une belle mise en abîme : « Aujourdʼhui, nʼimporte qui, et je m’inclus dedans, peut se prétendre rédacteur sur le domaine du web ».

    Je sais pas si c’est de la naïveté ou de la mauvaise foi mais considérer que quand une entreprise accepte un travail bâclé ou mauvais de la part d’un Freelance, c’est de la faute de ce dernier…

  6. … « agence spécialisée dont cʼest le métier » .. « Le freelance a la maîtrise technique, mais pas le travail de réflexion » ? Je comprends pas l’amalgame entre le freelance et le bidouilleur dimanche…

  7. @eric
    Un jour, il sera admis qu’une entrerpise ferait mieux de ne pas être présente si elle ne se donne pas la peine de le faire correctement.
    Et tant pis pour les autres, ils auront peut être le privilège de finir finaliste ou vainqueur des craypiondor !

    D’alleurs, le vainqueur 2010 montre que l’on peut avoir le budget et mal s’entourer, y compris dans un domaine où l’image est primordiale 😀
    http://lescraypiondor.com/2010.....avenir-v-1

  8. Comme tu le dit toi même, ce n’est pas le tout accessible qui fait du tord aux entreprises, c’est l’utilisation sans discernement qui l’est.

    Ce n’est pas bloquer l’accès qui serait le plus profitable, mais surtout former, créer des gens de bons sens(et de bon gout?).
    Bien sur, bloquer l’accès c’est beaucoup plus simple.

    De toute façon pour moi c’est du darwinisme, si un site perd des clients parce qu’il est « je m’en foutiste » de son image ou de sa relation client et qu’il veut juste suivre la mode sans but précis ni se l’approprier un minimum, c’est qu’il ne mérite pas de survivre…

  9. je pense que le débat est global, pas limité aux entreprises, les atout et les inconveniants sont les même pour les particuliers.
    le point noir majeur de mon point de vue est que n’importe qui peut se prétendre expert en X ou Y en ayant les moyens pour le faire croire avec des beaux sites clé en main fait en 5 minutes par des newbies.
    Il y a 10 ans c’était beaucoup moins cela.

  10. Je suis tout à fait d’accord avec votre article. On ne peut pas s’imposer graphiste ou webdesigner si on a pas un minimum de talent. Pour moi la meilleure des solutions pour réaliser des créas sympa c’est de faire appel aux professionnels du métier (agences). Si néanmoins dans son réseau on connaît des gens qui travaillent en Freelance et qui ont un « don » pourquoi pas les embaucher. Je reste cependant convaincu qu’on ne s’improvise pas graphiste, on a ça en soi.

  11. Clément

    Bonjour,

    Je reviens sur les propos de Nikkau et Fred, qui ont raison de souligner que je n’ai pas distingué, et à tort je le reconnais, le free lance doué du bidouilleur. Je voulais simplement mettre en avant le fait que beaucoup de personnes s’improvisent free lance, ce qui est néfaste à ce métier. Et en effet, c’est également la faute des entreprises qui ne savent pas forcément s’entourer, peut-être par manque d’intérêt

  12. C’est vrai que créer un bon site web demande beaucoup de réflexions dans de nombreux domaine. Trop d’entreprises ont négligé cette aspect pendant longtemps.

  13. C’est vrai que l’accès à l’information grâce à internet est une grande avancée pour toutes les personnes pouvant si connecter. Malgrès tout, certains métiers se sont vus dévaloriser à cause de bricoleurs sans talent, vendre des prestations à des prix très bas que le professionnel ne peut suivre en y passant le temps prévu d’un professionnel. Ce qui au fur et à mesure du temps a dévalué la valeur de certains métiers. De plus certaines entreprises confondent une prestation de freelance (bonne ou mauvaise) et le travail d’une équipe multispécialiste. Très souvent ces entreprises confient un travail qui néccésite une équipe de plusieurs personnes à un freelance ce qui conduit les projets dans le mur ou baclé.

  14. Comme dit plus haut cette ouverture de tout pour tous est bénéfiques pour une partie des entreprises. Ce qui m’embête le plus c’est qu’on risque de voir un dérive qui serait un web poubelle constitué de sites sans aucun intérêt pour l’entreprise qui l’a créé car non informationnel, non ergonomique … et un mauvais site peut avoir à mon avis un impact très négatif sur la clientèle. Enfin bref le « faisons confiance aux professionnels » est très vrai !

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