A la lumière des réactions – parfois enflammées – que suscitent certains de mes articles, souvent ceux que je considère les plus anodins, je constate ce qui s’impose de plus en plus comme un fait incontestable : il y a une certaine forme d’état d’esprit, d’humour (parfois très noir) ou de second degré (même si

A la lumière des réactions – parfois enflammées – que suscitent certains de mes articles, souvent ceux que je considère les plus anodins, je constate ce qui s’impose de plus en plus comme un fait incontestable : il y a une certaine forme d’état d’esprit, d’humour (parfois très noir) ou de second degré (même si je n’aime pas trop cet aphorisme un peu fourre-tout) qui ne passe définitivement pas à l’écrit.

Ou alors cela vient de moi, tant il est vrai que j’ai parfois beaucoup de mal à exprimer sans les trahir les idées les plus simples. Et forcément quand on s’exprime mal devant 10000 lecteurs, cela se retourne invariablement contre vous.

J’en fais encore l’amère expérience avec ce billet aujourd’hui, qui a suscité tellement de réactions, certes modérées et peu hostiles, mais néanmoins contradictoires, que c’est à vous dégoûter à jamais de continuer à bloguer.
Cependant, une majorité ne peut jamais avoir complètement tort : j’en déduis que, une fois de plus, mon billet était probablement maladroit, que je me suis mal fait comprendre, et qu’il a pu par conséquent heurter certaines sensibilités, comme on dit au journal télévisé.
Je fais donc acte de contrition et je m’en excuse auprès de ceux qui ont mal compris mon propos.

Alors qu’à l’origine il y a un simple clin d’œil bien anodin sur le parallèle que l’on peut faire entre l’art et ses ersatz numériques.
Le sujet était léger (on parlait d’un jeu vidéo, pas de la Shoah quand même), le ton primesautier, je trouvais le thème intéressant (mais apparemment j’étais le seul) et bien sûr, bien sûr, tout était à prendre au figuré. Vous ne croyez quand même pas que mon paragraphe sur la drogue ou les petits branleurs était sérieux ? Si ? Ok alors j’ai eu tort de penser que mon humour à deux balles pouvait passer partout et être compris de tous.

En fait, ce qui m’afflige le plus dans ces querelles stériles, c’est de voir que certains me jugent à l’aune de ces billets d’humour/humour sans me connaître vraiment, sans connaître les 3500 articles que j’ai déjà écrits pendant trois ans dans ce blog. Amnésie collective, ou particulière.

C’est maintenant certain : même dans un blog, même avec un lectorat que l’on croit « habitué », jeune et pas trop conformiste (enfin, normalement), on ne peut pas rire de tout, ni avec tout le monde. Tout simplement parce-que l’on s’expose à une incompréhension générale.

Et non, contrairement à ce que j’ai pu croire pendant un temps (l’illusion du virtuel), on ne balance pas des vannes à deux balles sur un blog comme on peut le faire avec sa bande de potes dans la vraie vie autour d’une bière et quelques cahouètes.
S’il y a une chose que j’ai comprise avec ma petite expérience d’écriveur public, c’est que je ne vous connais pas, et que vous ne me connaissez pas.

Ce constat est rude, abrupt, et réduit peu à peu le champ des possibles, car il incite à l’auto-censure : si j’avais pu anticiper les réactions suscitées par ce billet, je ne l’aurais tout simplement pas écrit. Ou pire, je l’aurais écrit, puis fait relire par deux ou trois proches, qui m’auraient, dans leur grande sagesse, probablement dissuadé de le publier.

Et dire qu’on parlait juste de guitare et d’un jeu vidéo.
Dois-je préciser que – comme je parlais au figuré – non seulement je n’ai rien contre Guitar Hero, mais qu’au contraire je trouve ce concept génial, et que je piaffe d’impatience d’avoir l’occasion de le tester enfin, en espérant qu’il m’éclate autant que la plupart de ceux qui passent leurs nuits dessus.
Mais même là je réfléchirai à deux fois avant de vous faire part de mes impressions : il y aura bien quelqu’un pour venir me dire que le jeu est nul, et que je ferais mieux de faire des articles… utiles.

Utiles. Comme si ce blog était payant. On aura tout vu.