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Ils ont arrêté de fumer en vapotant, ils reprennent maintenant la cigarette pour arrêter de vapoter : mais pourquoi ?

Ils avaient arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique. Aujourd’hui, ils reprennent le tabac pour se débarrasser de la vape. Deux enquêtes, menées au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, documentent cette pratique dangereuse. Des spécialistes mettent en cause des messages de prévention qui auraient brouillé la perception des risques.

Arrêter de vapoter pour reprendre la cigarette. Voilà une idée que l’on pourrait considérer comme saugrenue, pourtant, elle fait son chemin chez les fumeurs. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête de Talbot Mills Research réalisée en Nouvelle-Zélande pour l’association Action on Smoking and Health (ASH). Réalisée auprès de 623 fumeurs et de 1 070 anciens fumeurs, elle indique que 14 % des personnes interrogées se sont tournées vers le tabac pour arrêter de vapoter. Au Royaume-Uni, une autre enquête d’ASH, menée auprès de 940 adultes, rapporte une proportion de 19 %. La cigarette y arrive même en deuxième position parmi les méthodes utilisées pour abandonner la vape. De quoi inquiéter les spécialistes.

Ben Youdan, directeur d’ASH, dénonce auprès de Fortune une désinformation qui peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé des fumeurs. Il demande aux autorités de mieux expliquer les risques respectifs du tabac et de la cigarette électronique.

Le message doit être d’autant plus clair que les fictions ont tendance à redonner à la cigarette ses heures de gloire. Les célébrités photographiées en train de fumer et la place du tabac dans des séries populaires auprès des jeunes comme Euphoria donnent de la visibilité à cette consommation. La bonne nouvelle, c’est que les non-fumeurs ne s’y mettent pas sous l’influence de ces contenus. Selon l’enquête nationale de la FDA, l’usage de produits du tabac chez les collégiens et lycéens est passé de 8,1 % à 7,2 %, et celui de la cigarette électronique de 5,9 % à 5,2 %. Chez les adultes, la proportion de fumeurs était de 9,1 % en 2025, contre 42,4 % en 1965. Environ 7 % vapotent.

En revanche, les ex-fumeurs qui étaient passés à la cigarette électronique y retrouvent un certain romantisme. Et de replonger.

Des risques de plus en plus mal compris

L’influence des séries et publicités ne suffit pas à expliquer ce revirement. Michael Siegel, professeur de santé publique à la faculté de médecine de l’université Tufts, estime que la faute revient aussi aux pouvoirs publiques. Il explique que la prévention a trop insisté sur les dangers de la vape sans suffisamment les distinguer de ceux du tabac. Une partie du public aurait ainsi fini par croire que vapoter était aussi dangereux, voire davantage, que fumer.

Une étude publiée en mars 2026 par des chercheurs du UT Southwestern Medical Center illustre ce revirement. Parmi plus de 20 000 répondants, la proportion d’Américains considérant la cigarette électronique comme plus dangereuse que la cigarette classique est passée de 3 % en 2012 à 30 % en 2022. À l’inverse, seuls 17 % la jugeaient moins nocive en 2022, contre 51 % dix ans plus tôt.

Or, le tabac cause environ 480 000 décès par an aux États-Unis, soit un décès sur cinq. Il provoque notamment des cancers du poumon, des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), des maladies cardiaques et des AVC. La cigarette électronique présente elle aussi des risques et entretient la dépendance à la nicotine. Mais aucune étude à ce jour ne démontre des risques similaires à ceux de la cigarette. Les présenter comme équivalentes peut donc conduire des fumeurs à renoncer à un changement qui réduirait leur exposition aux dangers du tabac.

Ne pas tout confondre

Les campagnes contre la vape se sont développées avec sa diffusion chez les adolescents. Arrivées sur le marché américain au milieu des années 2000, les cigarettes électroniques ont connu un essor avec Juul (rien à voir avec le chanteur) à partir de 2015. Leurs arômes sucrés et leur format discret ont contribué à leur succès auprès des jeunes. La FDA a alors étendu à la cigarette électronique sa campagne « The Real Cost », initialement consacrée au tabac. Selon l’agence, cette campagne aurait empêché plus de 444 000 jeunes Américains de commencer à vapoter entre 2023 et 2024.

Pour Michael Siegel, cette prévention doit s’accompagner d’une information précise auprès des fumeurs. S’ils pensent que la vape présente les mêmes dangers que le tabac, ils peuvent ne plus voir l’intérêt de remplacer la cigarette, voire décider d’y revenir.

Il souhaite donc que le grand public ait un accès plus facile aux autorisations de la FDA pour les cigarettes électroniques. Il plaide aussi pour des messages qui expliquent les différences de risque, y compris aux adolescents. Dans le même temps, la réglementation autour de la consommation de tabac doit être plus stricte.

Et la France dans tout cela ? Dans l’Hexagone, la cigarette électronique est présentée comme un outil de sevrage par une partie des tabacologues, lorsque son usage chez les jeunes est largement critiqué. L’interdiction des puffs jetables par exemple, votée en 2025, répond à cette préoccupation.

  • 14% des anciens fumeurs en Nouvelle-Zélande et 19% au Royaume-Uni reprennent la cigarette pour arrêter de vapoter.
  • Les campagnes de prévention confondent souvent les dangers du tabac et de la vape, induisant des malentendus sur leurs risques respectifs.
  • Les experts appellent à clarifier les différences entre les deux pour encourager une réduction des risques pour la santé.

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Par : Gouvernement français
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