Cette fois-ci, ce n’est plus de la simple simulation sur ordinateur. Au sein du Pentagone, une branche dédiée à l’innovation appelée la DARPA a pu concrétiser l’un de ses principaux projets. À mi-chemin entre les exercices de pilotes de chasse et des drones, un F-16 de l’armée américaine a réalisé 12 vols sans assistance humaine. Aux commandes de l’avion de chasse, une intelligence artificielle (IA). Dans les airs, l’appareil est resté plus de 17 heures en tout, en effectuant diverses manoeuvres contre un adversaire simulé.
À bord, un pilote était présent sur chaque essai par sécurité. L’exercice aurait été bien plus exceptionnel sans personne à bord, mais il est facilement compréhensible à ce jour qu’un tel système autonome est bien plus poussé qu’un simple système de pilotage automatique qu’on connaît. Au sein de la DARPA, plusieurs algorithmes différents ont été développés et ont tous été testés. Tous abordent d’un angle différent le défi de donner à la machine le pouvoir de décision sur les trajectoires et manoeuvres de l’appareil.
Dans une annonce rendue publique en février, le Pentagone a révélé la tenue de ces exercices, qui ont eu lieu en décembre dernier. Le terrain militaire utilisé se trouve en Californie, depuis la base aérienne d’Edwards. L’appareil est un F-16, utilisé à l’origine pour l’école de pilotage chez l’US Air Force, et développé par Lockheed Martin qui s’est targué de la réalisation de ces entraînements par intelligence artificielle. C’est en effet sur ses technologies que s’appuie la branche spécialisée dans l’innovation de la Air Force.
L’équivalent de 12 ans d’expérience
Pour Lockheed Martin comme pour l’Armée, le développement de l’intelligence artificielle pour piloter les avions de chasse va repousser les limites de la conception des avions. En effet, si les chasseurs n’ont plus de pilote, alors il n’y aura plus de limites physiques. La force centrifuge, qui met à mal le corps humain, ne sera pas en jeu dans l’équation et seules les limites de la structure de l’avion seront à prendre en compte. C’est ainsi que le constructeur aéronautique et le Pentagone ont annoncé conjointement que d’autres essais auront lieu tout au long de l’année 2023.
Il y a deux ans, alors qu’il n’était pas encore possible de laisser l’IA piloter l’avion de son décollage à son atterrissage, celle-ci avait déjà fait parler d’elle. Lors d’un exercice simulé, les premières versions du logiciel algorithmique de l’US Air Force avaient battu l’un des pilotes de l’armée. “Cette intelligence artificielle a l’équivalent de 12 années d’expérience à bord d’un avion de chasse”, déclaraient en 2020 ses créateurs. En fait, elle intégrait déjà 4 milliards d’exercices de simulation.
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Nonobstant 17 heures, cela signifie ravitaillement en vol, ce qui n’est pas rien. Cela change même la structure de l’avion, son ergonomie, plus de poste de pilotage, plus d’oxygène, plus de siège, cabine, cockpit, ça laisse rêveur.