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Après des mois d’amour fou, pourquoi j’ai envie de désinstaller BeReal

Entre BeReal et moi, c’est (presque) fini.

En quelques mois, BeReal est devenu le réseau social incontournable pour ceux qui veulent être à la page. Plébiscité par la génération Z, qui trouve Instagram de plus en plus ringard, BeReal est aux antipodes des réseaux sociaux qu’on connaît bien et promet une authenticité dont nous n’avons plus l’habitude.

Séduite par le concept de BeReal, c’est avec grand regret que je me rends à l’évidence : depuis quelques mois, plus rien ne va entre le réseau social français et moi. Le rachat de BeReal par Voodoo il y a quelques semaines est la goutte d’eau qui fait déborder le vase à mes yeux. Car il se traduit par de nombreuses transformations. D’ailleurs, cela a déjà commencé. Peut-être est-il l’heure pour moi de désinstaller BeReal et de mettre un point final à cette idylle de deux ans.

BeReal se cherche, et m’a perdue au passage

Pour ceux qui ne connaissent pas (ou peu) BeReal, ce réseau social est très simple à comprendre. Dans cette ère de l’hyperconnexion, l’application promeut l’authenticité. Tout est dans le nom du réseau social : il faut être réel. Chaque jour, à un moment aléatoire de la journée, les utilisateurs reçoivent une notification. Ils ont alors deux minutes pour publier une photo prise avec la caméra arrière et une photo capturée par la caméra frontale quasi simultanément. L’idée est de montrer ce que l’on est en train de faire, sans artifice ni autre chichi. BeReal est donc bien loin des réseaux sociaux comme Instagram où chacun manipule sa réalité à son avantage. Il est, bien sûr, envisageable de publier avec du retard, mais cela s’éloigne du principe même de l’application.

Bereal 4
© Presse-citron

Ce vent de fraîcheur m’a instantanément convaincue. Le réseau social bouscule les codes instaurés et force à être spontané, ce qui peut être très bénéfique pour le rapport à l’image des utilisateurs. Là où d’autres réseaux sociaux nous ont martelés que nous n’étions beaux et présentables que sous certains angles et filtres, BeReal nous invite à nous accepter sans détours.

Au-delà de ces bienfaits, BeReal est également un bon moyen pour maintenir le lien avec nos proches. Pour ceux qui ont un peu de mal avec les messages, c’est idéal. Le BeReal du jour est l’occasion de savoir un peu ce qui se passe dans la vie de vos amis, de s’en étonner ou d’en rire à travers des réactions ou des commentaires. Le réseau social promet aussi un temps d’utilisation considérablement réduit par rapport à TikTok ou Instagram. Son ADN n’est tout simplement pas compatible avec le binge-scrolling et c’est tant mieux. Il est donc impossible de perdre plus d’un quart d’heure sur BeReal, à moins d’avoir une looooongue liste d’amis et de vouloir réagir au BeReal de chacun.

Mais BeReal est loin d’être parfait et la question de la monétisation planait au-dessus de la tête des utilisateurs. Impossible de se voiler la face… Pendant plusieurs années, le réseau social n’a pas généré un seul centime. Mais comme tout le monde, les salariés de BeReal doivent bien manger et ils ont assurément des comptes à rendre aux investisseurs. Cette situation ne pouvait donc pas durer.

Sauf qu’après des mois de popularité incontestée, certains utilisateurs ont délaissé petit à petit le réseau social et BeReal a constaté de premiers signes de déclin. Comment reconquérir leur cœur et séduire d’autres internautes ? Avec de nouvelles fonctionnalités ! Et c’est le début des ennuis.

D’abord, il y a eu l’arrivée des “BeReal bonus”. Pour féliciter les utilisateurs qui sont à l’heure, BeReal leur permet de publier non pas un, mais trois BeReal sur la journée, les deux publications additionnelles pouvant être prises et postées à n’importe quelle heure. Pourquoi pas… Dans la même veine, vous pouvez désormais créer des groupes avec certains utilisateurs. Cela vous permet de publier un BeReal de groupe quotidien, et de retourner une nouvelle fois sur l’application. Ce n’est pas une si mauvaise idée, mais on sent déjà que BeReal tourne doucement (mais sûrement) le dos à ce qui fait son essence même. Car plus de BeReals, c’est aussi, et surtout, plus de temps passé sur le réseau social.

En début d’année, BeReal avait déjà fait une croix sur toutes ses convictions. Il y a quelques années, le réseau social n’hésitait pas à remettre gentiment le rappeur Wiz Khalifa à sa place en lui rappelant que “la puissance de BeReal vient de la proximité de [nos] connexions, pas de la quantité” et qu’il fallait donc privilégier le réseau social pour ses amis proches. Néanmoins, depuis le mois d’avril, les comptes certifiés ont fait leur apparition sur BeReal. Il est désormais possible de suivre des célébrités comme Gabriel Attal, ou des marques comme Netflix. En tant que fidèle utilisatrice depuis le mois de juillet 2022, cette nouvelle fonctionnalité représentait le début de la fin de BeReal. Pourtant, l’application continue de me décevoir allégrement.

Lire aussi – Avec sa nouvelle fonctionnalité, BeReal perd tout son intérêt

Bereal Comptes Certifies
© Presse-citron

Un rachat qui peut tuer BeReal ?

Il y a quelques semaines, la licorne Voodoo a racheté BeReal pour 500 millions de dollars. Et quand on est racheté pour une telle somme, il faut être rentable. C’est logique, mais c’est aussi peu compatible avec le concept du réseau social. On s’en doutait. Cela a été confirmé. C’est dorénavant mis en place petit à petit : la publicité arrive sur BeReal.

Après deux ans d’utilisation quotidienne de BeReal, j’ai remarqué (non sans une pointe de désespoir) que des publicités se glissaient ici et là quand je scrollais pour découvrir les publications de mes amis. Au début, BeReal a été sage : le réseau social faisait sa propre promotion et nous invitait à suivre son compte BeReal officiel. Le lendemain, c’est l’application de transport Trainline qui était sous le feu des projecteurs. Quelques jours plus tard, BeReal n’a pas manqué de nous faire savoir que les Samsung Galaxy Z Fold6 et Galaxy Z Flip6 profitaient d’une offre de précommande alléchante. On ne parle pas ici d’une publicité de temps en temps, mais bien d’une avalanche de réclames, toutes les deux publications.

Malheureusement, il faut voir les choses en face : le BeReal que nous connaissions disparaît chaque jour un peu plus. Voodoo a de nombreux projets ambitieux pour le réseau social, quitte à oublier son concept inhérent. C’est pourtant très risqué. En fait, ça passe ou ça casse.

BeReal est sur le déclin depuis plusieurs mois. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de téléchargements mensuels de l’application diminue et les utilisateurs sont de moins en moins présents au rendez-vous journalier. En tant qu’utilisatrice depuis un moment, je me rends aussi compte que plusieurs amis sont moins fidèles qu’auparavant. J’éprouve moi-même une certaine lassitude. La flamme s’éteint progressivement et les nouveautés de BeReal pourraient bien être le coup de grâce. Au lieu de raviver notre intérêt, cela pourrait être tout l’inverse. Si je suis particulièrement déçue de la direction empruntée par l’application, je suis loin d’être la seule. Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs n’hésitent pas à partager leur opinion et elle est unanime et loin d’être positive : “C’est devenu trop nul”, “j’en ai marre de la pub sur BeReal”, “ça commence vraiment à me soûler”, “mais vous avez pas honte BeReal ?”.

Il est difficile de contredire ces internautes. Alors que l’application est déjà en perte de vitesse, ce changement drastique pourrait bien signer son arrêt de mort. Face à la promesse initiale de BeReal, on assiste à une vraie fracture avec les utilisateurs. Pour ma part, je sais que c’est la déception de trop. Si les publicités se montrent de plus en plus présentes (et oppressantes) qu’à l’heure actuelle, je pourrais bien désinstaller BeReal. À contrecœur.

Pendant deux ans, j’ai été fidèle au rendez-vous quotidien imposé par BeReal. J’ai converti mes amis, en tant que véritable ambassadrice de l’application. J’ai publié sans relâche : plus de 700 BeReals et autant de souvenirs au compteur ! J’ai scruté ce que faisaient mes proches, oui, j’ai zoomé sur vos écrans sans vergogne. Il m’est aussi arrivé de reprendre mon BeReal bien plus de fois que ce que j’aimerais admettre. Mais aujourd’hui, le courant passe de moins en moins bien avec le réseau social. Surtout que les bugs se multiplient. Tout va de mal en pis.

D’autres nouveautés pourraient bien accélérer ma décision dans les prochaines semaines. Effectivement, le réseau social devrait dévoiler son lot de nouvelles fonctionnalités, comme l’envoi de vidéos prises sur le vif et une messagerie interne. Il ne reste plus qu’à voir si ces dernières pourraient ressusciter BeReal… Ou enterrer définitivement le réseau social dans le cœur des irréductibles utilisateurs.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. Et vous seriez prêt à payer un abonnement pour que l’entreprise puisse elle payer les salariés, développeurs, serveurs, nouvelles fonctionnalités et le stockage des peta bytes de photos journalier ?

    1. quand c’etait gratuit, ils etaient payé comment ces gens la ? C’est le principe (assez detestable en fait), d’attirer/feré le client avec des choses gratuite afin de creer le besoin et apres obliger a sortir la CB pour continuer, principe des stupefiants, la premiere dose est “gratuite” !!! loool

  2. perso j’ai jamais accroché au concept. Pour moi savoir ce que font les autres (et inversement ce que je fais moi ) chaque jour n’est pas tres respectueux de la vie privée. Pas que j’ai une maitresse ou suis un delinquant, mais c’est quand meme une sacré appli de pistage ou c’est les gens eux meme qui se pistent volontairement (enorme !!! lol… ) J’ose imaginer que les femmes ( ou maris) jaloux regardent les breel de leurs conjoints et ca doit souvent etre des belles disputes ( voir separation) !!! C’est pour ces raisons que je n’entre pas dans ce monde merveilleux de la curiosité malsaine…

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