Alors que les menaces Russe sâintensifient, lâOccident fait pression sur les gĂ©ants de la tech et du numĂ©rique pour prendre part au conflit. Depuis le dĂ©but de la guerre, la nation ukrainienne exhorte Facebook, Google, Apple, Twitter ou encore Netflix Ă se joindre au combat.
Les responsables ukrainiens ont demandĂ© de lâaide Ă Tim Cook – qui sâest dit « profondĂ©ment prĂ©occupĂ© par la situation en Ukraine » pour quâil coupe ses services en Russie. Elon Musk, patron de SpaceX a aussi Ă©tĂ© interpellĂ©.
Les autoritĂ©s russes nâont dâailleurs pas traĂźnĂ© pour sâattaquer aux gĂ©ants amĂ©ricains. Twitter a vu son service ralenti et a Ă©copĂ© dâamendes aprĂšs que Moscou a demandĂ© de supprimer certains contenus. Facebook a aussi vu son service limitĂ© pour avoir refusĂ© de se plier aux demandes du Kremlin. Le gouvernement russe a aussi montrĂ© sa volontĂ© de contrĂŽler la programmation de Netflix.
MalgrĂ© ce contexte oĂč « il est justifiĂ© que les entreprises amĂ©ricaines choisissent leur camp » (tweet dâAlex Stamos, ancien responsable de la sĂ©curitĂ© de Facebook), la riposte sâest faite attendre.
Lutte contre la désinformation
Premier volet de la riposte des gĂ©ants de la Tech : la lutte contre la dĂ©sinformation. Facebook interdit dĂ©sormais aux mĂ©dias dâEtat russes de monĂ©tiser leurs contenus et de diffuser des publicitĂ©s sur le rĂ©seau partout dans le monde. En Ukraine, un outil permettant de verrouiller instantanĂ©ment leur compte permet aux ukrainiens dâempĂȘcher aux utilisateurs ne faisant pas partie de leurs amis de voir les informations de leur profil.
Twitter a optĂ© pour la mĂȘme stratĂ©gie : toutes les publicitĂ©s sont en pause en Ukraine et en Russie, la publicitĂ© des mĂ©dias contrĂŽlĂ©s par lâEtat russe Ă©tant dĂ©jĂ interdite depuis 2019. Lâoiseau bleu suspend aussi certaines recommandations de tweets provenant de personnes que les utilisateurs ne suivent pas. Lâentreprise explique dans un tweet quâelle « examine de maniĂšre proactive les tweets pour dĂ©tecter les manipulations ». Enfin, Twitter surveille les comptes de journalistes, activistes et autres personnalitĂ©s mĂ©diatiques pour Ă©viter toute manipulation.
Google de son cĂŽtĂ© empĂȘche le mĂ©dia RT (Russia Today) ainsi que dâautres tĂ©lĂ©visions russes de percevoir les revenus issus de la publicitĂ© sur leurs sites web, leurs applications et leurs vidĂ©os Youtube.
Elon Musk déploie Starlink en Ukraine
InterpellĂ© par les reprĂ©sentants ukrainiens, Elon Musk nâa pas tardĂ© Ă rĂ©agir. Sur Twitter, le milliardaire Ă la tĂȘte de Tesla et SpaceX dĂ©clare avoir activĂ© Starlink, son service dâaccĂšs Ă Internet par satellite en Ukraine. Il dit avoir dĂ©jĂ envoyĂ© des Ă©quipements sur place.
Starlink est un service permettant de fournir un accĂšs Ă Internet partout dans le monde, plus particuliĂšrement dans les rĂ©gions oĂč les infrastructures terrestres manquent. En Ukraine, ce dispositif serait dâun grand secours puisque les infrastructures de lâEst et du Sud du Pays subissent de nombreuses coupures depuis le dĂ©but du conflit.
Starlink service is now active in Ukraine. More terminals en route.
— Elon Musk (@elonmusk) February 26, 2022
Les Anonymous déclarent la cyberguerre à la Russie
DĂ©jĂ trĂšs actifs suite aux attentats commis par Daesh, le collectif Anonymous a dĂ©clarĂ© la cyberguerre Ă la Russie. « Anonymous mĂšne des opĂ©rations permanentes pour maintenir hors ligne les sites gouvernementaux et pour diffuser des informations au peuple russe sans quâelles ne soient soumises Ă la machine de censure dâEtat de Poutine » dĂ©clarait le collectif sur son compte Twitter.
The Anonymous collective is officially in cyber war against the Russian government. #Anonymous #Ukraine
— Anonymous (@YourAnonOne) February 24, 2022
Alors que certains doutaient de leur efficacitĂ©, les Anonymous ont finalement remportĂ© quelques batailles. Dâabord, le site RT est tombĂ© pendant quelques heures. Des sites gouvernementaux, dont celui du Kremlin, ont Ă©tĂ© attaquĂ©s et sont toujours hors ligne Ă lâheure oĂč nous Ă©crivons ces lignes. La base de donnĂ©es du site Internet du ministĂšre russe de la DĂ©fense a Ă©tĂ© divulguĂ©e.
Enfin, les hackers ont intercepté des communications militaires et des chaßnes de télévision public ont été piratées pour diffuser des vidéos de la situation en Ukraine indique Les Echos.
Trop timides
MalgrĂ© les mesures mises en place par les gĂ©ants de la tech, de nombreux observateurs estiment que Facebook et consorts sâengagent trop timidement. En cause, des mesures qui ne sont pas Ă la hauteur de lâĂ©vĂšnement. Twitter par exemple avait dĂ©jĂ restreint les publicitĂ©s durant quelques semaines sur son rĂ©seau social durant lâĂ©lection amĂ©ricaine de 2020, un Ă©vĂšnement bien moins dramatique.
Facebook de son cĂŽtĂ© a choisi dâautoriser les discours en faveur du rĂ©giment Azov, une milice ukrainienne ultranationaliste. Or, ce groupe armĂ©, accusĂ© dâĂȘtre nĂ©onazi, avait Ă©tĂ© banni du rĂ©seau social en 2019.
Surtout, les mesures prises par ces gĂ©ants du web illustrent lâattachement Ă leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques. En limitant lâaccĂšs au service, en sâattaquant aux publicitĂ©s, et non en coupant tout accĂšs Ă leurs plateformes, ces entreprises semblent prendre des mesures timides pour prĂ©server leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques.
Quant Ă la dĂ©marche dâElon Musk, aussi louable soit-elle, elle semble difficilement concrĂ©tisable. Le rĂ©seau Starlink repose en partie sur des infrastructures terrestres. Comment lâentreprise compte-t-elle acheminer le matĂ©riel jusquâaux zones oĂč elles sont nĂ©cessaires alors que les forces russes y sont prĂ©sentes ?
Enfin, Apple brille par son absence. Tim Cook qui semblait si touchĂ© nâa pas rĂ©pondu aux appels des ukrainiens. Certes, aucune boutique Apple nâest prĂ©sente en Russie mais il est possible dây acheter des produits PommĂ©s et surtout dây utiliser ses services.
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