Bloqueurs de pub : le modèle économique d’internet est-il en train de vaciller ?

La démocratisation des bloqueurs de publicité et leur explosion sont en train d’amener le monde a une réflexion importante: la volonté de ne plus être visé par de la publicité, va-t-elle amener à l’effondrement du modèle économique d’internet gratuit ?

internet mobile

Il semble qu’internet vive une crise majeure avec l’explosion des bloqueurs de publicité. Entre 2013 et 2014, l’augmentation du nombre d’utilisateurs de système de type Adblock a bondi de 41%, entrainant une perte de revenus de plus de 21 milliards de dollars aux sites web.

Plus de 198 millions d’internautes utilisent un bloqueur de publicité

Chaque fois qu’un utilisateur prend la décision d’installer un bloqueur de publicité, il handicape très sérieusement le site internet sur lequel il navigue, qui dépend en tout ou partie des recettes publicitaires, pour exister. Une très grande majorité des sites web ont fait le choix de proposer leurs services gratuitement, ne tirant leurs revenus que de la publicité. Les systèmes adblock les privent donc de l’unique moyen de pouvoir payer leur hosting, leurs rédacteurs, leurs locaux, etc.

Une étude dévoilée par PageFair et Adobe, démontre que « le blocage de la publicité représente maintenant une menace existentielle pour l’avenir des contenus gratuits sur internet ». Jusqu’à présent le phénomène était orphelin, mais depuis quelques années la forte hausse des installations de solutions de blocage de publicité sur les navigateurs, commence à avoir un rôle non négligeable sur la santé financière de milliers de sites web.

L’étude a mis en avant que désormais 198 millions d’internautes utilisent un système de type Adblock pour surfer, soit un bond de 41%. D’après les estimations les plus optimistes, au moins 21,4 milliards de dollars de recettes auraient été perdues par les sites web. Un chiffre qui va atteindre les 41 milliards en 2016 !

Des conséquences tragiques pour les sites web gratuits

Le patron de PageFair, Sean Bleachfield, a estimé « tragique que les utilisateurs de bloqueurs de publicité infligent par inadvertance des milliards de dollars de pertes aux sites internet qu’ils aiment le plus ». Le phénomène devrait même s’accélérer avec la croissance des applications de bloqueurs de pub sur les mobiles. Le modèle économique qui a porté internet pendant 20 ans est sur le point de s’écrouler, mettent en garde les auteurs de l’étude.

Campbell Foster, responsable du marketing des produits chez Adobe a toutefois souligné : « Les consommateurs, pour la plupart, acceptent le compromis qui vient avec la ‘gratuité’ (en ligne) –je vous donne des informations sur moi en échange de vos séries télévisées, films, articles de presse, services…– mais cela s’arrête avec la publicité qui est intrusive, ennuyeuse, pas pertinente ou simplement fait peur ». Pour empêcher cet effondrement prévisible, qui amène progressivement à un internet « payant », la balle est donc dans les deux camps : les sites doivent exiger des publicités moins intrusives et les utilisateurs doivent être plus tolérants vis-à-vis des sites web qui leur offrent gratuitement de l’information et du divertissement quotidiennement.

Source

Note d’Eric : Je rappelle quand même à toutes fins utiles que Presse-citron a fait le choix (et pris le risque) de supprimer intégralement la publicité « classique » (bannières et autres) sur ses pages en optant pour un nouveau modèle économique avec les marques. Seul un habillage peu intrusif s’affiche pendant quelques jours (c’est le cas en ce moment) mais cela reste exceptionnel et cela concerne notre programme de mise en avant de startups françaises.


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22 commentaires

  1. la vraie question est: « l’internet gratuit est il bon? »
    ma réponse est non mais il y a des exceptions
    si par le blocage des revenus on peut restreindre l’accès a l’internet poubelle et rediriger les profits vers des sites de qualité alors je suis POUR les bloqueurs de pub
    et quand l’internet sera plus qualitatif les pubs seront moins présente mais plus chères pour l’annonceur donc les bloqueurs seront moins (ou plus du tout) nécéssaires

  2. Les sites et les régies publicitaires devraient se poser la question de la pertinence de ces publicités. Oui, elles sont affichées sur des écrans, mais est-ce que cela va vraiment influencer les choix du consommateur ? Personnellement, la réponse est non : ce n’est pas en voyant une image de la dernière voiture de X constructeur que je vais l’acheter ( quand je daigne déjà regarder la publicité )
    La question suivante est, pourquoi les gens installent un bloqueur de publicité ? La réponse semble être liée à la possibilité de se débarrasser de toute pollution autour du contenu, dans un monde où l’on est exposé en permanence à des publicités du matin au soir. Trop de publicité tue la publicité.
    Quelle est la solution ? Pour moi elle passe par une publicité plus recherchée, comme du contenu sponsorisé, dispersé avec parcimonie et en cohérence avec le support/contenu. Les visiteurs l’accepteront d’autant mieux, et a publicité aura un impact plus important que de vulgaires encarts colorés que personne ne regarde.

  3. J’utilise un (ou plutôt des) bloqueur(s) de publicité et j’en suis fier.

    C’est vrai que les régies publicitaires sont de généreux mécènes en finançant sans rien demander en échange tous ces merveilleux sites plus clickbait les uns que les autres. Mais d’où vient cet argent ?
    C’est simple ce sont des agences de pub qui financent les campagnes que lancent les régies. Mais d’où vient cet argent ?
    C’est simple ce sont les entreprises qui payent les agences pour faire cette communication pour eux. Et les entreprises font ça à perte ?
    Elles n’attendent rien en échange ?
    Mais si bien sûr, elles attendent de la publicité une augmentation des ventes qui va rapporter plus que ce que va couter la publicité. Mais d’où vient cet argent ?
    C’est simple ce sont les consommateurs victimes de la publicité qui se font manipuler par les habiles communiquant parfaitement rodés aux neurosciences qui vont sournoisement les amener à acheter des produits dont ils n’ont pas vraiment besoin.
    Mais alors ce sont les consommateurs qui payent (via leurs achats déclenchés par la pub) les entreprises qui payent les agences qui payent les régies qui payent les webmasters.

    Et ça coute combien à chaque internaute consommateur ?

    Un petit calcul rapide :
    – le chiffre d’affaire de la publicité en ligne (d’après le SRI (syndicat des régies internet)) a été en 2014 de 2.9 milliards d’euros net.
    Il y a en France (66 millions d’individus) environ 25 millions de ménages. Si on considère que chaque ménage (c’est quasiment vrai) possède un ordinateur ça nous fait 25 millions d’unités d’achat touchées par le publicité en ligne.
    Et cette publicité (2.9 milliards) est plus que compensée par le surplus d’achat de 25 millions d’unités d’achat, soit 116 euros par ménage.

    Si il n’y avait plus de publicité en ligne on économiserait (les prix diminueraient puisque les entreprises ne dépenseraient plus de pub) 116 euros qu’on pourrait aisément utiliser pour se payer des abonnements aux sites qui en valent « vraiment » la peine.

    Il est certain que ça va signer l’arrêt de mort de la presque totalité des sites qui survivaient (souvent très très bien) grâce à cette manne d’argent facile qui tombait du ciel.
    A présent il va falloir se sortir les doigts et sortir du « vrai » contenu.
    Fini le repompage sec des dépêches AFP ou des autres sites de news ou la recopie des dossiers de presse des constructeurs. Il va falloir réfléchir un peu à être créatif et de mettre un peu de jus de cerveau dans sa page web.

    Il est MENSONGER d’insinuer dans l’article que ces sites sont « gratuits » : ils ne sont pas gratuits puisque l’internaute manipulé achète des produits superflus qu’il n’aurait pas acheté en temps normal. Pire même les non internautes vont être mis à contribution via l’augmentation des prix lié au coût de la publicité. Donc NON ce n’est pas « gratuit », c’est juste une « facturation » sournoise et non visible.

    Je souhaite vivement la mort de ce système pour qu’enfin quelque chose de sain se mette en place.

    Il y aura toujours de vrais « amateurs » qui continueront à payer leur hébergement et leur bande passante jute comme ça pour le plaisir.
    Il y aura toujours des sites institutionnel (universités, laboratoires …) qui offriront leurs résultats au public.
    Il y aura toujours des entreprises qui maintiendront leur site pro.
    Et il y aura des sites « payants » qui apporteront une « valeur ajoutée » à la hauteur de leurs prétentions financières. (comme quand on achète un journal ou un magazine)
    Tous les autres mourront, ça va libérer de la bande passante.

    En fait, au début, la publicité était « supportable ». Puis certains ont exagéré, puis d’autres encore plus. A présent, nous les victimes de cette publicité de plus en plus intrusive, nous révoltons. Je bloque SYSTEMATIQUEMENT toutes les publicités, les traqueurs, les comptages de passage et autres …

    Ils (vous) ont été trop loin : à présent c’est la guerre.
    Nous avons pendant trop longtemps été des moutons, aujourd’hui nous sommes des « moutons de guerre ».

    Mort à la pub !

  4. J’utilise Adblock Plus depuis 2 ans sur Chrome et Firefox : Il est en mesure de bannir définitivement la majorité des réclames du web. Efficace contre les pop-up, les bannières et les publicités vidéo. Toujours opérationnel quel que soit le site visité même YouTube et Facebook.

    • J’ai hâte de te commander un service SEO et de ne pas payer à la fin 🙂 . La pub est faite pour payer un service. En allant sur le site tu acceptes pouvoir utiliser ce service avec en contre partie de la pub. Si ce « contrat » ne te plait pas tu peux quitter le site.

      Mais bon suis je bête tu ne vis pas de la pub donc tu préfères cracher tu les indépendants qui eux en vivent pour ton petit confort égoïste.

      • Si les éditeurs avaient été un peu plus raisonnables avec la publicités et les traceurs, on en serait pas là. Je préfère aujourd’hui que l’on monétise un site par abonnement que par des pubs. Tu peux le regretter mais je pense que c’est le sens de l’histoire.

      • Sauf que résumer le financement d’un site à la seule publicité déplace le pb sur l’utilisateur, oublie un peu rapidement le choix initial de défausser la valeur de son contenu sur des pubs externalisées qui n’ont souvent qu’un lien avec l’utilisateur, même pas le site !

        Alors le petit confort égoïste est peut-être celui de l’auteur d’un site qui privilégie la pub par facilité plutôt que le risque d’un modèle accordant sa juste valeur au contenu diffusé.

        Indépendant ou pas !

  5. Tout est dis dans la conclusion. Les éditeurs de site web ont abusé de la publicité au point que parfois l’internaute ne trouve plus le contenu qu’il est venu chercher.

    Il faut trouver un juste milieu et AMHA réévaluer la valeur d’un espace publicitaire sur un site web pour éviter le besoin de multiplier ces espaces.

  6. Eric

    Je rappelle quand même à toutes fins utiles que Presse-citron a fait le choix (et pris le risque) de supprimer intégralement la publicité « classique » (bannières et autres) sur ses pages en optant pour un nouveau modèle économique avec les marques. Seul un habillage peu intrusif s’affiche pendant quelques jours (c’est le cas en ce moment) mais cela reste exceptionnel et cela concerne notre programme de mise en avant de startups françaises.

    • Une petite pub autour d’un article ou dans le coin d’une page n’est pas intrusif.
      Ce qu’il l’est, c’est les vidéos qui démarrent toutes seuls (avec le son bien sûr) ou les vidéos ou images en grand devant l’article que vous êtes en train de lire. je serais prêt à respecter un annonceur et sa pub dès que celui ci sera prêt à accepter que je surf librement sur la toile sans avoir l’impression de me faire violer à chaque click que je fais.

  7. C’est l’un des (trop) rares cas où, à trop vouloir tirer sur la corde, elle a cédé.
    Adblock répond à un besoin, et ce besoin s’est créé parce que les sites voulaient toujours plus, toujours plus de revenus, des pubs toujours plus intrusives, et qui ruinaient de plus en plus l’expérience de navigation.

    C’est dans ce contexte qu’Adblock a vraiment pu se développer, et maintenant toute l’industrie du net en paie les pots cassés. Et peut-être que la déflagration va revenir toucher le consommateur, qui lui aussi en paiera les conséquences avec la fin du service gratuit.

    Un bel enseignement sur les conséquences de la cupidité.

  8. Pingback: Bloqueurs de pub : le modèle économique d’internet est-il en train de vaciller ? | ARI – Revue de web

  9. Le problème ce n’est pas tant la pub que sa forme. C’est à force d’avoir des popups non fermables avant dix secondes qu’on installe des bloqueurs… Les bannières oui encarts discrets ne sont pas dérangeants. Une intégration intelligente permettrair de maintenir ces affichages, pas les méthodes brutales.

  10. Les bloqueurs de pub pourraient s’adapter et filtrer certaines pub trop intrusive.

    La mode en ce moment c’est la vidéo qui apparait en écartant les articles que l’on lit. C’est un ENFER en terme de performance sur les petites configurations! Ca fait presque planter l’ordi! Alors oui, un bloqueur de pub pour ce genre de saleté n’est pas de trop.
    Et je parle pas de la pub en plein écran par dessus le contenu que l’on recherche, où il faut passer 5 minutes à trouver la croix pour la fermer.

    Avant de se plaindre, les annonceurs devraient aller sur 01net pour voir la PURGE que c’est d’avoir un site saturé de pub…

  11. « Chaque fois qu’un utilisateur prend la décision d’installer un bloqueur de publicité, il handicape très sérieusement le site internet sur lequel il navigue… »

    En fait c’est une faute partagée : l’utilisateur n’aurait pas pris la peine d’installer un bloqueur si plusieurs de ces publicités n’étaient pas si agaçantes, envahissantes et mal ciblées.

  12. Non mais c’est quoi cet article qui prend la défense des la Pub sur internet? Il y e n a partout, bloqueur de pub ou pas. Rien n’est plus vulgaire et indécent que des messages, pop up, fenêtres intempestives qui viennent polluer la navigation et la page qu’on est en train de lire!

    Internet est un outil de promotion, de diffusion et de commerce inestimable pour les sociétés, les entreprises, les médias, les particuliers… qui l’utilisent. S’ils se plaignent c’est qu’il se trouvent pas assez visible et ne gagnent pas assez d’argent grâce à la manne publicitaire; on ne compte plus les sites dont la vocation est strictement publicitaire: sous le prétexte de diffuser du porno, des news, du people… la pub est omniprésente et destinée à rapporter du fric au propriétaire du site. On comprend qu’il pleure!!!.

    Un seul remède pour les sites sérieux, offrir des contenus de qualité et la fréquentation sera au rendez-vous avec même un paiement si l’offre en vaut la peine, comme sur certain sites de presse.

    Il n’y aura jamais de lutte contre contre la débilité de la publicité qui cherche à créer des besoins, une complicité artificielle entre des produits dont on se moque et l’acheteur potentiel.

  13. « Des conséquences tragiques pour les sites web gratuits » ? Non ! Des conséquences peut-être tragiques *pour les sites financés par la publicité*, ce qui n’est pas la même chose ! Il existe des contenus gratuits et financés par autre chose que de la publicité, n’en avez-vous pas conscience ? Des sites de services publics, des sites financés par des dons, des sites construits et animés par des passionnés, par des bénévoles, par des chercheurs ou des spécialistes qui gagnent leur vie par ailleurs et publient leurs travaux gratuitement. N’oubliez pas de réfléchir avant d’écrire 🙂

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