D’une pierre deux coups. D’ici 2023, plusieurs Airbus A300-600ST, plus communément appelés “Belugas”, prendront leur retraite dans l’activité de transport aérien. Depuis les années 90, ces avions difformes se relaient au-dessus de nous, en Europe, pour mener à bien la construction des avions de ligne de la firme européenne.
Avec leurs capacités de transports de pièces, que les cargos classiques (y compris le Boeing 747) ne peuvent pas charger, ils permettent de centraliser tous les éléments d’un avion avant l’assemblage final à Toulouse, sur le site de Blagnac. Des cargaisons jusqu’à 7,1 mètres de largeur pouvaient y embarquer, grâce à la forme si originale du fuselage.
Plutôt que de se faire désosser, comme c’est le cas des anciens A380 qui prennent leur retraite actuellement, ces Belugas partiront pour une nouvelle activité de fret. Leur capacité de cargo est un vrai plus qui peut concurrencer des sociétés spécialisées ou même Boeing. Pour cette nouvelle activité, Airbus a lancé une nouvelle filiale : Airbus Beluga Transport.
“De nouvelles possibilités logistiques”
L’annonce, fin janvier, vient d’être partagée par nos confrères de Capital, à l’heure où Airbus continue de se relever de ses pertes en Bourse du mois de mars 2020, et où le constructeur remplace ses anciens Belugas par de nouveaux appareils. En tout, la nouvelle filiale de fret comportera cinq appareils, en activité depuis 30 ans maintenant, et qui pourront rivaliser avec d’autres aéronefs tels que les Antonov russes de cargaison commerciale.
Airbus citait un “nombre varié de marchandises” possibles pour les futures commandes de transport de ses clients. Il pourrait s’agir des secteurs “de l’espace, l’énergie, l’armée, l’aéronautique, le secteur maritime et l’humanitaire”. Grâce à la disposition des avions, de “nouvelles possibilités logistiques”. Pour promouvoir sa flotte, Airbus mettait en avant la possibilité de ne pas avoir à démonter les cargaisons grâce à la taille suffisante en largeur et hauteur dans le fuselage.

Bien sûr, les aéroports ne sont pas tous prêts à recevoir la venue de tels appareils et le chargement comme le déchargement pourraient prendre du temps. Pour rassurer les futurs clients, Airbus précise que de nouvelles technologies et de nouveaux équipements “sont en cours de développement pour l’opération”, qui pourront être embarqués directement dans l’appareil au cas où l’aéroport d’origine ou de destination ne serait pas équipé.
Depuis 2020 et la crise sanitaire, le marché du fret est l’un des rares à connaître une croissance importante. Les compagnies aériennes telles que Qatar Airways, Emirates ou encore Air France et Lufthansa ont très vite vu l’opportunité d’affréter une partie de leurs vols à cette activité, mais la demande reste encore plus élevée que l’offre d’avions-cargo dans le ciel. Airbus a trouvé une nouvelle voie de rentabilité, de quoi continuer sur sa lancée de 2021 où la société a enregistré un bénéfice net de 4,2 milliards d’euros, le meilleur bilan de son histoire.
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