La zoropse à pattes épineuses (Zoropsis spinimana) est une araignée de la famille des Zoropsidae originaire du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord, dont les observations se multiplient en France métropolitaine depuis le milieu des années 1990. Plus récemment, en Suisse alémanique, une habitante de Riehen, près de Bâle, s’est fait mordre en pliant son linge. Le canton de Vaud l’a même classée espèce potentiellement envahissante et la Direction générale du canton suisse surveille sa population.
En France, l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) et l’Association française d’arachnologie lui ont consacré dès 2023 une quête participative baptisée « À la recherche de l’araignée Nosferatu », preuve qu’elle est assez bien installée dans l’Hexagone pour que les naturalistes lui accordent son intérêt. Si elle porte un surnom aussi étrange, cela n’a aucun rapport avec un quelconque appétit pour le sang humain (contrairement à ces saletés de moustiques), mais à cause d’une paréidolie : les motifs de poils blancs sur fond brun de son céphalothorax dessinent une silhouette qui évoque vaguement les traits de Nosferatu, le vampire du film muet de Friedrich Wilhelm Murnau sorti en 1922. C’est là que s’arrête le parallèle avec le comte Orlok, car, comme toutes les araignées de la planète, elle n’est pas agressive pour un sou.

L’araignée Nosferatu : une grande pacifiste à l’allure effrayante
Avec ses 15 à 18 millimètres de corps pour les femelles (pattes déployées, l’envergure peut atteindre 8 centimètres), Z. spinimana impressionne par sa taille, qui en fait l’une des plus grandes araignées qui peut s’inviter dans nos maisons, aux côtés de tégénaire noire (Eratigena atrica), au gabarit est comparable. Chasseuse nocturne et errante, elle ne tisse pas de toile et traque ses proies (insectes et araignées plus petites) à la manière d’une araignée-loup, famille avec laquelle elle est d’ailleurs souvent confondue.
Si elle progresse vers le nord de l’Europe et quitte peu à peu les terres du Sud, c’est principalement en raison du réchauffement climatique et de l’urbanisation. Affectionnant particulièrement la chaleur de nos habitations, elle peut s’y incruster dès la saison automnale, lorsque les températures extérieures chutent et que les mâles partent à la recherche d’une partenaire.
Peut-elle mordre l’être humain ? Théoriquement, oui, car ses chélicères (appendices terminés par des crochets) sont suffisamment robustes pour percer notre peau, ce qui la distingue de l’écrasante majorité des araignées françaises. En pratique, cela reste extrêmement rare.
Il faut comprendre que pour une araignée, mordre et injecter son venin est une immense dépense énergétique, qu’elle ne se permet que si elle est acculée, sans possibilité de fuite. Un comportement défensif généralisable à l’ensemble des espèces du globe : elles ne mordent jamais pour agresser gratuitement. Les rares cas de morsure documentés concernent des personnes qui tentaient de la saisir à mains nues.
Son venin est d’ailleurs inoffensif : non toxique pour l’homme, il ne provoque qu’une douleur modérée et temporaire, comparable à celle d’une piqûre de moustique.
La zoropse à pattes épineuses est, comme l’immense majorité des araignées, un animal dont le premier réflexe face à l’être humain est de fuir. Si vous avez la chance (ou le malheur, tout dépend de votre sensibilité) d’en croiser une, laissez-la tranquille : elle ne vous fera aucun mal. Profitez-en pour l’admirer, c’est une araignée assez atypique pour l’Europe de l’Ouest. Ses grandes pattes, qu’elle étale à plat quand elle est au repos, sont hérissées d’épines (d’où son nom d’espèce, spinimana, littéralement « mains épineuses ») et son corps est est tapissé d’une pilosité aux teintes mélangées de brun, de fauve et de blanc. Elle ne vous sautera jamais dessus et n’a rien d’un « vampire » : est-ce que les dalmatiens sont dangereux sous prétexte que leur robe est tachetée comme celles des léopards ? Non, eh bien il en va de même pour cette pauvre araignée.
- La zoropse à pattes épineuses, surnommée araignée Nosferatu, est originaire du bassin méditerranéen et s’installe en France depuis les années 1990.
- Bien qu’elle puisse théoriquement mordre, cela reste extrêmement rare et son venin est inoffensif pour l’homme.
- Elle n’est pas agressive et préfère fuir plutôt que d’attaquer, défiant ainsi son image de ‘vampire’.
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