En général, un nourrisson pèse entre 2,5 et 4 kilos à la naissance. Lorsqu’il dépasse les 4,5 kilos (bien que le seuil puisse varier), on parle de macrosomie : cela signifie qu’il est plus lourd que 90 % des nouveau-nés au même stade de grossesse. Une condition également dénommée « gros pour l’âge gestationnel » ou « Large for gestational age » en anglais (LGA).
Cassian et ses 5,8 kg, qui a fait sensation sur TikTok (voir ci-dessous), entrent donc bien dans cette catégorie, même s’il n’est pas le bébé le plus lourd qu’une mère ait mis au monde. En effet, en 2023, un bébé brésilien avait atteint les 7,3 kg ! Quels facteurs peuvent conduire à une croissance fœtale aussi exceptionnelle ?
La macrosomie : une condition médicale rare
Le cas de Cassian n’est pas systématiquement pathologique ; comme la plupart des enfants concernés par la macrosomie, il n’est pas malade au sens strict du terme. Son poids de naissance est simplement bien supérieur à la moyenne, on préfère parler de réponse physiologique à un environnement maternel de croissance hautement nutritif, un terrain qui accentue naturellement la croissance fœtale. Celle-ci peut avoir plusieurs origines et chaque nouveau-né concerné est le produit d’un ensemble unique de conditions physiologiques, toutes différentes d’une grossesse à l’autre.
La première cause est bien souvent constitutionnelle ou génétique ; certaines femmes donnent naissance à des bébés plus grands et plus lourds, sans qu’ils ne souffrent de problème de santé. C’est le patrimoine génétique familial qui prédispose au gabarit du futur nouveau-né, les gènes transmis par les parents influençant la croissance fœtale dès ses premiers moments de vie in utero.
Dans la majorité des cas cependant, la macrosomie est liée à un déséquilibre métabolique temporaire de la mère durant la grossesse. C’est notamment le cas du diabète gestationnel, une élévation temporaire du taux de sucre dans le sang qui touche certaines femmes lorsqu’elles sont enceintes. Lorsque la glycémie maternelle est trop élevée, une partie du glucose passe dans le sang du fœtus et son pancréas se met alors à produire davantage d’insuline pour réguler ce surplus d’énergie. Cette hormone transforme le glucose en réserves graisseuses, ce qui mène le bébé à croître plus rapidement que la normale.
L’indice de masse corporelle (IMC) élevé avant la grossesse, ou une prise de poids excessive durant celle-ci, peuvent également exacerber ce phénomène. L’obésité maternelle, particulièrement, est un facteur de risque important, principalement en raison de la probabilité accrue de développer un diabète gestationnel. Ainsi, ces deux facteurs convergent souvent pour créer un environnement de croissance fœtale trop excessif.
Lorsque la mère consomme plus d’énergie qu’elle n’en dépense, une partie de cet excédent passe au fœtus. Son organisme, stimulé par cet afflux de nutriments, se met à croître plus vite. Son environnement métabolique est donc trop riche, ce qui explique pourquoi les pays dans lesquels l’obésité est la plus prévalente sont aussi ceux où les cas de macrosomie sont, en moyenne, les plus fréquents.
Les risques pour le bébé et la maman
Même si les images de ces bébés hors norme peuvent être un peu impressionnantes, la majorité d’entre eux viennent au monde en bonne santé ; ils sont simplement plus « costauds » que la moyenne.
Ce sont surtout les conditions de l’accouchement qui deviennent plus délicates pour la mère. La macrosomie est un facteur de risque important de dystocie des épaules : les épaules du bébé (ou parfois sa tête) passent moins facilement dans le bassin maternel, ce qui peut entraîner un blocage.
Dans ce cas-là, l’équipe obstétricale peut avoir recours à des manœuvres de dégagement, comme la manœuvre de McRoberts (flexion des cuisses sur l’abdomen de la mère) ou la rotation manuelle du bébé pour libérer une épaule coincée derrière l’os du pubis. Si ces gestes ne suffisent pas, une césarienne peut être pratiquée pour assurer une naissance sans danger.
La mère peut aussi souffrir de déchirures périnéales ou d’hémorragies post-partum, et sa période de travail est généralement plus longue et plus éprouvante. Fort heureusement, ces complications restent rares dans les pays développés, le suivi obstétrical étant suffisamment précis et régulier pour repérer à temps les accouchements à risque.
Si l’on en croit les maigres informations laissées par la maman sur son compte TikTok, Cassian et elles semblent se porter à merveille. Né à Nashville au TriStar Centennial Women’s Hospital, il a vu le jour à la même date que l’anniversaire de sa mère. C’est ce qu’on appelle un beau et gros cadeau !
- Cassian, un bébé né à Nashville avec un poids de 5,8 kg, illustre le phénomène médical rare de la macrosomie, où un nourrisson naît bien au-delà du poids moyen sans être pour autant malade.
- Cette croissance inhabituelle s’explique le plus souvent par des facteurs génétiques ou métaboliques, notamment le diabète gestationnel ou un environnement maternel très riche en nutriments.
- Si la plupart de ces bébés sont en parfaite santé, l’accouchement peut s’avérer plus complexe pour la mère, avec un risque accru de complications nécessitant parfois des manœuvres obstétricales ou une césarienne.
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