Peut-être trop en faveur des acheteurs et des locateurs, pas assez fiable pour les propriétaires, le diagnostique énergétique de performance est censé permettre en un clin d’œil de pouvoir différencier les passoires thermiques des logements peu énergivores. Seulement, devant les enjeux toujours plus importants de la rénovation énergétique des logements, la fiabilité du DPE est souvent remise en cause.
Le DPE, un élément essentiel pour tous
Pour rappel, le DPE est un système de notation de logement allant de A à G, qui permet d’évaluer la consommation énergétique d’un bâtiment ainsi que son impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Un sujet sur lequel le gouvernement ainsi que plus globalement l’Europe agit afin limiter ce genre pollution de l’environnement.
Il faut savoir que les logements en France sont source d’environ 20% des émissions de CO2. Ainsi, si le gouvernement veut limiter les émissions de gaz à effet de serre et proposer des logements peu énergivores, il lui faut un indice de mesure le plus fiable possible.
Une nouvelle étude qui montre les défauts du DPE
Quand on sait qu’il suffit de remplacer des radiateurs fonctionnant au gaz par des radiateurs électriques qui consommeront bien plus d’énergie sans travaux d’isolation pour gagner une lettre dans son DPE, il est clair qu’on a du mal à faire confiance à ce système de notation.
C’est dans un but de vérification de fiabilité du DPE que le média Les Echos a mis la main sur une étude du Conseil d’analyse économique sur le sujet. Ainsi, le but de l’étude a été de montrer les écarts de consommation énergétique entre les données théoriques du DPE et les données réelles à l’aide d’un échantillon de 178 110 ménages.
Des résultats bien différents
Autant dire que ces informations sont censées être fiables. S’appuyant sur des données bancaires, elles permettent de se rendre exactement compte des dépenses liées aux factures de l’échantillon recueilli. On y remarquera que l’écart de consommation théorisé par le DPE est absolument hors sol en comparaison de la réalité.

Il suffit de jeter un coup d’œil à ce graphique pour se rendre que la différence entre la consommation théorique des logements très peu énergivore et les passoires thermiques est largement surestimée. La consommation théorique des logements A et B est estimée à 83 kWh par m2 et par an tandis que la consommation réelle s’approche plutôt de 148 kWh/m2/an. La consommation théorique du DPE à la lettre G indique une consommation titanesque 560% supérieure à la consommation des logements A et B, alors qu’en réalité, celle-ci ne dépasse pas les 86% dans les faits.
Une disparité bien moins importante que prévu, qui montre sûrement que la rénovation énergétique est bien moins efficace que ce à quoi le gouvernement s’attendait. Ainsi, si l’audit énergétique à réaliser en cas de logement classé en F ou G est plutôt une bonne idée, l’échelle de représentation qu’est le DPE est à complètement remettre en question.
Une autre chose que le DPE ne prend pas en compte
Cette étude prend aussi en compte l’aspect essentiel des habitudes de consommation des foyers. On remarquera ainsi que la consommation énergétique des ménages dépend grandement de ses revenus. En effet, peu importe le DPE de leurs logements, les ménages les plus riches ont tendance à avoir une consommation réelle supérieure à la consommation prédite par le DPE.
Au contraire, les ménages aux revenus les plus modestes ont une consommation réelle inférieure à celle prévue par le DPE. Il semble qu’excepté les dépenses énergétiques prévisibles d’un logement, cela retourne surtout d’un choix pour les plus riches, et d’une obligation sans pouvoir faire autrement pour les plus pauvres.
Alors que certains professionnels de l’immobilier se plaignent d’une pénalisation des petits logements par le DPE, le gouvernement va probablement prendre en compte les données offertes par cette étude pour réformer prochainement le système de mesure.
- Une nouvelle étude vient mettre en lumière le manque de fiabilité du DPE concernant les consommations théoriques face aux consommations réelles.
- Avec un échantillon de 178 110 ménages, il a été prouvé que la consommation théorique des passoires thermiques était largement exagérée.
- Contrairement aux prédictions du DPE, l’écart de consommation entre tous les types de logements est bien moins important quand on regarde les consommations réelles.
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Un ami a fait construire une maison neuve ( PAC et chauffage électrique pour les chambres), j’ai acheté au même moment une maison des années 70 (mais avec chaudière à gaz neuve). Moi je suis en DPE D, mon ami en A, à même température il dépense beaucoup plus d’argent et perd de la chaleur plus rapidement une fois les chauffages OFF. Je rejette surement plus de CO2 mais de mon petit point de vue de citoyens c’est la facture qui m’importe ! ( je parle de surface de plus de 100 m carré )
Exact… La même chose de mon côté. Un ami a acheté une ancienne maison avec le chauffage au fioul; il chauffage à seulement 16 degres et il fait déjà chaud, tu ressents la chaleur sur les épaules. De mon côté, maison neuve, chauffage electrique au sol… je chauffge à 20 degres et je ne ressents pas la chaleur, il m’arrive d’avoir froid et de ressentir le frais. Et pourtant, je suis loin d’être frileux : je suis en t-shirt dehors avec une veste légere alors qu’il fait -3 -6 chez moi.
Je suis actuellement dans un studio de 19m2 DPE D. Chauffage électrique réglé sur 23°. Je dois toujours mettre un bonnet après plusieurs heures de chauffage. Nous sommes à la limite de l’escroquerie là. De l’argent jetée par les fenêtres.
Même constat, chauffage central dans résidence, avant au fioul, on avait limite trop chaud et on pouvais aérer (et c’était le pied). Maintenant, a cause de leur normes a la con, ils l’ont changé, ça chauffe moins et pire la pression(ou le débit, je sais pas, je suis pas un expert) est bien plus faible, résultat certains radiateurs pourtant parfaitement fonctionnel, ne reçoivent aucune chaleur, pour des methodes de chauffage “modernes” c’est un comble de ne pas pouvoir s’adapter a un circuit d’eau certes âgé (bâtisse des années 80) mais des plus basique. Certes les charges sont “un peu” moins élevées, mais être bien chez soi, ça n’a pas de prix.
C’est à croire que ceux qui fixent les normes ne vivent pas la même vie que nous ! À moins que tout cela ne soit savamment orchestré pour favoriser certains lobbies ? La seule chose qui compte c’est ce que nous payons tous les mois pour notre chauffage et eau chaude défalqué des taxes de plus en plus élevées imposées par un état de plus en plus dépensier ! Pour ce que l’on appelle les passoires thermiques c’est double peine ! Il ne suffit pas d’imposer des normes pour régler le financement de travaux. L’argent ne tombe pas du ciel … il serait intéressant de connaître le DPE de l’Élysée et de Matignon !