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5 choses à savoir sur Maia, la petite soeur d’Ariane 6

Si les fusées européennes sont surtout connues sous le nom d’Ariane, une autre pourrait faire son entrée par la grande porte. Maia.

L’histoire de MaiaSpace est étroitement liée à ArianeGroup. La filiale fondée en 2022 devait se concentrer sur le développement d’un petit lanceur, qui doit rejoindre l’orbite en 2026. Un calendrier très ambitieux, proposé par le ministre de l’économie de l’époque, Bruno le Maire.

L’objectif derrière ce phénix vert est de sortir ArianeGroup des lenteurs bureaucratiques. Avec MaiaSpace, l’entreprise veut lancer une fusée rapidement, à la manière d’une start-up.

Une victoire à Kourou

Kourou Espace Fusee
Le pas de tir Diamant qu’utilisera MaiaSpace dans les années à venir © CNES

Basée à Vernon, la société vient de remporter un appel d’offres du CNES s’offrant ainsi le pas de tir des lanceurs Diamant du côté de Kourou, en Guyane française. Il était utilisé jusqu’en 2022 par les fusées russes Soyouz mais a été déserté au lendemain de la guerre en Ukraine.

L’entreprise était en concurrence avec 6 autres candidats, dont la start-up française Latitude, retenue par le CNES dans sa première sélection. MaiaSpace devra néanmoins partager le pas de tir avec une deuxième entreprise, sélectionné par l’ESA (agence spatiale européenne). Selon plusieurs bruits de couloir, ce second gagnant devrait être allemand, répondant ainsi à une équité de développement au sein du vieux continent.

Un développement ultra rapide

Nous l’avons dit plus haut, toute la force de MaiaSpace doit se trouver dans sa capacité à agir (et réagir) rapidement. Le développement d’un micro-lanceur doit se faire en quelques années, ce qui aurait été impossible pour la “grosse machine” ArianeGroup.

Une start-up millionaire

Néanmoins, MaiaSpace n’est pas une start-up comme les autres. Elle dispose d’un atout de poids, ses finances. À l’inverse de toutes les autres start-up du New Space, MaiaSpace travaille sans regarder son bilan comptable. Après tout l’entreprise n’a pas d’actionnaires à satisfaire.

Le cap a été fixé par le gouvernement français et le board d’ArianeGroup, qui sont les deux financiers de ce projet. La maison mère semble d’ailleurs satisfaite du travail accompli du côté de Vernon. En janvier 2023 un nouvel investissement de 6 millions d’euros a été réalisé chez MaiaSpace, portant le capital de l’entreprise à 10 millions d’euros. C’est tout simplement la start-up la plus “riche” du NewSpace européen.

SpaceX comme seul adversaire ?

Avec de telles finances, MaiaSpace veut aller vite et bien. Et pour cause, sa naissance même est un aveu d’échec. Avec le développement de SpaceX dans les années 2010, l’Europe a un train de retard. Pour rattraper l’entreprise d’Elon Musk les prochains s’enchainent, mais aucun ne dispose du sérieux de MaiaSpace.

Avec un nom comme ArianeGroup en guise de garant, la jeune entreprise avance à vitesse grand V. Sa fusée, Maia, devrait être capable de lancer des charges utiles de 500 à 2500 kilogrammes en orbite basse. À titre de comparaison, Falcon 9 de SpaceX peut envoyer 22,8 tonnes dans l’espace.

Une fusée sans concurrent ?

En regardant ces chiffres on comprend rapidement que la Falcon 9 n’est pas l’adversaire principal de la fusée Maia. Le jeune lanceur européen n’a, en réalité, pas vraiment de concurrence. La fusée Véga-C de l’agence spatiale européenne est surement celle qui se rapproche le plus de ce projet.

Comme Maia, elle ne peut pas amener qu’une quantité limitée de satellites en orbite (3,3 tonnes). Il sera intéressant de voir l’avenir de cette fusée européenne avec l’arrivée de Maia sur le marché. Vega-C n’a pour le moment volé que 2 fois, et un de ces lancements s’est soldé par un échec.

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4 commentaires
4 commentaires
  1. Bonjour,

    Une erreur s’est glissée dans votre article. Le pas de tir Soyouz déserté par les Russes en 2022 et le pas de tir Diamant sont deux sites différents à Kourou. Le premier (Soyouz donc) vient d’être attribué à MaiaSpace pour son lanceur réutilisable, le second à d’autres acteurs du NewSpace.

    Bien cordialement

  2. Ariane Space est asphyxié par sa Bureaucratie bien pensante et peu speed ! Bon c est clair ils le reconnaissent ! Mais ils avaient le magnifique groupe Aérospatiale Italien AVIO sous la main qu ils ont carrément snobés et dédaignées! C est une honte mais ils vont vite se refaire des partenariats car ils sont reconnus et recherchés par la GB , le Japon et l Australie ! Le pas de tir présenté ici est peu engageant pour cette jeune start up pleine de vie et à qui je souhaite réussite.
    Merci Thank you merci a vous et Tous.

    1. C’est de la mésinformation ça Patrico ! Je vous invite à lire cet article (https://europeanspaceflight.com/avio-just-needs-some-space-from-arianespace/) et à constater par vous même que ce sont nos amis italiens qui, au contraire, on d’une part refusé une offre d’Arianespace concernant le pas de tir Diamant, d’autre part souhaité s’éloigner d’Arianespace en en faisant la demande officiel à l’ESA au sommet de Seville en 2023, leur objectif étant de développer leur propre filière commerciale ainsi qu’un nouveau lanceur au methalox.

  3. Bonjour,
    Je suis Raphaël Chevrier, responsable communication chez MaiaSpace. J’ai parcouru avec intérêt l’article que vous avez publié sur MaiaSpace récemment, et je me permets de vous adresser ci-dessous quelques rectificatifs :
    – Le pas de tir que le CNES nous a attribué à la suite d’un appel à candidature est l’ancien pas de tire Soyuz, et non l’ancien pas de tir Diamant qui reste partagé entre 7 micro-lanceurs (dont Latitude).
    – Nous ne prévoyons pas de partager les infrastructures existantes (dont le pas de tir) avec une autre entité.
    – Nous avons bien des actionnaires à satisfaire : il s’agit d’Airbus et de Safran, nos actionnaires à 100% privés. En aucun cas le gouvernement français ne finance notre projet.
    – A ce jour, nous avons sécurisé 125 millions d’euros de financement de nos actionnaires Airbus et Safran (et non 10 millions).
    N’hésitez pas si vous avec des questions.
    Bien cordialement,
    Raphaël Chevrier.

Les commentaires sont fermés.