Les autorités européennes faisaient depuis quelques temps pression sur l’Irlande pour que leurs homologues soient plus durs envers WhatsApp. Jeudi 2 septembre 2021, le régulateur irlandais a ainsi infligé une amende de 225 millions d’euros au groupe Facebook.
En cause : la politique de la firme de 2018 en matière de vie privée qui était contraire au Règlement Général de Protection des Données qui protège les citoyens européens contre l’exploitation abusive des données personnelles des utilisateurs. Le régulateur Irlandais explique dans un communiqué de presse que sa décision est motivée entre autres par le “traitement des données [des utilisateurs, ndlr] entre WhatsApp et d’autres entreprises de Facebook”.
WhatsApp : le régulateur Irlandais sous pression pour appliquer plus durement le RGPD
Initialement le régulateur irlandais n’avait prévu qu’une amende de 50 millions d’euros. Mais le régulateur a dû revoir sa décision en cours de route sous la pression de ses homologues du continent. Ce n’était d’ailleurs pas la seule critique des autres Etats-membres. Est reproché à l’Irlande sa relative complaisance à l’égard des multinationales américaines, notamment le fait que les tribunaux ont tendance à beaucoup traîner avant de rendre une décision qui risquerait de froisser ces entités.
Le consensus est désormais que les autorités Irlandaises ne devraient laisser aux GAFAM que trois mois pour se remettre en conformité avec les règles européennes contre six actuellement. Car ce que cherchent désormais les autorités européennes, c’est bien d’uniformiser l’application du RGPD. Même si l’amende visant WhatsApp peut paraître élevée, elle paraît en effet bien faible par rapport aux 886,6 millions d’euros infligés à Amazon par le Luxembourg au mois de juin pour des motifs similaires.
Pourtant le RGPD est un outil formidable et unique au niveau mondial pour encadrer l’activité des GAFAM qui agissent souvent au-dessus des lois nationales, ou font pression pour tenter de les modifier. Un rapport de force que le dispositif RGPD inverse radicalement. A condition bien sûr que le règlement soit appliqué partout de la même manière.
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Bien sûr, comme vous vous en doutez, WhatsApp a vivement réagi contre cette décision : “nous sommes en désaccord avec la décision d’aujourd’hui sur la transparence que nous avons délivrée aux gens en 2018 et les sanctions qui sont complètement disproportionnées”, explique un porte-parole de WhatsApp à Reuters.
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