Voir un prototype de développement est toujours une expérience particulière. Avec leurs carrosseries recouvertes d’un camouflage en noir et blanc, ces véhicules se détachent du paysage et attirent l’attention. Derrière eux, il est souvent question d’un nouveau véhicule, d’un restylage ou d’une nouvelle technologie. Dans le milieu, on les appelle les « mulets ».
À Carnon, le long de la cote méditerranéenne au sud de Montpellier, l’un d’eux a été aperçu et a attiré l’attention de Stéphane, un lecteur de Presse-citron. Il s’agit d’une Xiaomi, avec la carrosserie de sa berline électrique, la SU7. Si son design est camouflé, ce n’est pas tant que la voiture est inconnue, mais qu’elle doit être homologuée pour l’Europe.

GSR2, CCS2, HyperOS Pilot… la Xiaomi SU7 prépare son homologation en Europe
Pour que le modèle arrive chez nous, il lui faut encore passer une longue phase de développement. Xiaomi en a besoin pour des raisons législatives (norme GSR2 et compatibilité avec le standard de recharge CCS2), mais aussi pour régler au mieux le modèle et le mettre au goût des Européens. Cela passe par des réglages d’amortissement et de direction, mais aussi par l’ajout des services numériques occidentaux, pour la navigation et le multimédia.
Héritées d’une gamme de robotique et de produits de la tech très complète, les SU7 et YU7 embarquent aussi un système intelligent appelé HyperOS Pilot, avec de l’intelligence artificielle et des capteurs LiDAR de série pour des fonctionnalités de conduite semi-autonome. Pour que le système puisse être disponible en Europe, les voitures doivent accumuler un nombre important d’heures de conduite dans l’environnement où elles comptent évoluer.

Centre de R&D à Munich, plusieurs prototypes aperçus en France et ailleurs avant une arrivée en 2027
Pour ce faire, Xiaomi a ouvert en 2025 des bureaux de recherche et développement à Munich en Allemagne. C’est de là que le prototype aperçu cette semaine en France était immatriculé. Après avoir passé des mois à rouler sur les routes bavaroises, il est désormais question de se rendre ailleurs, et notamment en France pour entraîner les algorithmes sur la signalisation et les routes.
Ce n’est pas la première fois non plus que des prototypes ont été aperçus dans l’Hexagone. On compte aussi des observations à Metz, fin février 2026, et à une station de recharge Lidl. En avril, c’est même en région parisienne et sur l’autoroute du Nord que des signalements ont été fait. Ailleurs, des prototypes ont aussi été aperçus aux Pays-Bas et en Pologne. Dans la flotte identifiée, outre l’unité numérotée 006, des passants ont aussi pu croiser les 002, 003 et 005.
À bord de ses prototypes, Xiaomi a recruté des anciens de chez BMW et Mercedes, parfaitement au point sur les étapes à passer pour peaufiner les voitures en Europe. L’intensité de leurs tests actuels confirme que la marque chinoise se prépare bien à entrer sur le marché pour 2027, comme le président du groupe Xiaomi, Lu Weibing, l’annonçait déjà en novembre 2025.

Objectif : 550 000 Xiaomi SU7 vendues en 2026
En plus d’homologuer ses voitures, les travaux du constructeur en Europe se concentrent aujourd’hui sur la création d’un réseau de distribution. La stratégie ressemble à celle de BYD, qui installe ses marques en prenant soin d’opérer avec une présence physique, grâce à des concessions. Une condition pour ratisser large, donner confiance aux clients, et envisager de gros volumes. En Chine cette année, la marque a déjà écoulé 109 000 unités. Elle vise les 550 000 sur 2026 alors que l’année 2025 était déjà exceptionnelle.
La question n’est donc pas de savoir si Xiaomi arrivera en Europe ou non. Aujourd’hui, on se demande surtout à quel prix la marque arrivera à positionner ses modèles sur le marché, qui ne pourront pas être aussi accessibles que les 28 200 et 32 500 euros demandés respectivement par les SU7 et YU7 en Chine.
Pour éviter les taxes et le coût de l’importation, Xiaomi pourrait chercher à produire localement, mais aucune discussion ni recherche ne semble aller dans ce sens. À Pékin, où sont produites les voitures, la marque dispose d’une usine ultra-automatisée, avec des centaines de robots. Les voitures pourraient donc être exportées par bateau et coûter plus cher en Europe.
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