La grande offensive d’Uber : un sondage et une pétition

Contre l’adversité des lobbies et des gouvernements, Uber publie un sondage et lance une pétition sans langue de bois pour soutenir son service de co-voiturage uberPOP.

Paris_hero_uberpop

La vie n’est pas toujours facile pour le service de Voitures de Tourisme avec Chauffeur (VTC) Uber. Entre les lobbies de taxis résolument (et parfois violemment) hostiles, les gouvernements pas très courageux qui cèdent sous la pression des mêmes lobbies et sortent à la hâte des réglementations stupides, et même la rébellion de ses propres chauffeurs, il vaut mieux avoir le cuir un peu dur quand on dirige ce type d’entreprise.

La réponse à ces tracasseries corporatistes et ministérielles ? Rien de tel que faire appel au peuple, qui lui a vite compris où était son intérêt, via un sondage et une pétition.

Un sondage, d’abord, qui dit que…

Les Français sont de plus en plus sensibles aux solutions de transport entre particuliers

Selon un sondage réalisé par CSA à la demande d’Uber, les solutions de transport entre particuliers intéressent 54% des Français. 83% des Français perçoivent le transport entre particuliers comme étant un moyen d’améliorer leur pouvoir d’achat, alors que 17% de la population interrogée a eu recours au transport entre particuliers au cours des 12 derniers mois, un chiffre qui monte à 36% pour les 18-24 ans.

Pointant le manque de flexibilité des horaires, les prix élevés ou la mauvaise desserte de certaines zones comme principaux obstacles rencontrés pour se déplacer sur des trajets courts autrement qu’avec leurs voitures personnelles, 57% des Français interrogés considèrent qu’il est difficile de se déplacer en France pour ce type de trajets sans sa voiture personnelle. Les chiffres varient fortement selon l’âge et le lieu d’habitation des personnes interrogées. Le sentiment de difficulté s’accentue avec l’âge (70% des 65 et plus contre seulement 35% des 18-24 ans) et l’isolement géographique (74% des personnes habitant dans les communes rurales contre seulement 39% dans l’agglomération parisienne).

Dans ce contexte, les Français s’ouvrent à de nouveaux modes de consommation, qu’ils estiment complémentaires aux autres moyens de transport par leur prix, leur accessibilité ou leur convivialité. Le transport entre particuliers permet aux particuliers de proposer de transporter d’autres particuliers avec leur véhicule personnel, et est de nature à répondre à cette attente des Français.
 
L’intention de recourir au transport entre particuliers est motivé par des raisons pragmatiques en phase avec les préoccupations des Français : pouvoir d’achat, environnement, sécurité…

Méthode du sondage : échantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées par internet du mercredi 12 au vendredi 14 novembre 2014. Méthode des quotas basée sur sexe, âge, profession de la personne interrogée, stratification par région et catégorie d’agglomération.

infographie Uber sondage

Ensuite, la pétition pour plaider la cause d’uberPOP

L’autre volet de l’offensive Uber consiste en une pétition qui invite les clients et la population à soutenir uberPOP, le service de co-voiturage Uber entre particuliers. Et là, le ton est beaucoup moins neutre que dans la pétition, et je vous avoue que personnellement cette tonalité n’est pas pour me déplaire car elle change de la langue de bois business corporate habituelle. On sent que les gars ont un petit peu la rage contre les lobbies et qu’ils ne se gênent pas pour envoyer un le bois, y compris en ironisant sur un « ministre éphémère ».

La solution de transport entre particuliers uberPOP est aujourd’hui menacée par les attaques en justice du groupe Transdev, qui jouit depuis des décennies d’une situation de quasi monopole sur les transports collectifs français, ainsi que celles de plusieurs syndicats de taxis.

Ces attaques s’appuient sur une loi votée en urgence cet été, sous la pression de lobbies cherchant à protéger leur rente, et au détriment des consommateurs qui n’ont pas été consultés. Cette loi était portée par un député, Thomas Thévenoud, ministre éphémère, dont l’absence de crédibilité ne fait aujourd’hui plus de doute.

Généralement les pétitions ne sont pas trop ma tasse de thé, non pas que je ne croie pas que quelques causes méritent d’être soutenues, mais tout simplement parce-que ce format me parait souvent assez vain. Mais celle-ci offre la possibilité au public de s’exprimer sur un sujet qui devient un véritable enjeu de société. Bien sûr on sait que chez Uber ce ne sont pas non plus des philanthropes ni des enfants de chœur (il se pourrait même qu’ils soient déjà de sales capitalistes milliardaires qui exploitent de pauvres chauffeurs indépendants), mais ce n’est pas le sujet. Sans soutenir Uber intuiti personae, cette pétition soutient in fine une nouvelle forme de société, l’économie collaborative et l’innovation que permettent internet et les technologies mobiles. Elle s’inscrit également en faux contre les lobbies et la couarde bêtise des gouvernements qui se couchent devant n’importe-quelle corporation « avec pouvoir de nuisance ». Rien que pour cela, elle mérite à mon humble avis qui n’engage que moi un petit coup de pouce.

Et souvenez-vous : on ne peut pas avoir Uber et l’argent d’Uber.


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20 commentaires

  1. « Ne serait-ce que pour le jeu de mot de la fin Eric » – Que pour cela 🙂 Tant de mots pour plaider la cause d’une saloperie. Uber est une plaie initiée, soutenue par Google (Eric se prosterne devant Google), plaie pas qu’en France du reste. défendre une telle cause signe une ringardise profonde.

    • Eric

      @ Courageux Anonyme : votre commentaire ne fait que renforcer ma conviction qu’il faut soutenir Uber et tous ses confrères contre les lobbies (dont vous faits sûrement partie, taxi probablement). Quant à « Eric se prosterne devant Google » c’est d’un comique achevé, bravo pour la bonne dose de rire du soir 🙂

  2. Bonjour, je ne suis pas véritablement fan des législations venant brider une nouvelle activité, toutefois il ne faut pas jouer le trop du néo-libéralisme ou avancer à découvert Mr.Eric.

    Je n’ai pas d’avis sur le fait qu’il fasse ou non autoriser l’activité d’uber toutefois si l’on autorise uber à prendre une partie de la clientèle des des taxis, alors il faudra bien leur rembourser leur licence gage étatique de leur monopole.
    Si l’on accepte uber sans leur rembourser cette licence, cela serait (humm ?!) du vol !!
    Alors qui paiera, vous Mr.Eric, Uber ou l’Etat ??? !

    Moi je prefere dire merde à uber, je dit merde au transfert de richesse trop important qui s’effectue vers la californie!!

  3. Tout le monde il beau tout le monde il est gentil dans l’économie collaborative… mais voyons … 😉
    ce genre de services et ces plateformes il faut les appeler par leur nom , de nouvelles agences de travail temporaire sans aucun type de contrôle et encore moins de règlementation.
    Depuis le web2.0 nous sommes tous devenus des petits travailleurs volontaires, des plateformes web parfois même sans nous rendre compte ces grands amis de l’esprit collaboratif l’ont bien compris.. que les grands bénéficiaires sont au final eux.

  4. L’histoire de la licence est un faux problème, ce sont les chauffeurs de taxis et leurs exploitants eux-même qui ont créé une bulle afin de se créer une manne.

    Tout le monde oublie que la première personne qui a une licence l’obtient GRA-TUI-TE-MENT !

    L’état a fait le con en ne plafonnant pas le prix de cette licence, tout simplement.

    Fut un temps on pouvait acheter une licence 60-70 000 euros pour la revendre 5 ans plus tard 120-150 000 euros. Si vous trouvez ça normal, vous avez un problème.

    Les taxis se sont tués eux-mêmes, de par leur service, leur refus de faire des petites courses (à Lyon par exemple un soir de weekend, essayez de trouver un taxi qui voudra faire Hotel de ville – Croix rousse en passant par le tunnel de la rue terme), et en faisant gonfler le prix de leur propre licence au fil du temps. Voilà voilà.

  5. @Fayet : Les taxis se sont enfermés tous seuls dans l’explosion des prix de licence. A la base, il y en a un nombre limité (pour éviter un déferlement de taxi) mais gratuit, distribué selon une liste d’attente à la préfecture de Paris.
    Quand un taxi prends sa retraite, il est sensé rendre sa licence à la préfecture qui la redistribue, sauf qu’ils ont demandé a ce qu’elle soit cessible, et ont fait grimper les prix années après années.
    Leur situation, ils s’y sont mis tout seuls dedans, et c’est leur problème pour s’en sortir.
    Quand y a un crach immobilier ou boursier, on rembourse les investisseurs qui ont perdus de l’argent ?
    Non, c’est le risque de la spéculation.
    Uber permet des voyages moins cher et plus agréables.
    Si ca pose un problème aux taxis, qu’ils s’adaptent, ou qu’ils lâchent leur licence et qu’ils se mettent au même régime que les VTC.

  6. Pingback: La grande offensive d’Uber : un sondage e...

  7. Eric

    Effectivement, comme très bien expliqué par @jojo et @Iceksy ci-dessus, la licence est le seul argument des taxis et c’est un argument bidon juste destiné à faire pleurer dans les chaumières.
    La licence n’est pas un truc exclusif aux taxis, dans d’autres domaines du commerce cela existe aussi. Pour une boutique par exemple cela s’appelle un pas-de-porte ou un droit-au-bail, et dans une grande ville ça coûte souvent plus cher qu’une licence de taxi. Est-ce pour autant que les commerçants menacent de bloquer une ville ou se livrent à des actes de violence quand un concurrent s’installe ou quand un site de e-commerce ouvre ?
    Il y a deux façons de faire face à la concurrence : la façon intelligente, s’adapter, observer ce que les concurrents font mieux que soi et essayer à son tour de faire aussi bien, voire mieux. Et il y a la méthode de certains taxis (pas tous heureusement, mais ceux qu’on voit le plus) : menaces et violences physiques, manifestations agressives, blocages, pression sur les élus, etc…
    C’est dommage parce-qu’une bonne partie des taxis font l’effort de s’adapter, on sent une nette amélioration du service depuis l’émergence des VTC, et il y a sûrement de la place pour tout le monde vu la demande, mais leur image est sabotée par des groupes de jusqu’au boutistes qui ne rendent vraiment pas service à leur profession.

  8. J’ai signé ma pétition. Mais je dois avouer avec une dose de frustration a ne pas avoir pu mettre de réserve.

    Pour moi, la licence des taxis est un faux problème. L’argument du risque de l’investissement dans un domaine spéculatif est parfait. Y a pas besoin de plus.

    Par contre, mon problème avec l’économie collaborative, c’est l’industrialisation du travail au black. Pour moi, une loi devrait imposer aux intermédiaires que sont Uber, BlablaCar ou autres AirBnb de collecter automatiquement les obligations pour les particuliers, ou d’obliger de donner un numéro de Siret valide.

    Ce n’est pas des plus aisé à mettre en place, et bien sur tout ne pourra pas être collecté.

    AirBnB a bien lancé la démarche en discutant avec l’état de la collecte de la taxe de séjour.

    De mon point de vue d’autres choses pourraient être faites automatiquement :
    – collecte de la TVA pour les particuliers
    – transmission de montant annuel gagnés (un peu comme un employeur déclare les revenus de ses salariés)

    Tout peut être adapté avec des niches. Exemple, défiscalisation des 1000 € premiers euros pour pas freiné complètement les consommateurs a proposé en partage leurs biens/services.

    Tout ça pour dire, je trouve ça bien que les parlementaires creusent le sujet. Mais ils devraient plus chercher à l’encadrer qu’à le bloquer.

    • Eric

      @Julien : certes il faut encadrer, mais si pour une fois, avec les possibilités offertes par internet et la tech on laissait un peu RESPIRER quelques secteurs naissants de l’économie sans les bombarder immédiatement de réglementations et de taxes ? Et si on lassait les particuliers, qui étouffent entre taxes et chômage, se créer tranquillement de petits revenus entre eux, qui ne nuiront à personne et redonnent un peu de pouvoir d’achat et donc d’optimisme dans l’avenir, sans parler tout de suite d’industrialisation du travail au black ? Ce pays crève à petits feux sous les réglementations, les lois, les taxes, les lobbies… De l’air !!!

  9. Je ne soutiens pas les taxis qui pour certaines villes sont une véritable mafia (Toulouse par exemple), et j’aime VRAIMENT bien Uber, mais franchement uberPOP ça reste un truc illégal : certains parlent de commerçants qui ne rechignent pas quand les concurrents s’installent… mais c’est parce qu’ils le font légalement… que diraient-ils si un vendeur ambulant non déclaré s’installait à côté de sa boutique et vendait la même chose en moins cher (et moins bien car non pro… oui uberPOP c’est moins bien, normal ce sont des particuliers)… de la même façon, que diriez-vous si votre voisin ne payaient pas ces impôts ?
    C’est pareil que quand vous fermez les yeux quand il s’agit d’employer quelqu’un au noir.

    Alors leur pétition, merci mais non merci, surtout quand ça arrive d’une grosse boite américaine qui vient pleurer comme si c’était une cause humanitaire. Je préfère garder mes sous pour les vraies causes.

  10. J’utilise beaucoup Uber Pop sur Lyon, les courses me reviennent en général entre 4 et 9 euros (quand je n’ai pas du crédit offert par uber grâce au parrainage). En sachant qu’uber prend 20% du prix de la course, je laisse donc au chauffeur entre 3,20 et 7,2 euros. Si sur ces 3,2-7,2 euros, l’état intervient, il va prendre 30%. Il va donc resté au chauffeur entre 2,3 et 5,1 euros. Mes courses font entre 5 et 8 km, on va enlever quoi : 1 euros de carburant. Je laisse donc au chauffeur entre 1,3 et 4,1 euros si l’état intervenait. De plus, qui dis « intervention de l’état » dis obligation d’assurance transport, aux frais du chauffeur. Au final le chauffeur perdrait de l’argent.

    Dans le cas d’uberpop, à l’heure d’aujourd’hui, l’argent versé par uber va permettre au chauffeur d’entretenir sa voiture sans pour autant sortir cet argent de son salaire.

    Il va donc économiser son carburant en gros. Dans les temps durs, c’est un luxe de permettre a un père de famille ou un étudiant de permettre à d’autres personnes de lui payer son essence grâce au service rendu.

    Je ne suis pas un entrepreneur dans l’âme mais qu’on ne me parle pas d’industrialisation du travail au black quand il ne reste qu’un « pourboire » au chauffeur, on est vraiment dans un service rendu à titre quasi-gracieux.

    Dans le cas de Lyon, les flics ont autre chose à faire que de gérer des bambins ou des quadras qui rendent une mission d’utilité publique, en évitant que certaines personnes ne se fassent pas agresser en rentrant seul la nuit, ou décide de prendre leur voiture alcoolisé.

  11. @eric et @jojo
    Quand je parle d’industrialisation du travail au black, ce n’est pas pour uberPop particulièrement. Mais plutôt je pense à EBay et Leboncoin ou de nombreux abus existent, ou encore Airbnb ou des particuliers génèrent plus qu’avec un bail normal et pas déclaré comme un bail normal.

    C’est pour ça que j’aurai aimé mettre une réserve.

    Par ailleurs, pour uber je suis bien plus préoccupé par leur stratégie commerciale de la terre brûlée. Ils font de la vente à perte, ce qui est illégal en France.

    Donc oui au VTC par mobile, mais pas forcément oui à uber.

  12. @Eric : Je ne pense pas que c’est laisser respirer les gens de leur laisser profiter d’une faille du système. Prenons l’exemple de Airbnb dans lequel on a plus de recul qu’Uber, le constat est plutôt négatif.
    – Pour le consommateur, il n’y a aucune obligation sanitaire et aucun contrôle, donc c’est souvent la mauvaise surprise lorsque t’arrives dans le logement (j’en ai fais plusieurs fois les frais)
    – Pour les pro, qui sont obligés de payer les taxes, c’est vraiment une concurrence déloyale puisqu’une très grande majorité ne déclare rien. A moins que tu penses que les Grecs ont respiré profondément et sont un exemple à suivre (pour bosser au black), je ne vois pas comment un pro peut s’adapter.
    – Pour les locaux, à Barcelone il y a de grosses manifestations d’habitants. Par exemple le quartier de la Barceloneta est surpeuplé de logements sous-loué pour Airbnb, les prix des logements exposent, et le tourisme bas de gamme aussi (dans ce quartier). Il y a même des propriétaires qui payent leur locataire pour qu’ils quittent le logement, car tu peux te faire 10 fois plus en logement courte durée…

    Je suis le premier à encourager ce genre de site, mais je pense au contraire qu’un encadrement (qui viendra forcément tôt ou tard) fera du bien pour tout le monde.

    • Eric

      @Nicolas : si tu regardes bien, j’ai commencé mon commentaire auquel tu réponds par « certes il faut encadrer » 🙂 Je suis d’accord avec toi mais tu prends des cas un peu extrêmes (Grèce, Barcelone) qui restent des exceptions. Quand l’état est trop présent et donne l’impression de vampiriser puis de tuer toute initiative qui pourrait créer de la richesse, je pense que le réflexe du « black » entre citoyens devient légitime et même vital. Alors oui il faudra qu’il y ait un cadre, mais en attendant tant mieux pour ceux qui arrivent se faire un peu d’argent de poche en louant leurs biens via AirBnB ou autre sans que l’état vienne fourrer ses sales pattes dans leurs poches pour leur en prendre la moitié… (je précise que je n’en fais pas partie) 🙂

  13. Un peu d’avancé sur le sujet, l’état a fait passé sa loi, mais Uber a su réagir intelligemment.
    Uber Pop devrait disparaitre au profit d’un « Uber XS » où Uber payerait une formation de 250h pour ceux qui désirent devenir pro.
    Pour le coup le consommateur et les VTC sortent gagnants 🙂

  14. Pétition de merde pour la prolifération capitalistique !!! Pour achever les petits. Société de moutons pour quelques Berger notamment uber le bienfaiteur. Rien à foutre de cette startup qui joue a saute moutons avec le monde entier. Vive les indépendants !!! apprendre à bêler pas pour moi !!!

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