CNews en danger ? Sur le site de l’Assemblée nationale, une pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé le seuil des 500 000 signatures ce lundi 2 novembre. De fait, l’Assemblée nationale pourrait se pencher sur la question, mais avant d’en arriver là, la pétition doit d’abord passer par plusieurs étapes.
Cette pétition a été créée par Lucas Massoni en juin dernier. Si, durant les premiers mois de son existence, elle n’a pas vraiment attiré les foules, l’attentat de Trappes et de La Verrière du 23 octobre dernier l’a remise sur le devant de la scène. En quelques jours, elle a réuni plus de 500 000 signataires. La pétition accuse CNews de ne plus informer, mais de relayer une propagande et d’enfreindre régulièrement la loi :
« CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français.
Passons en revue ce que l’on entend sur cette chaîne, en prime time, sur une fréquence publique :
Des Français noirs comparés à des “grands singes” et à des “tribus primitives”. Des mineurs étrangers qualifiés de violeurs, tous, sans distinction. Les origines d’Aya Nakamura, de Rima Hassan, moquées en boucle. Des appels à la déchéance de nationalité contre une élue de la République. Et, comble du révisionnisme, Pétain présenté comme le sauveur des juifs de France.
Pour ces raisons nous demandons :
– Le retrait immédiat de la convention TNT de CNews
– La fermeture de la chaîne »
CNews peut-elle fermer ?
Une pétition qui atteint les 500 000 signatures peut donc faire l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale. Avant cela, elle doit toutefois franchir plusieurs étapes. La commission des affaires culturelles de l’Assemblée devra d’abord l’examiner et décider de lui donner suite ou de la classer sans suite. Elle sera ensuite soumise à la conférence des présidents. Si ces derniers décident d’aller plus loin, les députés pourront alors en débattre dans l’hémicycle.
Toutefois, cela n’aboutira pas à la fermeture de la chaîne. Seule l’Arcom a en effet le pouvoir de lui retirer ou non sa fréquence, et ce, malgré les nombreux rappels à l’ordre et les sanctions financières. Ici, nous touchons à un tout autre sujet, éminemment politique, qui ne concerne pas uniquement la chaîne de Vincent Bolloré, mais le paysage audiovisuel dans son intégralité. De son côté, CNews refuse de commenter et évoque une « pétition politique ».
Cette pétition, très médiatisée, a cependant le mérite de mettre le sujet sur la table et d’engager le débat.
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