C’était le 29 novembre 2021 et depuis, plus aucune trace de sa plateforme. Wish, le géant du e-commerce aux produits à moindre prix venus de Chine, a déserté le marché français (l’un de ses principaux) après que le Gouvernement ait pris la décision d’en écarter l’ensemble des moteurs de recherche et magasins d’applications.
“Je veux être très clair : je poursuivrai en justice les plateformes qui refuseront de déréférencer le site internet de Wish et son application mobile. Les géants du numérique ne sont pas au-dessus des lois”, écrivait alors Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances sur Twitter. Depuis, la décadence de Wish s’est étendue. Son avenir est menacé.
“Wish n’a pas évolué”
Plusieurs anciens employés ont répondu à des questions lors d’une enquête parue cette semaine dans le New York Times. Le quotidien américain s’est penché sur la très secrète entreprise au siège californien et à la moitié des bureaux en Chine. Le contexte est préoccupant : les revenus du dernier trimestre ont chuté de 76% et l’action en Bourse est passée de 24 dollars à sa cotation en 2020 à seulement 2 dollars aujourd’hui.
“Wish n’a jamais évolué”, songeait Christian Limon, l’ancien responsable de la croissance de Wish de 2016 à 2017. Or c’est sur ce point que les autorités françaises attendaient justement la plateforme au tournant. Sans revoir son modèle laissant des arnaques, des produits dangereux et souvent inappropriés.

Instable, le modèle l’était surtout pour sa seule stratégie de publicité via les réseaux sociaux. Pendant longtemps, Wish a dépensé des milliards pour mettre des annonces sur Facebook et Google, devenant même le principal annonceur des deux groupes. Mais le modèle a été très perturbé lors de l’augmentation du prix des publicités. Wish a dû se tourner vers d’autres canaux de diffusions tels que les mails et les SMS, avec l’échec que l’on connaît aujourd’hui.
Pendant son âge d’or, les conditions de travail étaient d’autant plus difficiles qu’elles ne le sont aujourd’hui pour les employés. Interrogés par le New York Times, ces derniers mentionnaient le taux de roulement élevé et les tâches très difficiles pour maintenir la cadence des commandes. Certains reconnaissaient travailler jusqu’à 18 heures par jour pendant la pandémie. En guise d’amélioration, l’arrivée d’un jour de congés chaque mois pour tous les employés…
Pendant ce temps là, sur les hauteurs de Los Angeles, le cofondateur de Wish Peter Szulczewski achetait pour 15,3 millions de dollars la gigantesque villa “Bel Air”, de plus de 1100 m2. Sur place, de nombreuses soirées avec des influenceurs, en pleine pandémie, se sont déroulées et venant ternir une nouvelle fois l’image extravagante d’une entreprise loin d’être soucieuse de l’expérience client et loin de se sentir concernée par les règles.

Le cas “Bestdeeal9” révélé
Le clou du spectacle fut le projet expérimental “bestdeeal9”, que le New York Times a mis en lumière à l’occasion de ses entretiens avec les anciens employés de Wish. Derrière ce nom, un profil de commerçant basé sue Wish et qui proposait des annonces d’une agressivité des prix sans équivalent. “Aucune offre n’était réelle”, écrivaient les deux autrices de l’article, en citant une offre de téléviseur géant de 2 700 dollars disponibles à seulement 1,3 $.
Le but de ce projet, “vérifier que les clients prenaient bien le temps de contacter Wish pour informer de l’arnaque, tant ils ne recevaient pas de produits suite à leur achat avec Bestdeeal9”. Une pratique que les employés mis sur le dossier ont à plusieurs reprises repoussée, cherchant à alerter les dirigeants de Wish de la nature illégale et contraire à l’éthique d’un tel dispositif.
Selon des documents révélés par le New York Times, une liste de 213 000 clients tombés dans l’arnaque sans que cela ne pose de problème à Wish. La plateforme a refusé de commenter sur le sujet “Bestdeeal9”.
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Je suis en train de tout perdre je possède quelques actions Wish certes c’est pas énorme mais quand même un bon petit pactole. Je suis qu’un petit actionnaire. Wish doit vendre, changer de dirigeants si elle veut être sauvé… Et notre argent avec
La prochaine fois ne met pas ton argent dans des arnaques.
Je pense que le traitement de texte de cet article venait justement de chez wish
Vous ne relisez pas les fins d’article parce que vous pensez que personne ne va jusqu’au bout de leur lecture ? Mais je suis là moi !