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BAKI sur Netflix : quel est le fuck ?

Baki, sur Netflix, mise sur une violence volontairement exagérée, mais déçoit par son scénario décousu et une réalisation inégale.

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Baki sur Netflix : avis critique

Baki, sur Netflix est un anime entièrement consacré à la baston et aux arts martiaux, dans un style bien particulier et avec un niveau de violence élevé, une œuvre qui devrait davantage parler aux fans de MMA qu’aux aficionados du curling.

Baki ou Grappler Baki est un manga de genre shonen commencé en 1991 et qui se poursuit depuis au fil de diverses itérations.

Baki : la fascination de la puissance physique

Au centre de l’œuvre de Keisuke Itagaki, on retrouve une fascination pour le corps humain, les arts martiaux et sports de combat et la puissance physique de manière générale.

Ce manga se caractérise notamment par ses corps à la musculature hypertrophiée, mais aussi par un sens du mouvement et de l’impact, le tout n’étant pas sans rappeler le style de Hokuto No Ken, Ken le Survivant en VF.

Si j’en parle maintenant, c’est notamment du fait de l’anime dont Netflix diffuse directement une sorte de troisième saison sans pour autant proposer les deux premières.

https://www.youtube.com/watch?v=kCY-ThrEEis

Pour ce qui est des adaptations anime, ça commence avec un OAV de 1994, puis deux saisons de 24 épisodes chacune, toutes deux diffusées en 2001 au Japon.

Alors, est-ce que je vous conseille de regarder ce Baki de Netflix ? En résumé, non, surtout si nous n’avez jamais rien vu du manga ou des précédents adaptations animées auparavant.

Baki souffre d’un scénario très mal pensé

Ce qui faisait selon moi le charme de l’œuvre et de son personnage principal, Baki Hanma, se dilue et se perd totalement dans cette saison 3 qui semble avoir été écrite par un auteur qui démarre tout juste sa classe de CM2.

Pour avoir l’adaptation ultime de Baki, il faudrait le scénario des deux premières saisons, les meilleures illustrations de la saison 3 de Netflix et l’animation 2D de l’OAV de 1994.

Baki sur Netflix : avis critique

Puisque c’est impossible, la meilleure expérience pour découvrir Baki reste certainement le manga, c’est une évidence, mais autant le rappeler et sinon il reste les deux saisons de 2001 qu’on trouve facilement aussi bien en DVD qu’en streaming et dont l’histoire reste la plus intéressante, malgré une animation plutôt pauvre.

Même si l’OAV de 1994 propose une animation de qualité, on en reste à un scénario très basique qui ne permet pas de bien comprendre les protagonistes et leurs motivations.

Alors oui, la saison 3 de Netflix commence relativement bien en faisant monter les attentes autour de cinq condamnés à mort présentés chacun comme étant les plus dangereux au monde, mais les 13 premiers épisodes sur un total attendu de 26 se perdent rapidement dans une narration sans aucun fil conducteur solide.

Baki sur Netflix : avis critique

Mieux vaut déjà connaître Baki

Netflix a fait un choix très étrange en lançant l’adaptation de cette histoire tout droit issue des mangas sans même faire l’effort d’introduire le personnage principal, Baki Hanma et encore moins son père, Yujiro Hanma incontestablement reconnu comme la plus dangereuse créature au monde.

Dès le départ, on n’a absolument aucune explication logique sur le choix simultané que font ces cinq condamnés à mort de quitter leur prison et de se rendre au Japon. Pour la plupart d’entre eux, on ne sait même pas pourquoi ils sont condamnés à mort, ni pourquoi ils avaient choisi de rester jusque-là en prison, alors même qu’ils sont de toute évidence capables d’en sortir quand bon leur semble.

Dans les mangas, c’est différent, on a plus d’informations, mais il est question ici de l’anime Netflix.

Baki sur Netflix : avis critique

Cette incohérence généralisée se retrouve aussi bien avec Mitsunari Tokugawa, le vieux milliardaire, qui a connaissance on ne sait comment de l’arrivée des évadés, que dans tout le reste de l’anime avec des comportements sans aucune logique des différents personnages et un scénario incapable de définir une trame principale.

Baki : un personnage principal inactif ou presque

Sur les 13 premiers épisodes, Baki Hanma ne combat quasiment pas. En soit, ce n’est pas forcément un mal, puisque le manga comprend de nombreux combattants fascinants, mais l’adaptation Netflix ne fait que papillonner de l’un à l’autre sans jamais donner suffisamment de contexte ou de substance, surtout pour les spectateurs qui les découvrent pour la première fois.

Baki sur Netflix : avis critique

Parmi ceux qui sortent du lot on a notamment Doppo Orochi le grand maître de Karaté et dans une moindre mesure son fils adoptif Katsumi ou encore Kaoru Hanayama, le yakuza à la poigne surhumaine, à tel point qu’on pourrait vaguement supposer que ce sont eux les personnages principaux. Malheureusement, Retsu Kaioh reste très en retrait.

Heureusement, ou pas,  une pseudo intrigue amoureuse totalement ratée vient nous rappeler que c’est bien Baki le héros de l’histoire et que sa petite copine ne sert vraiment à rien, comme toutes les femmes et même tous les personnages non combattants de façon générale.

Le pire, c’est sans doute que Baki Hanma est dépeint comme un adolescent à 50% crétin, 50% blasé et 100% imbu de lui-même, ce qui tranche terriblement avec la puissance de se rage et de sa motivation dans les adaptations animées de 2001.
Cette version Netflix semble au début consacrer du temps à développer les antagonistes, les fameux 5 condamnés à mort, ce qui serait en effet une excellente idée.

Baki sur Netflix : avis critique

Des antagonistes caricaturaux

Quand on creuse un peu, il n’en ressort que des bribes plus ou moins grotesques et encore une fois des incohérences monstrueuses pour des personnages qui se ressemblent beaucoup trop.

On découvre par exemple que Dorian, le condamné américain, serait le premier et le seul occidental à avoir obtenu le rang et le titre de Kaïoh, ce qui implique une forme d’accomplissement spirituel de très haut niveau et pourtant, Dorian se comporte à plusieurs reprises de façon totalement aberrante et ridicule.

Il faut reconnaître qu’on touche là peut-être à une faiblesse qui se ressent dans tout Baki, quel que soit le support, à savoir l’ignorance quasi systématique de toute la dimension éthique et spirituelle que devraient apporter certaines pratiques liées aux arts martiaux.

D’un côté, je suis d’accord, en réalité, le plus dangereux combattant du monde peut parfaitement être un connard égocentrique qui multiplie les tricheries et les comportements douteux, après tout il suffit de voir le cas de Jon Jones à l’UFC.

Baki sur Netflix : avis critique

De l’autre, ce rejet de toute notion de sagesse au profit d’une quête obsessionnelle de la capacité à détruire l’autre ne rend pas justice à l’ensemble des enseignements des arts martiaux, surtout si on parle de leurs formes traditionnelles. Mais c’est comme ça, dans Baki, l’homme le plus fort du monde, Yushiro Hanma, père de Baki, est aussi un sombre connard dénué de morale.

On peut ajouter que dans Baki Dou, un arc assez récent du manga, on découvre que même le samouraï légendaire Miyamoto Musashi serait apparemment un enfoiré dénué d’empathie.

L’absence de sens

Là où ce Baki de Netflix déçoit le plus, c’est sans doute dans son incapacité à donner un sens à tout ce qui se déroule à l’écran.

Baki sur Netflix : avis critique

Tous les personnages semblent vains, imbus d’eux même et tous motivés par la même chose, devenir le plus fort du monde ou trouver quelqu’un capable de leur faire mordre la poussière.

On est bien loin de l’héroïsme et du sens du sacrifice et de camaraderie qui donnent autant de cœur à des œuvres telles que Saint Seiya ou Dragon Ball, sans parler de la richesse incomparable de leurs univers.

On pourrait en dire encore beaucoup plus sur les aberrations narratives de Baki, mais ce serait se lancer dans des spoilers sans grand intérêt.

Une réalisation peu convaincante

Sur la forme maintenant, c’est un peu mieux que l’histoire déjà, difficile de faire pire très franchement, mais il y a encore beaucoup à redire. On retrouve parfois une belle qualité du trait et des personnages fidèles à ce qu’a dessiné Keisuke Itagaki.

Baki sur Netflix : avis critique

Le sens de l’impact est bien présent et s’il y a bien un aspect qui est monté en puissance par rapport aux précédentes adaptations, c’est le niveau de violence. Il est dommage de ne compter que sur la violence pour vendre une telle série auprès d’un jeune public plutôt que sur de véritables qualités scénaristiques ou techniques.

En effet, la qualité graphique réelle sur certains plans se trouve totalement déformée dans d’autres quand les proportions des personnages changement complètement et là je ne parle pas du tout des effets de style ou des musculatures volontairement hypertrophiées, non, je parle juste de dessins ratés ou faits à l’arrache.

Pour ce qui est de l’animation, les transitions entre la 2D et la 3D sont très visibles, à tel point que cela peut totalement vous sortir de l’action en supposant que vous ayez réussis à vous y investir au préalable. On en vient presque à penser à la 3D complètement pétée qu’on subissait dans l’intro de le saison 2 de la série animée.

Baki sur Netflix : avis critique

Des combats nombreux et violents

Alors après tout ça, peut-on trouver un intérêt dans cette nouvelle mouture de Baki ? S’il y en a un, c’est dans l’exagération de toutes les situations et dans enchaînement des combats.

Contrairement à certains anime, pas besoin d’attendre un ou deux épisodes avant de voir du fight, là c’est plutôt deux ou trois par épisode. Justement ces combats, parlons-en !

Dans l’ensemble, ils sont plutôt décevants et ne collent pas avec la logique mise en avant par l’histoire. En théorie, on devait avoir affaire à des tueurs sans foi ni loi tirant profit de la moindre ouverture pour massacrer leurs adversaires.

Baki sur Netflix : avis critique

En pratique, on se retrouve avec des crétins qui racontent leur vie avant de frapper et qui passent leur temps soit à sous-estimer leurs adversaires, soit à retenir leur véritable puissance, attendant d’être mort ou presque avant d’exprimer leur potentiel.

Quand tout le monde le fait, combat après combat, ça devient très lassant, d’autant plus qu’on a déjà vu ça cent fois ne serait-ce que dans Dragon Ball.

Manque de fluidité et combat au tour par tour

Les fans de sport de combat regretteront le manque de véritables enchaînements. On se retrouve plutôt dans un mode au tour par tour, comme si un combattant voulait voir si son adversaire pouvait le tuer en un coup avant de riposter.

En résumé, Baki essaie d’imposer un état d’esprit du combat total et réaliste, sans aucune règle ni limite, alors que tout le reste de l’anime semble construit à l’exact opposé de toute volonté de réalisme.

C’est d’autant plus vain que le tournoi de la deuxième saison avait déjà pour spécificité de n’avoir aucune règle. La seule différence avec cette saison 3, c’est l’introduction d’armes plus ou moins vicieuses, improbables ou simplistes.

Baki sur Netflix : avis critique

3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Fortune

    10 février 2019 at 10 h 41 min

    L’auteur n’a pas aimé l’oeuvre et déconseille par conséquent de la regarder. Internet est une vrai bouse dans le sens ou n’importe quel Kévin peut pondre un article et se prétendre journaliste ou rédacteur. Non.

    Déconseiller aux gens de regarder une oeuvre est la pire sotise visible su internet. C’est aussi ridicule que dire : « Je n’aime pas le jambon, n’en mangez pas. »

    C’est grâce à des gens comme ça que l’esprit critique se perd et qu’on pourrait, en tendant l’oreille, entendre dans la rue des choses tel que :

    « Baki c’est nul.. »
    – Ah bon, tu l’as regardé ?
    « Non mais un article le dit, alors… »

    Regardez Baki. Faites-vous VOTRE avis. N’écoutez pas les gens qui pensent à votre place. Et cela ne concerne pas que Baki. Faites pareil pour les journaux télévisé, les films, les on-dit de votre voisin, et surtout l’émincé de gerbe dispensé par votre politicien favori.

  2. Cottone

    13 février 2019 at 19 h 50 min

    Merci a Fortune de remettre les choses a leurs place.
    Certes Baki 2018 ne sera peut-être pas votre anime Favorite mais elle reste agréable à regarder et surtout permet pour ceux qui ignorait jusqu’alors l’existence de la série. La seul chose que je me permettrai de conseiller et de regarder les 2 saisons de 2001 pour connaitre les personnages présenter dans celle ci. Merci a Netflix juste pour m’avoir permis de retrouver Doppo Orochi ou encore Retsu.

  3. Kevin

    18 février 2019 at 7 h 00 min

    Franchement, tu as raison avec l’histoire du jambon … Mais là c’est une vraie perte de temps cette version de Baki. Ça m’a fait un bien fou de lire l’article après avoir regardé tous les épisodes.

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