L’idée d’une Xbox portable n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 2000, les fans de la Xbox 360 espéraient voir débarquer une déclinaison nomade, alors que les joueurs Sony s’éclataient déjà sur la PSP puis la PSVita. C’est finalement en 2025 que la machine tant désirée arrive sur le marché : la ROG Xbox Ally.
Oui, il s’agit d’une nouvelle déclinaison de la ROG Ally d’Asus. Le hardware n’a pas été conçu par Microsoft et c’est un terminal qui fonctionne sous Windows, mais la bête est bien vendue comme une Xbox. La ROG Xbox Ally embarque en effet quelques fonctionnalités propres associée à la team verte : un bouton Xbox apparaît ainsi qu’une interface dédiée, spécialement pensée pour le format. Qu’on se le dise, nous avons là une nouvelle forme de Xbox, et il faut la prendre comme telle. La Switch 2, qui détient un quasi-monopole sur ce segment, a-t-elle du souci à se faire ?
Une expérience console, un prix PC
Avec cette machine, Microsoft a pour objectif de séduire les joueurs nomades. Ceux issus du monde des consoles qui recherchent le plaisir immédiat sans se prendre la tête avec les lourdeurs propres aux PC. Il va falloir être très persuasif, puisqu’un obstacle de taille se dresse sur la route du succès : le prix.
La ROG Xbox Ally X que nous testons aujourd’hui est commercialisée à 899 €. Il s’agit du modèle le plus puissant, celui avec le meilleur processeur et censé faire tourner tous les gros jeux. Un modèle plus modeste, nommé sobrement ROG Xbox Ally, est vendu 599 euros, ce qui reste une sacrée somme !

Ajoutons à cela le prix du Game Pass, service quasiment indispensable pour exploiter au mieux de la machine. L’offre Ultimate, qui permet de profiter du catalogue entier ainsi que des gros jeux Xbox day one, est récemment passé de 17,99 à 26,99 euros. En résumé, la ROG Xbox Ally est un produit premium, voire de riches, mais est-ce une bonne console ? Nous l’avons testée.
Vraie console ou faux PC ?
Les précédentes ROG Ally traînaient un énorme défaut : ce n’étaient pas des consoles portables, mais bien des PC qui tentaient de se faire passer pour telles. Si le logiciel Armoury Crate faisait illusion un temps, les retours incessants sur Windows et le « bricolage » obligatoire pour installer un lanceur tiers trahissait sa condition et rendait l’expérience pénible. C’est cette erreur que souhaitent corriger Asus et Microsoft sur cette version. Comment ? Avec une interface plus user friendly et une meilleure optimisation de Windows.

Car oui, si Windows est toujours installé sur la machine, l’OS se dote d’une surcouche Xbox spécialement conçue pour le format. Exit les lourdeurs d’Armoury Crate, puisque nous avons quelque chose de beaucoup plus clair, léger et fluide. Quel plaisir !

La ROG Xbox Ally s’ouvre automatiquement sur l’interface Xbox en plein écran. On ne voit plus, même furtivement, le bureau Windows, comme c’était le cas sur les précédentes versions. En plus des jeux Xbox, l’app permet d’afficher les titres installés sur d’autres plateformes, telles Steam ou BattleNet. Pour les télécharger, nul besoin de passer par le bureau et de « bricoler » avec le tactile, puisque tout passe par une interface simple. Evidemment, pour Steam, c’est le mode Big Pictures qui est mis à l’honneur. Tout est fait pour une navigation pratique à la manette, même s’il est toujours nécessaire de rentrer son mot de passe avec le clavier virtuel à la première utilisation.

Il est tout à fait possible de jongler d’un lanceur à l’autre à l’aide du bouton Xbox. Plus, en restant appuyé, on peut passer entre différentes fenêtres, y compris les jeux. Comme sur Switch, une simple pression du bouton X permet de les fermer. C’est un détail, mais cela change tout tant l’expérience est plus fluide. Pour rappel, les premières ROG Ally fonctionnaient tels des PC, il fallait quitter « manuellement » les jeux, ce qui était assez lourd à l’usage.

Armoury Crate ? Le logiciel d’Asus est toujours présent, mais sert plus de HUB pour les réglages qu’autre chose. Pour notre part, nous l’avons lancé une fois afin d’établir nos préférences, puis plus jamais. A côté de l’écran, un bouton permet toujours d’accéder au menu rapide pour afficher les FPS, changer de mode d’alimentation ou passer en 720p, mais l’usage s’arrête là.
Elle est là, la grande force de la ROG Xbox Ally : une interface simple navigable à la manette. Alors oui, nous ne sommes pas encore face à un UI 100% console comme c’est le cas sur Switch 2, mais l’illusion fonctionne. Nous n’avons plus la désagréable sensation d’être face à un PC Windows avec une surcouche bancale, et ça, c’est une énorme amélioration. Le bureau, d’ailleurs, est toujours accessible si on le souhaite via l’interface multitâches, mais il est cloisonné dans son propre coin. Malin ! Il reste quelques écueils, comme un déverrouillage encore « trop PC » (avec empreintes), la multiplication des fenêtres quand on lance un jeu ou une interface Xbox parfois un peu fouillis.

Une belle bête
Cette « consolisation » de la ROG Ally ne passe pas uniquement par l’interface, mais aussi par le design. Asus a ajouté des poignées à sa machine, la rendant plus proche d’une manette. Ce n’est pas un gimmick, mais une autre amélioration notable, étant donné que le confort est au rendez-vous, tout comme la prise en main. Cela contribue toutefois à rendre la machine plus lourde, puisque le modèle X pèse 750 grammes. Elle est aussi bien plus encombrante.
Asus a toujours clamé que la ROG Ally était une console d’abord conçue pour un usage domestique, mais tout de même, on aurait aimé quelque chose de plus transportable. Alors oui, nous l’avons trimballé partout, que ce soit pour des voyages en train ou même en week-end, mais elle prend une place folle dans notre sac. Pour le tarif, on déplore également qu’une sacoche de protection ne soit pas offerte, comme le fait Valve avec son Steam Deck. Techniquement, cela reste une console nomade, mais face à une Switch 2, c’est un mastodonte.

On peut aussi pointer du doigt la multiplication des boutons sur la façade, ce qui rend leur utilisation parfois confuse en jeu. Il n’est pas rare de confondre pause avec bibliothèque, ce qui nous fait changer de page en pleine partie. Un peu rageant, on aurait aimé quelque chose de plus simple, ou alors un placement différent.

Une console techniquement maîtrisée
Une console avec un beau design et une belle interface, c’est bien, mais ça ne vaut pas grand-chose si la technique ne suit pas derrière. Pour convaincre, Asus reste dans la droite lignée des précédents modèles, avec un écran de IPS LCD de 7 pouces ainsi qu’un processeur Ryzen.

La dalle est dotée d’une définition de 1920 x 1080 pixels avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, ce qui signifie que les jeux peuvent afficher 120 images par seconde (même si le processeur graphique en calcule plus). Pour des questions de coûts, Asus a préféré se cantonner à une dalle IPS LCD plutôt qu’OLED, ce qui est un peu dommage. Cependant, le calibrage est soigné, avec un contraste correct (1300:1) et un respect des couleurs au rendez-vous. La petite déception vient du traitement des reflets, couplé à une luminosité maximale de 500 nits seulement. De fait, il est parfois difficile de jouer dehors, surtout quand il fait beau. Rajoutons à cela les traces de doigts bien visibles, des gros bords et nous avons un résultat très perfectible, mais loin d’être catastrophique pour autant.

A l’intérieur de la Xbox ROG Ally X, on trouve un processeur signé AMD : le Ryzen Z2 Extreme, avec un GPU Radeon basé sur l’architecture RDNA 3.5. Le tout est épaulé par 24 Go de RAM et un stockage de 1 To. Sur le papier, cela promet du jeu à 60 images par seconde en 1080p sur de gros titres, à condition de faire quelques concessions (comme désactiver le ray-tracing et se mettre en graphismes moyen). D’ailleurs, Windows a tendance à régler automatiquement les graphismes des jeux à leur premier lancement afin de proposer une expérience fluide. L’utilisateur peut tout à fait modifier quelques paramètres afin de trouver l’équilibre parfait entre performances et qualité visuelle, en activant par exemple les outils d’AMD comme le FSR ou la génération d’images (l’équivalent du DLSS de Nvidia). Le FSR est très important, puisqu’il améliore considérablement la fluidité.

Pour jouer, trois modes sont proposés : Silencieux (13 W), Performance (17 W) et Turbo (25W qui passent à 35W quand la machine est branchée). Il est possible de jongler entre ces différentes alimentations à la volée via une fenêtre coulissante. Pratique ! Le mode silencieux est amplement suffisant pour profiter de titres peu gourmands en ressources. Par exemple, Silksong atteint les 120 images par seconde dans ce mode.

Le point fort de la ROG Xbox Ally X, c’est de faire tourner les gros jeux en portable sans tousser, et ce en 1080p. En mode Turbo, Gears of War Reloaded atteint les 64 images par seconde. On peut flinguer du locuste sans saccades ni ralentissements. On atteint une moyenne de 62 i/s pour Cyberpunk ou encore 50 i/s sur Hell is Us. C’est important pour un titre qui mise aussi bien sur la réactivité que la précision. A noter qu’il ne faudra pas espérer dépasser les 50 i/s sur les titres tournant sous Unreal Engine 5 (comme Bordelands 4 ou Clair Obscur), le moteur étant mal optimisé. Sur Borderlands 4, en moyen avec la génération d’images, on est entre 40 et 45 i/s en moyenne. Cela reste correct.

Il est aussi possible de passer en mode perf afin de gagner un peu d’autonomie (à hauteur de 20%), en perdant une petite dizaine de FPS (55 sur Gears, 50 sur Cyberpunk et 43 sur Hell is Us). Brancher sa ROG Ally pour jouer chez soi n’est pas une situation exceptionnelle ; dans ces cas-là, on gagne un peu plus de 20% en performances. En bref, la console d’Asus et de Microsoft tient ses promesses : celle de faire tourner de gros jeux dans de bonnes conditions en mode nomade.

La chauffe est aussi bien maîtrisée, le SoC ne dépassant que très rarement les 70 degrés en mode portable (80 degrés branché). Le bruit des ventilateurs reste acceptable, même si on les entend dans une pièce relativement silencieuse. On est quand même loin de l’aspirateur. Jouer dans le lit ou le salon ne rendra pas fous ceux qui vivent avec vous.

La question de l’autonomie a toujours été un problème sur les Ally, mais il y a du mieux. Equipée d’une batterie de 80 Wh, la nouvelle mouture tient la route. Sur un jeu gourmand comme Gears ou Cyberpunk en mode Turbo, nous pouvons nous amuser presque trois heures avant de tomber en rade de batterie. Ajoutez une demi-heure en passant en mode perf. Ce n’est pas encore suffisant pour effectuer un long courrier sans s’approcher d’une prise, mais c’est assez pour en faire une machine nomade. Sur des titres moins gourmands, tels Silksong, nous avons tenu presque 5 heures (mode silencieux), c’est bien mieux !

Le prix, le talon d’Achille de cette ROG Xbox Ally
Reste à se poser la question qui tue : la ROG Xbox Ally est-elle une machine qui peut concurrencer la Switch 2 sur le marché des consoles portables ? Techniquement, elle tient toutes ses promesses : puissance présente, ergonomie au rendez-vous, catalogue riche et surtout interface bien pensée.

Nous avons utilisé la ROG pendant une dizaine de jours et il est vrai qu’elle accomplit admirablement sa mission, que ce soit pour un usage domestique ou pour un jeu plus nomade, comme lors d’un voyage. Quel plaisir de commencer une partie sur son PC pour le continuer dans le train. En revanche, on peut pointer du doigt son gabarit massif qui la rend moins pratique que la petite dernière de Nintendo.

Mais il y a un gros point qui fâche : le prix. A 899 euros. C’est cher, très cher, même pour une console portable haut de gamme. C’est assumé, Asus vise clairement un public différent que celui du bébé de Nintendo. Un public PCiste prêt à mettre la main à la poche si nécessaire. Mais tout de même, on est étonnés d’un tarif si élevé. Quand on regarde la concurrence directe, à savoir le Steam Deck (qui est moins puissant et dispose d’un écran 720p, mais OLED), cela fait mal !

Oui, la ROG peut remplacer la Switch 2 à l’usage si vous le souhaitez, mais sur le marché global, ce n’est pas l’objectif. Ce n’est pas la machine ultra-populaire, celle qu’on offre aux enfants à Noël en étant sûr de faire plaisir. C’est un produit plus adulte, ciblant les fans de tech et les PCistes purs et durs plutôt que les joueurs occasionnels. Les fans de tech qui ont de l’argent…

En définitive, l’Asus ROG Xbox Ally X est une excellente machine, mais au prix beaucoup trop élevé pour l’expérience qu’elle propose. Elle aurait gagné à être commercialisée à 200 euros de moins. A 699 €, elle aurait été extrêmement intéressante, voire indispensable pour les adeptes du format. Là, elle l’est un peu moins, et ce malgré ses grandes qualités.

Mais on peut reconnaître une chose à Asus : le constructeur taïwanais a peaufiné une formule pour enfin proposer un produit agréable, cohérent et qui tient techniquement la route. Toutefois, il est encore difficile de la considérer pleinement comme une console, puisque malgré les efforts, cela reste un PC encastré dans une manette. Un PC qui vise… les PCistes. L’illusion de la console facile à prendre en main fonctionne et nous avons rangé la Switch 2 au placard pendant toute la durée de notre test, sans jamais ressentir le besoin d’y retourner. Mission réussie… oui, mais à quel prix ?
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Asus ROG Xbox Ally
899 €On aime
- Agréable en main
- De bonnes performances, même sur les gros jeux
- Un écran 1080p et 120 Hz
- Autonomie correcte, à défaut d’être excellente
- La possibilité de jouer aux jeux Xbox, mais aussi ceux d’autres services
On aime moins
- Poids lourd qui la rend moins transportable qu’une Switch
- Encore quelques errances au niveau de l’interface
- Dalle peu lumineuse et sujette aux traces de doigts
- Prix XXL