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Antonov va faire renaître le plus gros avion-cargo au monde

Il avait été détruit lors d’un bombardement russe, en Ukraine.

C’est un événement pour toute la communauté de passionnés d’aéronautique. À chaque fois que l’Antonov An-225 posait ses roues dans un nouvel aéroport, ils se précipitaient aux abords des pistes pour avoir la chance de capturer des images du plus gros avion-cargo au monde, doté de six réacteurs. Malheureusement, celui que l’on appelait “Mriya” a subi de gros dégâts lors d’un bombardement russe dans son entrepôt ukrainien, comme un symbole, quelques jours après le début de la guerre fin février 2022.

Antonov perdait son plus gros avion et l’industrie du pays perdait un symbole. Il est maintenant l’heure de le reconstruire, a dit la société. Pour s’y lancer, elle s’appuiera sur un modèle inachevé, dont les plans avaient débuté en 1994 avant d’être abandonnés et laissés secrètement de côté. Le constructeur ukrainien dit qu’il pourra récupérer des pièces du Mriya de 1988. “Les travaux de conception ont commencé”, disait même Antonov, dans un communiqué en provenance de Kiev. Il leur faudra pas moins de 500 millions d’euros pour l’acheminer, estimaient-ils déjà.

La date de fin des travaux est inconnue. Le contexte est particulièrement instable faut-il encore le rappeler. Alors en attendant, rappelons quelques-unes des caractéristiques les plus folles de l’appareil. Déjà, son envergure : 88 mètres. Son fuselage de 84 mètres est le seul aussi large, haut et profond, et c’est pour cette raison que ses missions de transport l’on toujours emmené à réaliser les projets les plus fous dans l’industrie ces 30 dernières années. Face à sa destruction, c’est en Europe, chez Airbus, qu’une opportunité s’est présentée. Ses anciens Beluga, les A300-600ST spécialement conçus pour l’acheminement des pièces dans la chaîne de production du constructeur sur ses sites européens, seront reconvertis en avion-cargo pour le reste de l’industrie.

Le deuxième Antonov An-225 est achevé entre 60 et 70 %

Ses charges utiles surdimentionnées ont permis en effet de déplacer du matériel auparavant impossible à déplacer par les airs aussi rapidement. Des projets de chemins de fer par exemple sont passés par l’Antonov An-225, tout comme de l’aide humanitaire ou de l’appui militaire. De conception soviétique, l’avion avait pourtant été utilisé par les États-Unis en 2003 pour l’appui de forces dans la coalition au Moyen-Orient, ou pour du transport de matériel pour l’Irak. À l’aéroport de Milan-Malpensa, en 2016, il chargeait même une turbine de 52 tonnes. Lors de son tout premier vol, l’Antonov An-225 décrochait déjà plusieurs records dans le secteur aéronautique, qu’il possède toujours aujourd’hui.

Mais sa mission la plus populaire à ce jour fût un vol de démonstration, quelques semaines seulement après sa présentation au public. L’An-225 avait réalisé un vol en embarquant la navette spatiale Bourane, le programme spatial soviétique en réponse au programme spatial américain. C’est d’ailleurs à travers le domaine du spatial qu’Antonov avait prévu rapidement après de se lancer dans la construction d’un deuxième An-225 – celui qui sera utilisé aujourd’hui pour faire renaître le mythe. Selon plusieurs sources, en 2011, l’avion avait déjà été achevé à 60/70 %. Ses réacteurs, déjà conçus, furent utilisés sur d’autres avions-cargo en attendant une potentielle entrée en la matière du nouvel An-225.

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