Les recommandations des différentes plateformes comme Spotify, Netflix, ou encore Amazon ont un petit quelque chose de magique : la plateforme vous connait si bien que plutôt que de vous embarrasser avec des contenus que vous n’aimeraient à coup sûr pas, vous avez droit à une présélection de contenus… qui vous garderont captifs sur le site.
Ces recommandations fonctionnent plus ou moins bien – et requière plus ou moins d’intervention consciente et délibérée de l’utilisateur. YouTube, de son côté semble se baser à la fois sur votre historique de recherche de vidéos, vos “J’aime” et les pressions sur les boutons “Je n’aime pas” et “Pas intéressé”.
Une étude Mozilla critique l’algorithme de recommandations de YouTube
Pourtant comme le montre une étude récente de Mozilla, les boutons “Je n’aime pas”, “Pas intéressé”, et même “Ne pas recommander la chaîne” semblent avoir effet étrangement limité sur les recommandations suivantes qui seront proposées à l’internaute.
A partir des données de 20 000 utilisateurs, les chercheurs de la fondation expliquent que dans le meilleur des cas, l’algorithme continue de présenter à l’utilisateur des recommandations semblables aux chaînes et contenus qui ne l’intéressent pas – dans plus de la moitié des recommandations.
Dans le détail, appuyer sur “je n’aime pas” réduit les recommandations indésirables de 12% quand “pas intéressé” ne réduit le pourcentage que de 11%. “Ne pas recommander la chaîne” est par comparaison nettement plus efficace, puisque cela permet de réduire en moyenne 43% des mauvaises recommandations.
Retirer un résultat de l’historique réduit quant à lui le nombre de recommandations indésirables de 29%. Selon les chercheurs les recours proposés par YouTube pour améliorer les recommandations restent à ce stade insuffisants :
“Youtuve devrait respecter le retour que les utilisateurs partagent sur leur expérience, et les traiter comme des signaux qui donnent du sens sur la manière dont les gens veulent passer leur temps sur la plateforme”, peut-on lire dans l’étude.
Apparemment, il ne s’agit pas d’un bug
Interpelé par The Verge YouTube explique que ce comportement est intentionnel et critique les conclusions des chercheurs :
“Nos contrôles ne bloquent pas totalement des sujets entiers ou points de vue car cela pourrait avoir des effets négatifs sur les utilisateurs. Nous sommes favorables à la recherche universitaire sur notre plateforme. C’est pourquoi nous avons récemment amélioré notre API d’accès aux données au travers de notre programme YouTube Researcher Program. L’étude de Mozilla ne prend pas en compte la manière dont nos systèmes fonctionnent, et il est en conséquence difficile pour nous d’en tirer beaucoup d’idées”, explique Elena Hernandez, porte-parole de Google.
Mozilla tire en effet ses chiffres d’une source indépendante de YouTube. La fondation a demandé à des volontaires (20 000 au total) d’utiliser l’extension Mozilla RegretsReporter qui superpose un bouton général “Ne pas recommander” sur les vidéos visionnées par les participants.
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L’échantillon était par ailleurs, en coulisses, classé dans des groupes en fonction de leur recours aux boutons “Je n’aime pas”, “pas intéressé”, “ne pas recommander la chaine”, “retirer de l’historique”. Les données des participants ayant le plus recours à ces options était comparées à celle d’un groupe de contrôle qui utilisait youtube sans passer par ce type d’interactions.
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