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Avec cette drôle d’affaire, Volvo montre sa conception très personnelle de l’utilisation d’Instagram

Volvo est accusé d’avoir utilisé des photos d’un compte Instagram sans autorisation. La firme suédoise contre-attaque avec des arguments osés.

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Prendre les photos d’un auteur sur Instagram et les utiliser pour faire sa propre promotion, est-ce bien convenable ? C’est en tout cas ce que pense Volvo, qui est impliqué dans une drôle d’histoire de violation de droits d’auteur mettant en scène un photographe et un mannequin professionnel.

En avril 2019, un photographe, Jack Schroeder, un photographe automobile et lifestyle, accompagné d’un mannequin, Britni Sumida, embarquent ensemble pour une séance photo lors de la très courue saison du « blooming », cette période unique de floraison de fleurs sauvages en Californie du Sud, particulièrement spectaculaire au printemps 2019, après des années de sécheresse. Les deux professionnels se rendent sur place à bord d’une Volvo S60, qui servira de faire-valoir et d’accessoire de luxe pour cette session en plein air. Suite à cette journée de prises de vue, Jack Schroeder publie quelques images sur son compte Instagram. Jusque là tout va bien. Sauf que Volvo demande à deux reprises à l’auteur les droits d’utilisation de ces images, et se heurte à une fin de non recevoir.

De son côté, Schroeder contacte la marque suédoise par courriel afin de proposer une licence d’utilisation de ses images, offre à laquelle Volvo ne répond pas. Mieux, la marque aurait répondu par une « lettre agressive et intimidante » à une société avec laquelle Schroeder avait travaillé. Volvo aurait menacé de poursuivre la société de production de Schroeder pour une vidéo de 20 secondes qui « affichait illégalement le logo de leur marque ». Quelle n’est pas alors la surprise du photographe quand, quelques mois plus tard, en novembre, il voit ses clichés, dont deux qui ne sont jamais apparus sur Instagram, mais qui auraient été postées sur Behance, sur les comptes Instagram et Pinterest de Volvo.

Pour Volvo, republier n’est pas voler

Si l’appropriation par Volvo sans contrepartie du travail de Schroeder pose problème, tant en termes financiers qu’en matière de respect du droit d’auteur, ce n’est rien à côté de l’embarras dans lequel elle plonge Britni Sumida, cette dernière étant déjà en contrat d’image avec un autre constructeur automobile. Après de multiples tentatives infructueuses pour régler le problème directement avec Volvo, le duo a finalement intenté un procès.

Mais Volvo a décidé de ne pas se laisser faire, et utilise des arguments juridiques relatifs au droit d’usage des photos publiées sur Instagram. La marque automobile prétend en effet qu’Instagram lui accorde une sous-licence pour re-partager à nouveau toute photo publique, mais affirme également que « parce que Schroeder a rendu son compte « public », il a de facto accordé à Volvo une licence directe pour partager à nouveau les photos d’Instagram », en se référant aux conditions d’utilisation d’Instagram sur la façon dont le contenu utilisateur peut être « partagé à nouveau par d’autres » une fois que vous l’avez rendu public.

Volvo affirme également qu’en taggant le compte du constructeur automobile, Jack Schroeder a accordé à Volvo une licence implicite non exclusive de partage des photographies Instagram.

Ce litige, en cours au moment où nous écrivons ces lignes, pose plusieurs questions relatives à la propriété intellectuelle et au partage d’œuvres originales sur les réseaux sociaux. Même si les arguments employés par Volvo peuvent paraitre quelque peu spécieux de prime abord, la firme ne fait-elle pas finalement qu’appliquer à la lettre des règles d’Instagram ? D’autre part, le photographe n’est-il pas dans une forme de procédure abusive quand il attaque la marque, alors même que lui-même a utilisé un de ses produits sans autorisation pour mettre ses photos en valeur, des photos que Volvo n’a fait que re-publier en prenant le soin de tagger l’auteur ?

Tout cela se résoudra devant les tribunaux, ouvrant peut-être la voie à une modification des conditions d’utilisation d’Instagram, ou à une jurisprudence, à un moment ou le réseau social est déjà sous le feu de la critique.

Précisons que nous n’avons trouvé trace des clichés en question sur le compte Instagram Volvo Car USA incriminé dans cette affaire. Peut-être aurez vous plus d’acuité et de temps que nous pour éplucher tous les comptes de la marque…

Instagram
Par : Instagram Inc
4.6 / 5
108,5 M avis
1 commentaire

1 Commentaire

  1. Gui

    15 août 2020 at 19 h 46 min

    Visiblement la personne qui a écrit ses lignes n’y connaît rien en droit à l’image … et si les photographes devaient demander l’autorisation d’utiliser tous les éléments qui composent les photos, cela ferait longtemps que plus personne ne pourrait prendre des photos de quoi que ce soit …

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