La vie de blogueur réserve parfois de drôles de surprises. Comme celle de se retrouver par un beau matin de début d’automne à près de 12000 kilomètres de chez soi pour photographier un match de football au soleil couchant, au cœur d’un site qui compte assurément parmi les plus beaux endroits de la planète.

immat intro Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)

Petit manuel de géographie footballistique

Pour ceux qui n’auraient pas tout suivi (voir mes articles précédents ici et ici), Sony a mis sur pied une opération d’envergure internationale afin de mettre en valeur l’Exmor R CMOS, une nouvelle technologie intégrée dans ses produits d’imagerie numérique. Cet évènement, baptisé Twilight Football (Football au Crépuscule) consistait à organiser sept matches de football joués au crépuscule dans 7 sites extraordinaires par leur photogénie, situés en différents points de la planète. Les matches ont eu lieu le 22 septembre, jour de l’équinoxe (automne pour l’hémisphère nord et printemps pour le sud), et se sont succédés au rythme des fuseaux horaires correspondants.

Les lieux retenus par Sony étaient donc un terrain flottant sur un Canal à Venise, un terrain sur un glacier à Chamonix (finalement déplacé au dernier moment à Zermatt en Suisse pour de sombres histoires d’autorisations), une arène en Espagne, le Pinnacle Desert en Australie, Les chutes d’Iguazu en Argentine (frontière argentino-brésilienne, le site est en fait partagé par trois pays avec le Paraguay), Tintagel Castle en Cornouailles anglaises et enfin une zone désertique près du Cap en Afrique du Sud. Tous les liens de ce paragraphe pointent sur des albums Flickr, et je vous invite fortement à cliquer si vous voulez vous rincer l’œil avec quelques images superbes.

troisfrontieres Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)

L’opération, organisée par les équipes britanniques de Sony Europe conjointement avec une agence anglaise spécialisée dans l’organisation de ce genre d’évènement, et relayée par les divisions de Sony dans chaque pays concerné par l’aventure, était composée d’un concours permettant à des photographes amateurs de gagner leur place de Twilight Hunter (chasseur de crépuscule) et donc de partir sur l’un des sept spots pour assister au match et faire un reportage photo avec du matériel Sony. Pour la France, les deux lauréats, tirés au sort par l’Equipe Magazine et TF1 sont partis accompagnés d’une personne de leur choix. Nous avions donc 4 Twilight Hunters avec notre petite équipe de frenchies.

passport01 Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)

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La petite famille du football

Côté footballeurs, les équipes étaient composées de sept joueurs pour des matches à cinq (et deux remplaçants, donc), sélectionnés et coachés par un journaliste (Didier Roustan) et un ancien joueur professionnel (Manuel Amoros). L’équipe française rencontrait une équipe espagnole à Iguazu, et chaque match offrait une confrontation entre équipes de différentes nationalités représentant les pays participants. Notre équipe était constituée de joueurs semi-professionnels exerçant dans des championnats de foot à onze, de Futsal ou de Beach Soccer, avec notamment Sébastien Perez, formé à Saint-Etienne et ancien joueur de l’Olympique de Marseille (contrairement à Amoros, il n’a donc jamais joué à l’OL, personne n’est parfait).

team04 Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)

Enfin, un blogueur-reporter était également invité à se joindre à chaque délégation afin de couvrir l’évènement pour chaque pays sélectionné, et c’est donc à Presse-citron qu’a été attribué cet immense privilège par Sony pour la France. Appelez ça voyage de presse ou publi-reportage, comme vous voulez. Moi j’appelle ça surtout une aventure unique et extraordinaire (au sens étymologique du terme), que l’on n’a certainement pas l’occasion de connaître très souvent dans une vie. Pour ceux qui se posent la question : Ahn Phanh du Journal du Geek a accompagné la délégation en Afrique du Sud, mais à titre d’invité « non officiel ».

Une logistique façon no limit

Un mot sur la logistique et l’organisation des matches, qui était à la hauteur de l’évènement, comme nous avons pu en avoir la démonstration  en direct à Iguazu (pour des raisons malheureuses, j’y reviendrai) : chaque match était donc disputé sur un site hors du commun, sur lequel était bâti ou aménagé un terrain de foot provisoire. L’idée étant bien entendu de fournir un contexte propice à la réalisation d’images extraordinaires, voire surréalistes, prises en condition de faible luminosité, en fin de coucher de soleil, afin de démontrer l’efficacité de la puce équipant les derniers capteurs Sony, qui permet de faire des photos de très bonne qualité dans des conditions de faible luminosité, sans recourir au flash (j’ai testé : je confirme, vous pourrez le constater sur ma galerie Flickr dont le lien figure à la fin de cet article).

Ainsi, par exemple, à Venise, une plate-forme recouverte d’un revêtement synthétique a-t-elle été aménagée sur la lagune, alors que dans le désert sud-africain, les joueurs ont pu exercer leur art du dribble et du centre ajusté sous le regard curieux ou snob des occupants des lieux, à savoir, entre autres, éléphants et lions ! Pour notre équipe à Iguazu, je crois pouvoir dire sans trop m’avancer que le site prévu et son contexte dantesque était certainement le plus ahurissant de tous puisque notre match devait se jouer sur une plate-forme installée sur la plage d’une île rocheuse située au cœur, et même au pied des chutes, et accessible uniquement en bateau, comme le montre le plan ci-dessous (cliquer dessus pour agrandir), ce qui aurait donc dû ressembler un peu à ça, en mieux.

plan iguazu
Le site Twilight Football Iguazu (cliquer pour agrandir)

Les matches étaient composés de deux mi-temps de vingt minutes chacune, et quand je vous parle d’organisation au petit poil je vous prie de croire que ce n’est pas une vue de l’esprit puisque dans le dossier qui nous a été remis à notre arrivée, le simple règlement du jeu et les normes du terrain remplissent un document de 10 pages…

La pluie en guest-star de dernière minute

Tout était donc réuni pour que l’évènement soit un truc mémorable, et je crois qu’il l’a été pour la plupart. Malheureusement tout n’a pas été parfait pour autant : le climat s’étant invité sans prévenir un peu au dernier moment, l’équipe dont je faisais partie à Iguazu a dû déchanter dès son arrivée en apprenant que le site sur lequel devait se jouer le match était impraticable en raison de pluies diluviennes qu’a connue cette région depuis quelques semaines : le niveau de l’eau était monté jusqu’à engloutir la plage sur laquelle devait être bâti le terrain sous 9 mètres de flotte… Un niveau pas atteint depuis plusieurs années selon les interlocuteurs locaux.

Exit donc le match au pied des chutes. Fuck. Découvrant cette mauvaise surprise aussi au dernier moment à son arrivé sur place dimanche, l’organisation a donc dû trouver à la hâte un plan B, à savoir un site ou installer un terrain de foot praticable et offrant quand même une vue satisfaisante – sinon spectaculaire – sur le crépuscule et permettant de faire des photos potables. Nous nous sommes donc rabattus sur un village amérindien au cœur de la jungle subtropicale dont les habitants, adorables, nous ont accueillis à bras ouverts, musique locale à fond les baffles. Et si le site était forcément moins grandiose que celui prévu à l’origine, le dépaysement n’en n’était pas pour autant au rendez-vous.

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Cela étant, une balade en bateau le matin du match au pied des chutes et le long de l’île qui aurait dû nous accueillir n’a fait que renforcer nos regrets – qui resteront éternels – face au mauvais tour que nous a joué la météo, tant l’idée de se retrouver ici pour un match de foot au crépuscule avec en bande sonore le tonnerre assourdissant des chutes d’Iguazu était un truc absolument hors normes, dont le souvenir raté hantera certainement tous les participants à l’aventure pendant de longs mois. Un imprévu qui a cependant eu un point positif : avoir vu les chutes d’Iguazu dans leur version la plus torrentielle, autrement dit la plus impressionnante.

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Et ce d’autant que le jour du match il a plu sans discontinuer à tel point que l’annulation pure et simple de celui-ci fut envisagée pendant un moment, jusqu’à ce qu’une éclaircie miraculeuse de deux heures permette enfin à la confrontation tant attendue entre la France et l’Espagne. La suite appartient déjà à la petite histoire : le match se joue par temps sec mais sur un tapis de boue rouge transformant le terrain en patinoire (ou en pataugeoire), la France l’emporte 4 à 2, Sony France découvre qu’il y a dans son équipe une supportrice de choc assez généreuse en noms d’oiseaux à l’adresse de l’adversaire espagnol au cœur de l’action, et les flashes des appareils-photo… ne crépitent pas puisque le but était justement de faire des photos sans flash, voyez-vous.

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Afin de tenter d’imaginer et mieux vous faire comprendre le contexte dans lequel aurait dû se dérouler le match, j’ai réalisé ces deux petits montages sans prétention qui représentent la scène ou ce à quoi elle aurait dû à peu près ressembler si le beau temps avait été de la partie.

montage01 Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)

montage02 Twilight Football à Iguazu : la tête dans les étoiles (et les pieds dans leau)
(toutes photos ou montages illustrant cet article : Eric Dupin)

La part du rêve

Surréaliste. C’est le mot qui revenait le plus souvent dans les propos échangés entre les participants à ce Koh Lanta de luxe. A part peut-être quelques journalistes-reporters professionnels qui sont davantage habitués à couvrir des évènements à l’autre bout de la planète, nous étions quelques-uns à nous pincer régulièrement pour vérifier que nous n’étions pas en train de rêver. Surréaliste, le ratio entre distance parcourue et durée de l’évènement, surréaliste, l’idée de quitter son domicile le dimanche pour y être de nouveau le jeudi soir après un tel périple, surréaliste de réaliser que, le climat étant à peu près équivalent à cette saison, à Iguazu nous n’étions plus en automne mais au printemps (les feuilles faisaient leur apparition sur les arbres), surréaliste enfin cet hôtel de grand luxe à l’architecture incroyable de pierre et de bois exotique, parfaitement intégré dans son environnement perdu au fin fond de la jungle, accessible uniquement en minibus par une piste de terre ocre de 5 kms transformant chaque sortie en rodéo sur le sec ou en séance de dérapages contrôlés quand il pleuvait.

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Un gros investissement, mais quelle retombées pour Sony ?

Pour Sony, l’intérêt d’une telle opération semble multiple, et se mesure sur le court et le moyen terme, comme par exemple :

  • bénéficier d’un buzz important généré par les invités eux-mêmes, y compris les blogueurs bien entendu
  • renforcer son image premium en créant un évènement planétaire que personne d’autre n’avait imaginé jusque-là
  • récupérer un contenu important produit par tous les participants à cette opération, puisque ce sont déjà des milliers de photos et vidéos qui ont été réalisées, avec les droits cédés à Sony, qui pourra les utiliser comme bon lui semble dans les mois à venir, et en extraire un matériel promotionnel substantiel en vue de la prochaine Coupe du Monde de foot de 2010 en Afrique du Sud
  • obtenir une couverture média significative : plusieurs médias étaient de la partie, avec notamment dans notre équipe un reporter de TF1 (Téléfoot) et Didier Roustan pour l’Equipe TV, qui ont tourné des heures de vidéo pour des sujets à venir sur leur chaîne respective (ne ratez pas Téléfoot dimanche, même si le sujet sera malheureusement certainement réduit à portion congrue en raison du déplacement du match hors des chutes d’Iguazu)
  • accessoirement, apporter une dimension supplémentaire à sa communication : celle du rêve. C’est important, le rêve.

Et pour finir, place aux images, retrouvez les photos de l’évènement sur Flickr :

Les miennes (prises avec un Sony Cybershot DSC TX1 à capteur Exmor R)… :

… et les autres :